34ème Congrès : c’est parti !

dimanche 26 octobre 2008

Jeudi soir, durant plus de deux heures, une quarantaine de militants communistes ont entamé le long processus de débat qui conduira jusqu’au Congrès.

Cette première soirée était consacrée à la présentation des textes dits « de base de discussion » qui sont soumis les 28 et 29 octobre au vote des communistes (ces textes sont disponibles sur le site).

Chacun des textes a été brièvement présenté (sept minutes pour chacun d’eux). Les interventions étaient ensuite limitées à trois minutes afin de permettre l’expression du maximum de camarades.

Patricia Latour a présidé la séance et animé la discussion. On a dénombré trente prises de parole et quinze intervenants.

Résumé des présentations et discussions :

André Narritsens, présentant le texte « Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien », l’a décrit comme issu d’une « longue élaboration collective ». Traitant de toutes les questions qu’un communiste doit se poser aujourd’hui, il reste néanmoins profondément amendable. Il s’agit avec ce 34ème congrès de « donner à la lutte des classes un contenu contemporain ». Trois axes de transformation sont développés : un nouveau mode de développement, une société de liberté et de démocratie participative et la question de l’Europe (« quel internationalisme ? »). Le texte développe aussi le concept de « fronts de lutte » productifs de rapports de force et d’alternative. André Narritsens a conclu en demandant à ce que le Parti soit « un lieu de démocratie absolue » et que l’unité dans l’application des décisions prises au bout des débat soit large.

Jérôme Métellus, porte-parole du texte « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » a commencé son exposé en rappelant que 20 ans plus tôt, les capitalistes se réjouissaient de la fin du communisme et prédisaient « la fin de l’histoire ». Pourtant, aujourd’hui, nous vivons une crise dure et « la prise de conscience de la perte de légitimité du capitalisme » fait son chemin dans les mentalités. Prenant exemple sur les mouvements latino-américains, Jérôme Métellus rappelle que « la courbe des luttes est globalement croissante ». Paradoxalement, l’influence du PCF décroit. La cause ? Le programme « réformiste » du PCF et sa participation au gouvernement Jospin. Il faut maintenir le parti mais restaurer le programme communiste. Il conclut son exposé sur la nécessité de nationalisations massives.

Caroline Andréani, porte-parole du texte « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps », dénonce dans le texte du Conseil National un caractère « trop général », « difficilement amendable » et « réformiste ». Elle évoque la nécessité d’une « reconquête idéologique ». Son analyse de la situation politique revient sur « renoncement de la gauche gouvernementale » (PS et PCF), sur la « mutation rampante du PCF » en contradiction avec les attentes populaires. Elle aussi souhaite un « retour au marxisme ». Elle préconise deux mesures pour reconstruire le parti : mieux former les militants et la reconstruction des cellules. Elle conclut sur la nécessité de plus de démocratie au sein du parti et de cesser le « suivisme du PCF par rapport au PS ».

Daniel Rome, porte-parole de la motion « Continuer l’engagement communiste, Fonder une nouvelle force politique », a dénoncé dans le texte du CN une « voie toute tracée ». En désaccord avec la méthode proposée pour le congrès, il a expliqué pourquoi le texte n’était pas soumis au vote, appelant à la tenue d’une « assemblée constituante ». Estimant que le PCF est un « mauvais outil », il souhaite un « rassemblement plus large » allant de la gauche du PS à l’extrême-gauche et comprenant une composante communiste.

