Soirée du 22 octobre à Fraternité : hommage à Jack Ralite

mercredi 26 octobre 2011

"Je connaissais Jack Ralite comme maire d’Aubervilliers, je n’avais pas mesuré son envergure comme personnalité politique nationale". Alors qu’en fin de soirée, Gabriel Garran, le fondateur du théâtre de la Commune, témoignant sa reconnaissance pour Jack, déclinait ses souvenirs en égrenant un abécédaire à cette heure encore inachevé, ceux qui pensaient bien connaître Jack Ralite en ont encore appris lors de cette initiative.

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Gabriel Garran, fondateur du théâtre de la Commune

"C’est Ralite qu’ils veulent"

Pierre Laurent, rappelait ses souvenirs d’enfant quand sa mère, secrétaire de section près de l’ORTF, où gravitaient de nombreux professionnels de radio et de télé, disait : "C’est Ralite qu’ils veulent". Incompréhensible quand on sait les pointures que recelait le parti communiste dans les années 60, alors que Jack Ralite était un élu local de banlieue. Certes son billet hebdomadaire dans l’Humanité dimanche, son inlassable activité au sein du parti communiste avaient ouvert à cet employé de bureau à la mairie de Stains puis journaliste, une fenêtre sur la profession. Roland Leroy n’a pas manqué de saluer le parcours de l’homme, resté fidèle à ses convictions. La création du théâtre de la Commune en 1965 dans un contexte inimaginable car les priorités étaient ailleurs, a aussi révélé l’abnégation de l’homme qui a souvent su rendre possible l’impossible comme l’ont souligné de nombreux témoins. Mais de là à imaginer qu’il serait un jour à l’origine des États généraux de la culture, de l’exception culturelle française, il y a un pas qu’on ne peut comprendre qu’en regardant comment se sont forgés le caractère, les convictions, les méthodes de l’homme qui aujourd’hui achève son dernier mandat.

Michel Piccoli, remerciant l’homme qui a combattu la standardisation de la création, le disait à la fois avec regret et espoir. "Tu n’auras plus de bureaux Jack, mais tes bureaux c’est le théâtre, n’importe quel théâtre et c’est là qu’on continuera à te trouver". Et c’est vrai que Jack n’avait pas besoin de titre pour défendre ses idées et monter l’impossible. "C’est quand il était le moins qu’il a fait le plus", souligne Lucien Marest, maître de cérémonie, faisant allusion aux États généraux de la culture qui ont insufflé cette idée de résistance chez les artistes.

"Il faut parfois être en dehors de la loi"

Il est difficile de rendre compte de tous les témoignages et de les relater avec fidélité, tant cette soirée était dense, ponctuée par les textes de Pierre Santini, Anouk Grinberg, Edith Scob, l’émouvant intermède musical de Marc Perrone, la présence de l’ancien conseiller de Gorbatchev, Andrei Gratchev. "Mon seul maire, c’est Ralite" confiait Bartabas, racontant l’installation de son théâtre équestre il y a vingt ans au fort d’Aubervilliers.

Parce que Jack Ralite a aussi été maire d’Aubervilliers pendant près de vingt ans, insufflant des politiques d’envergure dans nombre de domaines. Luc Ginot, longtemps responsable du service d’hygiène et de santé publique de la ville expliquait les exigences de Jack Ralite qui n’a pas hésité à se mettre hors la loi pour intervenir sur le saturnisme, les conditions de mal logement... Aujourd’hui, ce qui était illégal est devenu loi, par la loi SRU notamment.

Beaucoup de participants se sont reconnus à travers ces évocations qui donnent du sens à leur engagement passé ou actuel. C’est sans doute la plus grande satisfaction que tirent les communistes d’Aubervilliers et d’ailleurs, initiateurs de cette soirée qu’ils voulaient avant tout fraternelle.

Eric Plée

Quelques photos de la soirée :

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NdMT : Nous publierons en fin de semaine l’intervention prononcée par Jack Ralite lors de cette soirée.

2 Messages

  • Soirée du 22 octobre à Fraternité : hommage à Jack Ralite Le 26 octobre 2011 à 21:24, par Merci

    Il fallait s’y attendre, l’espace fraternité était plein : 400 places assises, et il y avait du monde debout. Entre ceux qui ont passé la soirée entière, ceux qui sont tenaient à saluer Jack, c’est une noria incessante de personnalités, d’amis, de ceux qui ont travaillé avec Jack, à laquelle on a assisté. Merci à Lucien Marest, le monsieur loyal, à la fédération de Seine Saint Denis, à la section d’Aubervilliers du parti communiste, bref, à tous ceux qui, de la magnifique photo de Jack sur l’invitation à le lettre F de l’abécédaire déclamé par Gabriel Garran en fin de soirée (il n’a pas été plus loin), nous ont permis de vivre ces instants inoubliables.

  • Soirée du 22 octobre à Fraternité : hommage à Jack Ralite Le 30 octobre 2011 à 11:17, par Place à la médiocrité

    Lu dans le compte-rendu de la soirée...

    « Michel Piccoli, [...] "Tu n’auras plus de bureaux Jack, mais tes bureaux c’est le théâtre, n’importe quel théâtre et c’est là qu’on continuera à te trouver" »

    Le grand acteur ne pensait certainement pas faire allusion au fait que le maire a demandé au sénateur de quitter le bureau qu’il occupait au troisième étage de la mairie. La ville avait pourtant tout à gagner à conserver ce puits de patrimoine en permettant à l’homme politique d’y déployer son rayonnement. Il n’aurait fait aucune ombre aux socialistes, son propos étant "comme toujours ailleurs, au desus, simplement brillant" comme le rappelle Télérama dans son papier cité par Yves Clot lors de la soirée du 22 octobre.

    Mais il y a sans doute mieux à faire dans les lieux en y déployant une réunionite encore plus aigüe. Chacun en mesure le résultat...

    Camarades socialistes d’Aubervilliers, essayez de relever la tête...