Trente ans après la chute du mur de Berlin, nous voulons des ponts pas des murs !

extraits d’une déclaration du Mouvement de la Paix

samedi 9 novembre 2019

"Du mur de l’apartheid, construit sur les terres palestiniennes, au mur de la honte construit par les USA le long de la frontière du Mexique, en passant par le mur marocain qui traverse le Sahara occidental du nord au sud et les nombreux murs anti migrants dans le monde - en particulier en Europe - ce sont plus de cinquante murs qui ont été érigés dans le monde depuis 1989. Sans oublier le mur entre Chypre et la Turquie qui existe toujours. Ces lieux fortement militarisés sont responsables de dizaines de milliers de morts (source : Catherine Wihtol de Wenden - chercheuse à Sciences Po Paris).

Depuis la chute du mur de Berlin, il y a trente ans, qui laissait entrevoir la possibilité d’une Europe de paix et de libre circulation des personnes, près de 1000 kms de murs - pour la plupart anti migratoires - ont été construits en Europe.

Ainsi, la Grèce a construit le mur d’Evros en 2012 sur 12 kms entre la Grèce et la Turquie.
La Bulgarie a construit un mur de 30 kms à la frontière turco-bulgare.
Un autre mur a été construit entre la Norvège et la Russie.
Un autre entre les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla et le Maroc.
En 2015, la Hongrie a construit une barrière le long de sa frontière avec la Serbie avec 2000 militaires.

L’invasion militaire du nord de la Syrie par l’armée turque entend élever un no man’s land militarisé pour séparer et isoler le peuple Kurde, alors que les Kurdes, du Rojava et d’ailleurs, ne demandent qu’à vivre en paix dans leurs États respectifs de résidence.

La politique de construction de murs ne s’attaque pas aux causes essentielles (les guerres et la misère) mais seulement aux effets d’une mobilité non désirée et génère des cimetières qui séparent pays riches et pays pauvres.
Après la fin du pacte de Varsovie, la persistance de l’OTAN, comme bloc militaire dont la légalité en droit international est de plus en plus remise en cause, favorise cette situation. La suppression de l’OTAN doit être envisagée

Rien qu’en Europe, 14 murs ont vu le jour en moins de 10 ans

Les causes principales des migrations sont d’abord à chercher dans les guerres et la misère. Il s’agit en particulier des guerres faites illégalement dans tout le Proche et le Moyen-Orient et dans de nombreux pays d’Afrique.
La misère générée par les inégalités de développement, - en raison de l’existence d’un mur de l’argent qui sépare les 1 % de la population qui possède plus que les 99 % restants (source Oxfam) du reste de la population qui compte parmi elle 800 millions de personnes qui souffrent de la faim.
Les principaux responsables sont les grandes puissances vendeuses d’armes et fomenteuses de guerres à travers le monde et les grandes multinationales qui dominent le monde, et sont le support essentiel du complexe militaro-industriel. Dans ce contexte, la Méditerranée, par exemple, peut être considérée comme une zone de guerre. Ces violences aux frontières sont donc la conséquence de la militarisation du monde et de la guerre économique.

(...)

Une véritable industrie du mur

C’est une des faces cachées de cette situation : les murs rapportent beaucoup au BTP. Les barrières construites ont coûté 2,5 millions d’euros au kilomètre en Arizona, 2 millions en Israël, 1 million en Slovaquie. C’est un marché considérable, si l’on songe au 20 000 kms déjà construits et au marché potentiel estimé à plus d’un million le kilomètre !

Ces dépenses publiques qui sont censées rassurer et protéger les citoyens coûtent cher. Pourtant, la Grèce a bâti son mur avec la Turquie en pleine tempête financière (mais ce mur a été partiellement payé par l’UE).

In fine, la politique de construction de murs ne s’attaque pas aux causes mais seulement aux effets d’une mobilité non désirée et génère des cimetières qui séparent pays riches et pays pauvres. Les gens meurent car on les empêche de circuler, mais les obstacles ne servent qu’à ralentir et enrichir les passeurs. Le paradoxe réside dans le déplacement aisé des capitaux et non des hommes.

Enfin, les ventes d’armes à des pays en guerre comme au Yémen, la non reconnaissance des droits des peuples comme pour les peuples palestiniens, kurdes, yéménites, etc. L’invasion de la Syrie par la Turquie sont autant de violations du droit international que porte une culture de guerre qui ne peut que faire empirer les choses .

Sur ces déterminants, le Mouvement de la Paix s’associe à la journée mondiale pour un monde sans mur du 9 novembre à l’initiative de l’ONG Stop the Wall et aux initiatives sur ce thème. Il poursuit son action pour le retrait de la France de l’OTAN et pour la suppression de l’OTAN. Il appelle à agir pour une culture de paix, de non-violence, fondée sur le respect du droit international, pour une diminution des dépenses militaires, une augmentation des moyens alloués à la réalisation des objectifs du développement durable, la compréhension, le respect, la justice, la résolution négociée des conflits et l’amitié entre les peuples."

A Paris, le 07/11/2019

Le Mouvement de la Paix