Électricité : À défaut d’être chaud, l’hiver s’annonce coûteux !

mercredi 7 août 2013

La première décision de Philippe Martin qui a remplacé Delphine Batho comme ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie est d’accepter l’augmentation des tarifs d’électricité de plus de 5 % pour août 2013 ainsi qu’en août 2014.

Il s’agit de la plus forte hausse de ces dix dernières années. A défaut d’être chaud, l’hiver s’annonce coûteux ! Cette annonce représente un cadeau de départ en vacances, dont nombre de Français auraient aimé se passer !

Cette augmentation est inacceptable. Elle porte exclusivement sur les tarifs réglementés pour les particuliers : une fois encore les grandes entreprises en sont préservées.

La Commission de régulation de l’énergie demandait depuis plusieurs années une augmentation des tarifs de l’énergie pour donner à EDF les moyens d’investir dans son outil industriel et productif.

Le gouvernement Sarkozy/Fillon avait volontairement limité les hausses dans la perspective des élections présidentielles et législatives de 2012.

Si EDF doit disposer de moyens financiers pour faire face à ses charges, le PCF considère que d’autres solutions que celles consistant à faire les poches des Français une fois de plus, doivent être utilisées.

Ainsi l’État, qui est actionnaire majoritaire d’EDF, détenant 84,48% de son capital, prélève 2,3 milliards d’euros de dividendes par an.

Nous proposons que l’État, fasse l’impasse sur cette recette pour son budget général et permette à EDF de consacrer cette part de son chiffre d’affaires à ses activités.

Comme l’ordonne la commission européenne libérale à l’appui des divers traités européens depuis 2005, l’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie ne fait pas baisser les prix, bien au contraire !

C’est toujours et encore la rengaine de l’austérité avec des conséquences terribles, dans la vie quotidienne, qui s’accumulent.

Chaque jour, 8 millions de personnes confrontées à la précarité énergétique ont besoin d’un soutien financier pour régler les factures d’eau, d’électricité et de gaz.

Augmenter sans cesse les prix de l’accès à l’énergie, c’est donc bien mettre en danger l’accès de toutes et tous à des biens élémentaires, essentiels à la vie, au quotidien.

Il est inacceptable de restreindre l’accès à des biens communs de l’humanité, et donc de remettre en cause le fait pour chacun de pouvoir se chauffer, être éclairé, boire...

Leur libéralisation conduit à des gâchis : l’affectation des ressources de l’entreprise à la concurrence internationale plutôt qu’au développement local, la revente contrainte d’une partie de l’électricité produite aux concurrents privés (loi Nome), la passation de contrats de gré à gré avec les grandes entreprises accentuant la mise en concurrence, et tout cela sur fond d’ode cynique au capitalisme vert.

C’est pour cette raison que nous défendons la création d’un pôle 100 % public de l’énergie et que nous préconisons la création d’une commission pluraliste (élus, syndicats, particuliers, entreprises, associations et partis politiques) pour fixer en toute transparence les tarifs de l’énergie.

Nous pouvons peu face à la mauvaise météo, mais face à une mauvaise politique de l’énergie, ensemble nous pouvons beaucoup !