A Avignon, Jack Ralite honoré par François Hollande

lundi 23 juillet 2012

Nous reproduisons un article du Monde paru le 17 juillet qui relate l’hommage rendu par le Président de la République François Hollande à Jack Ralite. Au delà du témoignage sur cette rencontre symbolique qui s’est tenue à la maison Jean Vilar, cet article dresse de façon succincte mais claire les perspectives du quinquennat en matière culturelle et en montre aussi les limites...

Des amis nous demandent l’hommage rendu à Aragon par Jack Ralite. Nous hésitions à le mettre en ligne (il fait 44 pages) mais nous trouverons un moyen pour le porter à la connaissance de nos lecteurs.

Article du journal "Le Monde" en date du mardi 17 juillet 2012 de Thomas Wieder envoyé spécial à Avignon

« Hollande (encore) dans les pas de Mitterrand à Avignon

Il n’est pas venu les mains complètement vides. Dimanche 15 juillet, à Avignon, François Hollande avait un cadeau à offrir.
Une édition des Voix intérieures, de Victor Hugo, datant de 1837. Le destinataire ? Jack Ralite, l’un des quatre communistes appelés au gouvernement par François Mitterrand en 1981.
L’intéressé, qui refuse toutes les décorations, fut le premier surpris quand, au premier étage de la Maison Jean-Vilard, le président de la République prit la parole pour saluer cet « homme brillant qui a toujours défendu la culture ». Puis de se tourner vers sa ministre de la culture, Aurélie Filippetti : « Aurélie aura toujours besoin de Jack. On pourrait penser à un deuxième. Mais celui-là sera là, bien sûr, je n’en doute pas. » Le petit monde de la culture a ri. Jack Ralite, 84 ans, avait les larmes aux yeux. « Je ne m’y attendais pas du tout. J’ai bien aimé ce que le président a dit sur Hugo, l’esprit de révolte, ici chez Jean Vilar, l’homme du théâtre populaire », confiait-il un peu plus tard.

A part cela, le chef de l’État n’avait pas grand chose à offrir, en ce dimanche ensoleillé, aux professionnels de la culture qu’il était venu rencontrer lors du festival d’Avignon.

Quand « les contraintes sont lourdes », comme il l’a rappelé, que peut le président de la République ? Financièrement, pas grand-chose. En venant dans la préfecture du Vaucluse, le chef de l’État savait toutefois qu’il ne prenait pas de grand risque : par rapport à d’autres secteurs, le budget du spectacle vivant a pour l’instant été globalement préservé et sera « sanctuarisé ». Pour le reste, il ne faut pas s’attendre à des miracles : « Le ministère de la culture sera soumis aux mêmes règles que les autres ministères », a indiqué le président.

A défaut de pouvoir multiplier les petits pains, M. Hollande s’est au moins évertué, dimanche, à distribuer des poignées de mains et des compliments à la chaîne. Dans le village du festival « off » et dans les rues de la cité des papes, comme la veille à l’occasion des cérémonies du 14-juillet, il a donné dans ce registre où il excelle. Sa compagne, Valérie Trierweiler, se prêta, elle aussi, à l’exercice, de bon gré semble t-il, sans appétit excessif non plus.

Exception culturelle

Les contraintes n’empêchent pas l’ambition. C’était aussi ce que venait dire le chef de l’État à Avignon. La culture, expliqua-t-il, est un « investissement qui permet à des territoires d’être plus attractifs ». Il fera, a-t-il rappelé, une « loi sur la démocratisation et le développement de la culture ». Et lui-même sera particulièrement « attentif » à la défense de l’exception culturelle.

Tout cela, certes, n’annonce pas de lendemains faciles. Mais pour l’heure, M. Hollande ne semble pas avoir trop de soucis à se faire avec le monde du spectacle vivant. Il en est encore à cette période du quinquennat où il lui suffit de rappeler qu’il est le premier président à venir au festival d’Avignon depuis François Mitterrand le 10 juillet 1981, pour se faire applaudir. »

(Thomas Wieder,Avignon, envoyé spécial, journal Le Monde Mardi 17 juillet 2012)