Le débat qui a suivi dans l’assistance a fait apparaître certaines questions importantes :

- Il semble y avoir un fort consensus autour des nationalisations à condition qu’elles ne se résument pas en simples « étatisations ». Jacques Lanczner suivi de J. Métellus ont précisé l’importance d’un contrôle démocratique et populaire des grands moyens de production et d’échanges.
- Un intervenant a mis en garde devant la tentation d’une « guerre d’amendements » sur un texte qui sera en définitive peu lu.
- Patricia Latour approuve l’importance de Marx dans le fondement de la pensée communiste mais rappelle que d’autres théoriciens marxistes, anciens ou contemporains, ont poursuivi la réflexion fondatrice et qu’il convient de les prendre en compte.
- Denis Raffin est intervenu sur le thème de la compatibilité du communisme avec les institutions de la Vème République et a souligné l’importance d’exiger une « Vième République » dans le texte adopté par le congrès.
- Jacques Lanczner a souligné qu’il ne fallait pas « regretter d’être communistes » car même si le parti n’a pas fait que de bonnes choses, son histoire et ses luttes doivent nous rendre fiers.
- S’agissant du Parti, de son devenir, Mériem Derkaoui, faisant référence à Lénine a rappelé que « l’on est communiste quand on est dans une organisation communiste ». Plusieurs intervenants se sont déclarés satisfaits que lors de l’assemblée générale nationale de décembre 2007, un accord se soit réalisé sur l’idée de la nécessité d’une organisation communiste. En tout cas, la question du Parti ne peut être examinée en elle-même mais doit être reliée à la société.
- La question des alliances politiques a donné lieu à un échange qui a fait ressortir l’idée que, si des alliances sont nécessaires, elles doivent reposer sur des contenus clairs et ne se traduire, en aucun cas par l’effacement du Parti. A ce propos les épisodes de la « gauche plurielle » et des « collectifs antilibéraux » ont été évoqués.
- Plusieurs intervenants ont souligné le besoin de renforcement organisationnel du Parti et du travail de formation. Des pistes ont été suggérées à ce propos (organisation de cycles de conférences).
- Plusieurs camarades ont souligné la qualité du débat et de l’écoute au cours de cette soirée et ont souhaité que des débats de ce type, à la fois pluralistes et démocratiques, se développent dans tout le Parti.

D.R. & A.N.

15 Messages

  • Peur de me tromper Le 26 octobre 2008 à 10:01, par Poisson Rouge

    Eh bien pour ma part, je pense que le choix va être délicat.

    Il se profile 2 analyses de notre situation et 2 options différentes pour l’avenir du parti. D’une part, il y a le texte du CN qui cherche à tirer le meilleur de la mondialisation et souhaite construire des fronts de lutte dans une dynamique de rassemblement de la gauche. De l’autre, il y a les deux textes alternatifs qui attribuent les difficultés du parti à l’abandon de la doctrine marxiste et qui souhaitent qu’on remette la révolution à l’ordre du jour.

    Qui a raison ? Que choisir ?

    Bien sûr, j’aimerai voir un jour un grand soulèvement populaire établir le socialisme en France mais les français le voudront-ils ? Même le nez dans la m.... capitaliste, ils continuent à voter pour des bourgeois qui les méprisent (Sarkozy/Royal/Bayrou...). On les exploite, on les fait crever à la tâche mais nos manifs sont-elles plus fréquentées pour autant ? En prônant un programme radical, ne prenons-nous pas le risque d’effrayer notre propre électorat ? D’autant plus que les médias ont vite fait de balancer des idioties comme "communisme=Stalinisme".

    Voter blanc ? J’ai peur que cela soit interprété comme un manque d’intérêt de ma part pour le congrès, ce qui n’est pas le cas.

    Bon, et vous, vous voterez quoi le 29/30 ?

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Le 26 octobre 2008 à 22:54, par Béo

    La soirée du 23 a été enrichissante pour mieux éclairer les 4 textes, et le débat qui a suivi également.

    Cela dit, je ne sais pas encore comment me positionner ; il me faut encore réfléchir....

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  • 34ème Congrès : c’est (bien) parti ! Le 27 octobre 2008 à 10:05, par André Narritsens

    Après tout, un texte complet vaut mieux qu’un résumé. Voici donc la présentation du projet de base commune proposé par le Conseil national faite le 23 octobre.

    "Je dois donc me livrer à un exercice totalement inédit (nous en avons décidé ainsi) qui n’est à vrai dire ni un résumé, ni une synthèse, mais m’a-t-on dit « une présentation ».

    Autant dire que l’exercice a d’extrêmes limites dans son ambition et subit la contrainte du temps imparti : 7 minutes.

    Je vais m’attacher à dire ce que je ressens du texte que j’ai accueilli comme le résultat d’une première étape d’élaboration collective qui, semble t’il, a été longue.

    A ce titre il se présente déjà en originalité par rapports aux autres documents qui ont fait l’objet de processus d’élaboration plus restreints.
    J’ai attentivement lu le texte dans l’état où il se trouve en me posant la question de son évolution possible au cours du débat puisque nos discussions se construisent au travers d’amendements. Marie George Buffet a récemment déclaré qu’il devait « considérablement évoluer ». J’en suis d’accord bien qu’il ne faille tout de même pas exagérer.

    La première exigence que j’ai porté au texte était la suivante : traite t’il de toutes les questions que je me pose ? La réponse à ce propos est oui bien que je reste sur ma faim à propos de certaines soit même insatisfait s’agissant d’autres. Bien des choses me vont cependant.

    Au fond il s’agit bien d’un effort d’analyse concrète d’une situation concrète (Lénine disait qu’il s’agissait là, expression assez curieuse de « l’âme vivante du marxisme »). S’agissant du marxisme ou plus exactement de notre capacité à penser avec Marx aujourd’hui (ce à quoi je tiens fondamentalement bien que ce soit très difficile), je crois que la proclamation du marxisme comme doctrine satisferait beaucoup Jules Guesde (qui était un bien piètre marxiste) et désolerait Marx.

    Alors, l’analyse concrète de la situation concrète.

    Le monde, tout d’abord tel qu’il se présente dans ses développements géo politico économiques. C’est une question compliquée et le texte reflète cette complexité. Il est à renforcer quant à l’analyse de la crise systémique du capitalisme et cela peut être fait à partir des formes de crise que nous rencontrons aujourd’hui. Cette partie du texte doit être assez fortement revue bien que beaucoup d’éléments d’analyses qui y figurent déjà soient validés par ce que nous sommes en train de traverser.
    Je pense aussi qu’il faudra affiner, voire réinstaller, ce que nous disons des dominations qui sont devenues très complexes dans le contexte de l’internationalisation du capital. Dans l’ordre géo-politique la question des nouvelles grandes économies (Chine) doit être mieux abordée je veux dire non abordée de manière simpliste (la victoire mondiale du capitalisme).
    Sur le projet, je considère que le texte identifie bien beaucoup de choses. Il prend en compte les transformations intervenues au sein du monde du travail en lien avec la révolution informationnelle. Il entend, je cite, « donner à la lutte des classes son contenu contemporain ». Il faudra, en tout cas vérifier que ce but soit tenu tout au long du texte que produira le Congrès.

    Trois grands axes de changement sont exposés : un nouveau mode de développement, les questions de la démocratie, la question de l’Europe et du monde (quel internationalisme).
    Il s’agit là de questions lourdes qui devront occasionner de fortes discussions. Je pense notamment que les questions du mode de développement devraient faire l’objet d’un examen très approfondi et que nous devons, me semble t’il traiter avec un regard communiste mondial. Je veux dire par là en écartant les approches étroites, « corporatives ». Cela devrait nous conduire à des propositions très radicales.
    Bien évidement la question de la dynamique politique capable de porter de telles ambitions est, à bien des égards, capitale. Le texte suggère des pistes qu’il dégage de l’expérience passée. Il y a, incontestablement, une réflexion intéressante qui est proposée autour des concepts de « fronts de luttes », autrement dit de rassemblements concrets d’ampleur variable mais capables de construire du rapport de force et de l’alternative.

    Cette approche concerne aussi la dimension nationale. Il faut dégager celle-ci des approches de sommet ce dont tout le monde convient. La discussion devra être longue et précise sur ce point qui concentre de nombreux élément, notamment la question de l’Etat, celle de l’appropriation collective des moyens de production et d’échanges, celle des services public, celle des institutions (de notre participation – ou pas- à celles-ci. Je crois que l’on peut retenir, comme socle de discussion, la formulation de la base commune qui indique que toute transformation du parti doit se réaliser en sauvegardant « son autonomie de réflexion, de décision et d’action ».

    J’en viens à l’avenir du PCF. C’est une question difficile qui contient une charge émotive. Des camarades disent que la page du PCF doit être tournée et que le combat communiste peut s’insérer dans d’autres formes que le PCF. D’autres camarades considèrent que le PCF doit se ressourcer, retrouver ses fondamentaux, en tirant de ça de là, quelques leçons de son histoire.
    Entre ces deux positions existe toute une palette de nuances.

    En tout cas une chose peut être partagée : le Parti a progressivement perdu son attractivité politique malgré la qualité globale de ses analyses et positions. Il s’est affaibli organisationnellement, a dilapidé des principes internes de fonctionnement. Il connaît depuis des années une crise de direction lancinante.

    Nous sommes très nombreux je crois à exiger que cette page noire soit tournée, qu’on en finisse avec l’esprit de tendance, de fraction, de groupe. Le parti doit être un lieu de démocratie absolue et devenir un organe absolument discipliné lorsque le débat est parvenu à ses limites.

    Le projet de base commune issu des débats du Conseil national parce qu’il me paraît fournir les matériaux suffisants pour les débats du Congrès me semble capable de produire tous les débats nécessaires".

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Le 27 octobre 2008 à 14:12, par Antoine Wohlgroth

    Ma p’tite sardine !

    Vouloir tirer le meilleur de la mondialisation, c’est ce que fait le capitalisme, et nous sommes tous dedans !

    La mondialisation a pris la place rendue libre par l’abandon de la lutte idéologique de la part de la majorité des partis communistes, le notre y compris.

    C’est parce que nous avons laisser présenter la mondialisation comme l’aspiration commune et partagée à un bien être politique, économique, social et écologique dans une société organisant une population mondiale tendue vers un même but, aspiration sensée remplacer les idéologies révolutionnaires soit disant rendues caduques par la chute du mur de Berlin que nos idées ont reculées.

    Nous aurions du expliquer que la mondialisation n’est que le voile pudique de la dérégulation financière qui a permis au capitalisme de réaliser une de ses étapes des plus dévastatrices !
    Qu’elle justifie le marché et fait accepter tout ce qui le fait fructifier : le cortège de fermetures d’entreprises, la destruction d’emplois, le surendettement généralisé et les faillites de toutes sortes dans le monde « occidental », et dans le reste du monde, le pillage des ressources, la destruction des productions agricoles vivrières remplacées par des cultures d’exportations, l’exploitation effrénée d’un prolétariat de plus en plus précarisé, du cortège de morts dus à la famine et à la misère, sans oublier les guerres impérialistes qui lui sont indispensables

    Qu’elle présente le développement d’une classe moyenne dans les pays émergents et des outils technologiques qui l’accompagne comme preuve de sa réussite alors que ce n’est uniquement que la création d’une nouvelle classe dominante, stock de petits actionnaires avides de consommation, garants de la reproduction de système capitalistes et pigeons rêvés car volontaires de la finance mondialisée (on le voit aujourd’hui).

    Un parti communiste d’aujourd’hui doit il améliorer la mondialisation ou reprendre le travail idéologique et militant nécessaire à la diffusion de nos idées et à la mobilisation indispensable pour préparer un grand soulèvement populaire ?

    Pour bâtir des fronts de lutte dans une dynamique de rassemblement de gauche, le parti doit-il continuer à édulcorer son identité communiste et à se noyer dans une gauche imprécise, ou au contraire l’affirmer et la revendiquer dans la reconnaissance et le respect de la diversité par laquelle elle s’exprime tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti ?

