Déclaration des élus Communistes et Républicains de Seine-Saint-Denis

"Monsieur le Président, les habitants de la Seine-Saint-Denis ont besoin de plus de respect !"

mercredi 21 avril 2010

En se déplaçant deux fois en quelques jours dans le département, le président Sarkozy a décidé de s’occuper de la Seine-Saint-Denis. Et cela pour encore plus la stigmatiser.

Personne ne nie les problèmes de sécurité posés par le trafic de drogue, le caillassage de bus. Les élus, les maires de La Courneuve, de Saint-Denis et d’autres n’ont de cesse de demander plus de police de proximité, celle qui prend le temps de s’intégrer, de connaître le contexte local, celle dont ne veut pas Monsieur Sarkozy.

Les mesures de plus en plus répressives, les lois sécuritaires qui occupent nos parlementaires et s’empilent comme des milles feuilles n’y feront pas plus hier qu’aujourd’hui. Annoncer une nouvelle loi pour la suppression des allocations familiales aura les mêmes effets.

Pourquoi ? Parce que la droite et le chef de l’État refusent de s’attaquer aux causes de la mal-vie.

Ce n’est pas la suppression des allocations familiales ou l’installation d’un bureau pour un policier dans les établissements scolaires qu’il faut. Ce sont des personnels d’enseignements et d’encadrements en plus grand nombre dans toutes nos écoles et des perspectives pour nos jeunes.

Oui les chauffeurs de bus ont le droit de travailler sans « la peur au ventre », mais ont peut mettre en doute l’efficacité d’une liaison avec le commissariat surtout quand de commissariat il n’y en a point dans toutes les villes ! Là aussi ce sont plus de moyens humains qui sont efficaces, comme l’ont démontré quelques expériences de dédoublements de chauffeurs.

Les voyous, ce sont les patrons qui profitent de la crise pour licencier ou délocaliser à tour de bras dans le département jetant au chômage des milliers de jeunes ainsi que leurs mères, leurs pères.
Dans certaines villes de la Seine-Saint-Denis, ce n’est plus de pauvreté qu’il faut parler mais de misère comme cela apparaît dans une récente étude de l’INSEE.

Monsieur Sarkozy n’a certainement pas vu le reportage sur Clichy sous Bois où des familles vivent comme des ombres dans des immeubles insalubres, sans lumière, sans eau. Ces familles, ce ne sont pas des policiers qu’elles réclament, mais des moyens pour la construction de logements décents et des sanctions contre les marchands de sommeil.

Les élus n’ont pas à recevoir de remontrances de la part du Président de la République qui leur doit 640 M€ pour équilibrer leur budget et répondre ainsi aux urgences sociales de la Seine-Saint-Denis mais qui distribue des centaines de millions à quelques individus grâce au bouclier fiscal !

L’Association Départementale des Élus Communistes Républicains et Citoyens va dans les prochains jours demander à rencontrer le nouveau préfet, comme elle le fait à chaque nouvelle nomination, afin de lui faire part des exigences des élus et des citoyens de la Seine-Saint-Denis en matière de logement, de transport, d’école, d’emploi et de développement des services publics dans les quartiers.

Bobigny le 20 avril 2010

4 Messages

  • Dormez tranquille, Sarko est de retour ! Le 21 avril 2010 à 22:48, par Res, non verba

    ça y est, Sarkozy a remis sa casquette de premier flic de France. On va voir ce qu’on va voir ! Après huit années de règne Nicolas Sarkozy redécouvre l’exitence de la Seine-Saint-Denis pour y constater que l’insécurité existe encore. Il proclame le "9-3 grande cause nationale sur la sécurité". Il promet une fois de plus une "lutte sans merci aux voyous, truands et caïds de la drogue". Il déclare "qu’aucune commune, aucun quartier, aucun hall d’immeuble n’échappera à l’autorité de la loi". Nous voilà encore parti dans un engrenage répressif inadapté et inapplicable. Alors qu’il faudrait débattre d’une vraie politique de prévention avec tous les acteurs : police, justice, éducation, action sociale ; alors qu’il faudrait déployer une police de proximité au plus près des citoyens ; alors qu’il faudrait une politique de sanction appropriée ; alors qu’il faudrait renforcer l’école ; alors qu’il faudrait parler emploi, insertion et services publics ; alors qu’il faudrait lutter contre les ghettos ; alors qu’il faudrait répondre à l’urgence sociale et supprimer les discriminations ; alors qu’il faudrait..., on nous parle exclusivement de mesures répressives.

  • « On va voir ce qu’on va voir ! »

    Une preuve d’efficacité :
    Jean-François Copé fait l’objet d’une protection rapprochée

    Parler de burqa serait-il dangereux ? Jean-François Copé fait en tout cas l’objet d’une protection rapprochée. Fervent défenseur du projet d’interdiction du voile intégral, le patron des députés UMP, bénéficie de la protection d’un officier de sécurité depuis janvier, a confirmé vendredi son entourage, après une information du Parisien.

    « C’est plus ou moins lié à la burqa », a indiqué vendredi matin son entourage, sans préciser quel type de menaces il avait reçues, citant seulement des menaces par « lettre ou téléphone ». Cet officier de sécurité l’accompagne partout, a-t-on poursuivi.

    Selon le Parisien-Aujourd’hui en France, il s’agit d’une protection classique dans ce type d’affaire, même si celle-ci « est prise au sérieux ». Le gouvernement prévoit de présenter en mai au Conseil des ministres un projet de loi visant à une interdiction générale du port du voile intégral dans tout l’espace public et pas seulement dans les services publics, une position défendue de longue date par le député-maire de Meaux.

    Source : http://fr.news.yahoo.com/82/20100423/tfr-jean-franois-cop-fait-l-objet-d-une-4abdc0f.html

  • En lieu et place d’une protection rapprochée, il serait plus simple de porter une burqa, personne ne le reconnaitrait !

  • Pour en finir avec la venue de Sarkozy dans le 93... Le 26 avril 2010 à 19:17, par Denis Raffin, maitre toilier

    ... quelques photos édifiantes !

    La première montre Jean-Jacques Karman, conseiller général d’Aubervilliers, brandissant une affichette (sur laquelle on lit « LE PROBLEME DE LA SEINE SAINT DENIS C’EST AUSSI LES 640 MILLIONS D’EUROS QUE L’ETAT NOUS DOIT ») pendant le discours de Nicolas Sarkozy. Ce qui manifestement pas du goût du service de sécurité qui tente de lui faire baisser les bras.

    Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit

    La deuxième photo montre la longue file de camions de police garés le long de la préfecture de Seine-Saint-Denis pour assurer la sécurité de Sarkozy...
    Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit