Il y a 49 ans, le 17 octobre 1961…

lundi 18 octobre 2010

Ce dimanche 17 octobre 2010, une soixantaine de personnes se sont réunies devant la plaque scellée au pied de la passerelle « Fraternité » pour rendre hommage aux victimes algériennes du massacre du 17 octobre 1961.

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Après des dépôts de gerbes ont successivement pris la parole, Mouloud Aounit, André Narritsens, Daniel Goldberg et Jacques Salvator.

Des œillets ont été symboliquement jetés dans le canal en mémoire des algériens noyés par la police le 17 octobre.

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Nous publions, ci après l’intervention prononcée par André Narritsens au nom de la section d’Aubervilliers du parti communiste français.

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Nous évoquons ce matin le 49e anniversaire de ce qui fut le massacre d’Etat du 17 octobre 1961.

Le sang et les larmes sont toujours là, comme au jour où l’on commença à mesurer ce qui avait eu lieu.

Bien évidemment, le Parti communiste français s’associe à l’exigence de vérité historique.

Le hasard du calendrier fait que, dans deux jours, le 19 octobre prochain, sera installée aux Invalides, à l’initiative du Président de la République et pour un coût total de plus de 7 millions d’euros, la « Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie ».

L’ex président d’Axa, Claude Bébéar, un ancien d’Algérie, en sera le Président et le conseil d’administration sera trusté par la Fédération nationale André-Maginot (du nom de l’ancien grand stratège de la seconde guerre mondiale), les Gueules Cassées et le Souvenir Français, trois associations militaires.

On observera qu’aucun des historiens reconnus de cette période n’a souhaité s’associer à cette Fondation, excepté le général Maurice Faivre, ancien chef de harka.

Cette Fondation entend reposer sur la mémoire et non sur l’histoire, autrement dit sur une base non scientifique et à ce titre manipulatoire qui succèdera désormais à la longue période où a prévalu la politique de l’effacement et de l’oubli.

Mais ce fait, paradoxalement, me permet de dire quelques mots sur la mémoire et l’histoire question à propos de laquelle règne, en général, une assez grande confusion.

En effet, la mémoire n’a d’autre ambition que de préserver dans le temps une relation convenue, sectorielle ou générale, d’événements. La subjectivité est toujours au rendez-vous de la mémoire.

S’agissant de la guerre d’Algérie, une mémoire consensuelle générale fait bien sûr défaut et coexistent donc des mémoires aussi diverses que celles du FLN, du MNA, des pieds noirs, des harkis, de l’OAS, du Parti communiste français et du Parti communiste algérien, de l’extrême gauche, des gaullistes, de la SFIO…

Ces mémoires sont des mémoires collectives, parfois complémentaires, souvent antagonistes, qui s’affrontent d’une manière récurrente et rivalisent parfois pour s’imposer comme mémoire officielle ou empêcher l’officialisation des mémoires concurrentes.

On constate régulièrement ce fait autour de la date du 19 mars 1962.
En tout cas ces mémoires ne sont que sources partielles de vérité historique.
Et c’est pourquoi, à propos des événements du 17 octobre 1961, continue de subsister tant d’insuffisances d’histoire.

Car le 17 octobre 1961, et la lecture qui en a été faite sur le champ et depuis, met en scène la société française du moment, les attitudes des partis, des syndicats et des organisations sociales ou morales.

Mais le 17 octobre soulève aussi la question des relations qu’entretiennent la communauté algérienne immigrée et le FLN avec la société française et ses composantes politiques et sociales.

Il s’agit là de questions compliquées qu’il convient de démêler pour ce qu’elles ont été.

Pour parvenir à un bon résultat historique, bien évidemment les archives françaises doivent s’ouvrir, mais aussi les archives algériennes.

Bref, il faut que s’associent les ressources pour parvenir à une compréhension exhaustive de ce qui s’est passé.

Un vrai travail historique sur toute la séquence « guerre d’Algérie » est absolument nécessaire.

Il est seul à même de contrecarrer les offensives scandaleuses des pieds-noirs nostalgiques qui entendent ériger des stèles aux assassins de l’OAS et saluer à la mode Sarkozy le « temps béni des colonies ».

Je dis cela sans négliger ce qui a déjà été fait mais qui mérite d’être beaucoup développé et répandu dans un souci de pédagogie.

Je dis cela de manière solennelle en ce jour où nous pensons si fort aux victimes d’octobre.

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