    Comme de nombreux communistes, je me pose beaucoup de question, mais s’il y a une chose dont je sois sûr, c’est que Faire vivre et renforcer le PCF, est une exigence de notre temps !

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  • Différences entre les textes alternatifs Le 27 octobre 2008 à 16:37, par Poisson Rouge

    Antoine,

    Puisque tu sembles déjà savoir pour quel texte voter, je te demande d’éclairer ma lanterne sur ces petites questions :

    - Quelles sont les différences entre les deux textes alternatifs ? Les points communs sont nombreux (à commencer par le titre !) aussi pourquoi avoir proposé deux textes différents ? Cela ne risque-t-il pas de diviser les partisans d’une rénovation marxiste du parti ?

    - La formation des militants, je suis pour ! Mais le texte du CN le dit aussi : "Nous devons dans le même esprit répondre à la demande d’un travail de formation militant beaucoup plus exigeant. Nous restructurons pour cela un dispositif de formation moderne et adapté à tous les niveaux du parti".

    - Concernant la reconstruction des cellules, on trouve aussi quelque chose dans le texte du CN qui y ressemble : "La coordination de notre activité dans ces lieux de travail et dans les quartiers populaires devra être réorganisée et mieux impulsée". D’accord, c’est un peu flou.

    Il y a d’autres exemples encore qui montre finalement qu’il ne semble pas y avoir d’incompatibilités entre le texte que tu défends et le texte du CN. Or, comme l’a fait remarqué André Narritsens, le texte du CN est indéniablement le plus complet. Il faudra l’amender, c’est sûr mais bon, c’est déjà une solide "base de discussion", qu’en penses-tu ?

    - Dernière chose : le communisme sans mondialisation restera une entreprise précaire. C’est par l’union des peuples en lutte que nous réussirons à renverser le capitalisme. La mondialisation de la finance qui met les peuples en concurrence les uns contre les autres, voilà ce qu’il faut dénoncer. Mais il existe une autre mondialisation porteuse d’espoir, celle du logiciel libre par exemple.

    Merci d’avance pour tes réponses !

    PS : Sardine toi-même

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Le 27 octobre 2008 à 18:25, par Désirs d’avenir (de gauche)

    Est-ce que ce congrès se prépare ou pas à " l’ancienne" ? Pour l’immédiat, j’ai beau chercher, je ne perçois pas de grandes différences avec les congrès précédents, sinon que nous sommes bien moins nombreux...

    On peut ne pas vouloir voter le texte dit "base commune" sans pour autant être en désaccord avec tout son contenu. Le projet d’émancipation : OUI, la stratégie : NON !

    1)- ..."sans le rassemblement des forces susceptibles de porter un nouveau projet d’émancipation, la contestation du système capitaliste mondialisé et les tentations de s’en libérer resteront condamnées à des échecs répétés"... (extrait projet première page).

    2)- ..."le PCF veut construire une force porteuse d’avenir, identifiée à un projet d’émancipation"... Le congrès à venir propose un choix : ..."engager de profondes transformations de notre parti pour devenir cette force"... (extrait projet page 20)

    Je n’ai aucun désaccord avec le point 1), mais l’application du choix du point 2) conduira à la conclusion du point 1), à savoir : l’échec répété.

    Avec cette stratégie, nous restons dans une conception, (qui n’est pas nouvelle), de rassemblement autour du PCF. Nous sommes le "parti guide" qui ne cherche que des ralliements. Cela nous confirmera dans notre isolement. C’est cette stratégie, déjà expérimentée, qui nous a conduit dans la situation où nous nous trouvons. A quoi bon continuer !

    Je crois que l’on ne peut pas dissocier l’élaboration du projet d’émancipation de la recherche de convergences pour construire, avec d’autres, une force alternative. Cela ne signifie pas la disparition ou la dissolution de la force communiste organisée.

    Avec ce congrès, nous sommes dans une démarche : " On élabore le projet d’émancipation, on est la force porteuse de ce projet, rejoignez nous". Quand on fait électoralement au niveau national plus de 15%, ça marche, à 1,94%, c’est fini ça marche plus !

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Le 27 octobre 2008 à 19:50, par Antoine Wohlgroth

    Ma p’tite sardine,

    Notre texte est le résultat d’un compromis recherché par différentes organisations à la gauche du parti dont les militants ne se retrouvaient pas dans le texte proposé par la direction. A ma connaissance, la Riposte ne s’est pas inscrit dans cette recherche de compromis.

    La dernière formation proposée à ma connaissance au cadre du parti était axée sur la gestion du temps de travail et la motivation des équipes (quelque chose d’approchant) Pour moi qui est travaillé dans un organisme de formation pour cadre et dirigeants d’entreprise, je te prie de croire que si c’est cela « le dispositif de formation moderne et adapté à tous les niveaux du parti », on est pas sorti de l’auberge !. Nous nous voulons un dispositif formation marxiste, moderne et adapté à tous les niveaux du parti. Cela fait un grosse différence, tu ne crois pas ?

    Pour ce qui est de l’amendement de la base commune, tu sais bien que le risque, c’est de mettre tous les amendements sur le même point et passer tous le congrès à des modifications de façade. Notre texte, qui pourrait aussi être amandé s’il devenait la base commune, restera soumis au vote du congrès. Les débats pluralistes comme celui-ci ne s’étant pas déroulés dans toutes les sections, le présenter au congrès es notre seule assurance d’être entendu par tous les communistes.

    Dernière chose, le communisme est internationaliste, c‘est à dire qu’il travail à l’union des peuples en luttes pour réussir à renverser le capitalisme. La coopération libre des peuples libres, dans le cadre des nations est le contraire de la mondialisation. Le concept de lutte des classes que partagent tous les communistes, démontre l’existence d’intérêts contradictoires et antagonistes entre elles (les classes) et donc que la seule mondialisation compatible avec le communisme est la dictature du prolétariat mondialisé.

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Le 27 octobre 2008 à 23:37, par c’est quand le bonheur

    Honnêtement, je ne sais plus trop quoi penser...

    Trois textes soumis au vote + un autre.

    Les deux textes préconisant tous les deux "le renforcement du PCF" ne semblent pas donner de clé pour sortir le PCF de son déclin.

    Celui du CN semble vouloir "essayer" de bouger les choses mais il ne me procure pas un grand "enthousiasme revivifiant".

    Et toute cette démarche me semble bien compliquée : voter pour un texte qu’ensuite on amendera ; mais si le texte est amendé de telle sorte qu’il perde sa ligne générale initiale ? On aura voté pour rien ?

    Quant à la motion non soumise au vote, je comprends la démarche (et le refus de la faire voter.) Elle prolonge la tentative de candidature unitaire à la présidentielle de 2007 (qui avait soulevé un début d’enthousiasme parmi tous ceux qui espèrent encore...) qui aurait absolument dû aboutir, même sans une candidature du PCF (pour laquelle j’ai finalement voté.)

    Mais cette motion propose la création d’une autre force politique : Pourquoi pas ? mais est-ce la solution ? peut-être...En tout cas, notre parti décline depuis bientôt 30 ans (malgré les mutations nécessaires) et des replâtrages sont sans doute maintenant insuffisants.

    Face à la crise actuelle du capitalisme, face à un pouvoir en France qui veut tout casser, au-delà même de ce que l’on peut imaginer (santé, école, travail, etc...), il faut très vite construire une riposte digne de ce nom. Pour cela, le PCF tel qu’il est aujourd’hui ne parvient pas à le faire.

    Alors, ou bien le Congrès fait prendre au PCF un tournant radical pour participer à la construction d’un rassemblement qui ouvrira une perspective d’un réel changement politique, ou bien il faudra bien se résoudre à créer un rassemblement sans lui ; mais cela sera-t-il possible ?

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Le 28 octobre 2008 à 09:07, par Que faire ?

    "c’est quand le bonheur", se pose vraiment les bonnes questions. L’innovation nous manque même dans la préparation organisée de ce congrès. En votant avant congrès on fige les positions et cela ne facilite pas le débat. Pourquoi les congressistes élus par les adhérents de chaque fédération ne pourraient t-ils pas débattrent en congrès sur des textes non votés (adoptés dans les conditions qui sont celles d’aujourd’hui), essayer d’en faire une synthèse et ensuite revenir devant les adhérents pour un vote ? En fait les adhérents délèguent le choix de nos orientations à des délégués et nous ne savons pas quel texte sera finalement adopté, texte sur lequel nous n’aurons finalement peut-être jamais voté.

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  • A l’ancienne ? Le 28 octobre 2008 à 09:26, par Léna

    Ainsi donc il n’y aurait rien de nouveau sous le grand soleil de la préparation du 34e Congrès. La brume se serait même installée.

    Je laisse Antoine à ses rêves de dictature du prolétariat mondialisée (bien que je pense que la dimension intergalactique doit commencer à être envisagée)et j’en viens aux grands doutes et états d’âme qui se manifestent et trouvent ici à s’exprimer (ça, au moins, c’est nouveau).

    Je m’en tiendrai, s’agissant de la persistance déclarée de l’ancien, à la question de la préparation du Congrès. Chacun en convient (car comment faire autrement) un document écrit est nécessaire. Trois textes sont disponibles et il faut en choisir un comme base de discussion. On conviendra que la méthode diffère grandement du passé où un seul texte existait.

    Ensuite vient la période de la discussion du texte choisi et des amendements qui lui sont proposés.Cette phase est la plus compliquée du point de vue de la démocratie, non pas à la base (ou la discussion est complètement libre) mais dans les étages de construction du Congrès au cours desquelles se confrontent des états différents d’approche et où la "professionnalisation" du débat s’accroît. De ce point de vue je n’ai, il est vrai, d’autant moins de recette que je déteste courants et tendances, préférant la confrontation sur la justesse des idées.

    A propos de ces questions, qui sont très compliquées, je souhaiterai que les camarades qui en appellent au "nouveau" quittent le ciel de l’abstraction et nous disent, concrètement, ce que ça pourrait signifier.

    Sur la question de la fameuse "nouvelle force politique" maintenant, je n’aperçois à mon tour que du brouillard.

    Si je comprends bien certains (en tout cas D. Rome le 23) prônent la disparition pure et simple du parti et la création d’une "chose" nouvelle, pour l’heure innommable, sans programme et aux perspectives floues, dans laquelle des communistes subsisteraient à l’état plus ou moins larvaire (il suffit de constater la décomposition idéologique que reflète l’évolution du magazine Regards pour avoir une préfiguration de ce schéma).

    D’autres semblent dire que le Parti ne disparaît pas mais rompt avec une conception de rassemblement (ralliement) à lui qu’il n’a, au demeurant, plus la force de propulser.

    Or c’est justement sur ce point que le texte issu de la Direction nationale me paraît ouvrir les pistes nouvelles d’une réflexion autour de la problématique des "fronts". Ca mérite une vraie discussion, non ?

    Il y a bien sûr beaucoup d’autres questions, notamment celle du "parti de classe" (telle que Marx l’entendait) et de la théorie ("Sans théorie révolutionnaire pas de mouvement révolutionnaire"). On verra ça (peut-être) lors des débats préparatoires du Congrès.

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Le 28 octobre 2008 à 10:32, par Antoine Wohlgroth

    Léna,

    Je suis complètement d’accord avec toi sur la nécessité de donner une dimension intergalactique à la dictature du prolétariat, mais que cela soit acquis entre nous ne doit pas nous éloigner de la question de fond du « vouloir tirer le meilleur de la mondialisation » comme un des objectifs politiques du texte de la direction !

    C’est une des raisons pour lesquelles je ne me reconnais pas dans ce texte et me suis associé au texte alternatif n°3.

    Vouloir tirer le meilleur de la mondialisation, c’est oublier la réalité de la lutte des classes, c’est rester dans la droite ligne du dépassement du capitalisme.

    Communiste, je ne veux ni tirer le meilleur de la mondialisation, ni dépasser le capitalisme : je veux le combattre !

    Communiste, je ne suis ni mondialiste, ni alter-mondialiste : je suis internationaliste !

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Et c’est pas fini... Le 28 octobre 2008 à 11:48, par Poisson Rouge

    "Communiste, je ne suis ni mondialiste, ni alter-mondialiste : je suis internationaliste !" dit Antoine Wohlgroth.

    D’abord, reconnais que tu joues un peu sur les mots. Ensuite, je maintiens que la mondialisation peut servir la révolution. Pourquoi crois-tu que la Chine censure internet ? Il existe une certaine mondialisation qui rapproche les peuples car elle permet une prise de conscience collective de la nocivité du capitalisme. C’est cette mondialisation-là qu’il faut entretenir.

    Je trouve aussi que "c’est quand le bonheur" résume parfaitement toutes mes interrogations. Je voterai donc pour lui ;-) Comme c’est mon premier congrès, je ne peux pas comparer avec le passé. Je trouve que la manière dont s’organisent les débats à Aubervilliers est plutôt satisfaisante.

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Le 28 octobre 2008 à 13:17, par Antoine Wohlgroth

    Ma p’tite sardine,

    Qu’est-ce qui peut permettre de remettre le débat communiste au cœur de la société et le rendre utile à la compréhension du monde : Voir dans la mondialisation les bienfaits d’internet ou y voir la crise actuelle du capitalisme ?

    Grand utilisateur d’internet, je sais qu’il faut aussi l’utiliser comme outils de propagation de nos idées. Mais je sais aussi qu’internet n’a pas réussi à remplacer les cellules dans les quartiers et les usines, ni en terme de mobilisation, ni d’ailleurs en terme de propagation de nos idées.

    Est-ce parce que nous n’avons pas, en tant que militants communistes, réfléchis à l’utilisation ou à l’organisation de l’internet mondialisé, ou alors est-ce, parce que notre réflexion idéologique s’est affaiblie ?

    Moi, je crois que c’est à notre travail idéologique qu’il faut s’atteler. (Cela permettrait par exemple aux militants communistes d’expliquer l’antagonisme entre internationalisme et mondialisme (ou alter-mondialisme).)

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  • 34ème Congrès : c’est parti ! Le 28 octobre 2008 à 13:26, par Poisson Rouge

    Tu caricatures un peu ma pensée mais je dois le reconnaître : tu marques un point ici.

    Étant jeune (et adhérent depuis peu), j’ai besoin qu’on m’explique qu’il existe une différence entre "mondialisation et internationalisme". Si tu as 5 minutes pour me faire un dessin, n’hésite pas.

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  • On parle de nous ! Le 31 octobre 2008 à 09:22, par Denis Raffin, maitre toilier

    Sur le site de soutien au texte "Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme", on trouve un article parlant de notre section : cliquez ici pour le consulter.

    Rappelant les grands points du discours de Jérôme Métellus (lire ci-dessus pour un résumé), l’article décrit une discussion "très intéressante et d’un très bon niveau". Et sa conclusion, très flatteuse pour notre section : "Au final, ce fut une excellente réunion, dans les meilleures traditions démocratiques du mouvement communiste. Nous remercions Laurence, Patricia, et tous les camarades de la section pour leur accueil chaleureux."

    Je transmets avec plaisir !

    Amicalement.

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