Refus du surloyer : enfin !

samedi 9 octobre 2010

Rappelons qu’en début d’année dernière le maire et le président de l’OPH refusaient de se prononcer clairement sur le surloyer. "Ce n’est pas possible de déclarer qu’on n’appliquera pas le surloyer réévalué de madame Boutin car on se mettrait hors la loi", affirmaient-ils de concert.

Les locataires eux faisaient leurs comptes, et leurs calculs aboutissaient parfois à des augmentations de plusieurs centaines d’euros. De telles augmentations leurs étaient insupportables et signifiaient pour beaucoup d’entre eux une menace d’éviction du parc hlm, avec comme conséquence inéluctable : un recul accentué de la mixité sociale déjà bien fragilisée. C’est peu dire que cette situation les encourageait à poursuivre leurs actions de protestation. Délégations, pétitions, manifestations, débats, etc..., tout ce qui pouvait être fait l’a été aussi bien en direction du maire, que du président de l’OPH, sans oublier le principal responsable : le représentant de M. Sarkozy en la personne de M. le secrétaire d’Etat au logement.

Il aura fallu beaucoup d’actions et d’initiatives des locataires avec leurs associations pour qu’enfin, sur proposition de Pascal Beaudet, au nom du groupe communiste et citoyen "Tous ensemble pour Aubervilliers", le conseil municipal du 24 septembre 2009 approuve majoritairement un voeu visant à permettre la non application du surloyer à Aubervilliers. Que de temps perdu pour agir !

Il faudra encore une année pour qu’un nouveau conseil municipal, le 20 septembre 2010, adopte le programme local de l’habitat (PLH) et rende possible ce qui apparaissait comme impossible au début de l’année 2009. Il faut dire que les locataires n’avaient pas baissé les bras. Les pétitions comme les délégations s’étaient multipliées. C’est un peu comme la bataille actuelle pour le maintien de la retraite à 60 ans, il arrive un moment où il est difficile de continuer d’ignorer la protestation. L’engagement des locataires, celui du collectif de la Maladrerie "Ni riches, ni pauvres, ni soumis", celui de la CNL, s’ajoutant au soutien sans faille des élus communistes et à la campagne menée par la section du PCF d’Aubervilliers, on se souvient des tracts, des affiches et des banderoles qui "criaient" NON AU SURLOYER, on eu raison de la passivité, du silence et de l’inaction des élus socialistes de la majorité municipale.

Aujourd’hui, après toutes ces actions, le conseil communautaire du 29 juin 2010 a adopté en première lecture son programme local de l’habitat. Le document voté reprend très exactement la principale proposition émise par toutes celles et ceux qui étaient engagés dans cette bataille contre le surloyer, le conseil de Plaine Commune dit : "Il faut déclarer le territoire de la communauté zone de non application du surloyer".

Le conseil municipal d’Aubervilliers dans sa séance du 23 septembre 2010 reprenait clairement ce que les locataires, leurs associations et les communistes réclamaient depuis des mois et des mois : "Le conseil municipal appuie la démarche communautaire visant à permettre la non application du surloyer prévu dans la loi Boutin sur le territoire, y compris hors ZUS (zone urbaine sensible)" ; il est ajouté : "une attention particulière sera portée à certains îlots : Maladrerie, Emile Dubois, Gabriel Péri, Hélène Cochennec, Charles Tillon et Robespierre".

Nous avons de bonnes raisons de nous féliciter avec les locataires de cette prise de position tant attendue. Pour autant, la vigilance reste nécessaire. En effet, avant la fin de cette année et après un nouveau débat suite à la tenue des conseils municipaux des 8 villes de Plaine Commune, le conseil communautaire devra adopter définitivement son PLH. Celui-ci sera ensuite soumis à l’approbation du Préfet. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’un rejet de la part du représentant de l’Etat. Cela signifie que la bataille contre l’application du surloyer n’est peut-être pas totalement terminée.

On ajoutera qu’un autre sujet préoccupant reste dans l’actualité d’Aubervilliers. Il s’agit de mettre en échec l’un des engagement de la campagne des présidentielles de Nicolas Sarkozy : la vente des logements hlm. Si ce projet néfaste pour les locataires, jamais appliqué à Aubervilliers, est rejeté par beaucoup de villes, il n’en va pas de même a Aubervilliers avec une majorité municipale socialiste.

Le maire et le président de l’OPH ont décidé de s’inscrire dans cette démarche de braderie du logement social. C’est là une autre bataille qui à Aubervilliers va devoir se poursuivre. Les élus communistes entendent bien défendre le patrimoine commun de tous les locataires et des habitants de cette ville.

Eric Plée

07/10/2010

4 Messages

  • Refus du surloyer : enfin ! Le 16 octobre 2010 à 11:34, par Anne

    Merci pour vos actions contre le surloyer d’exclusion et continuez d’intervenir contre la vente des logements hlm de la Maladrerie.

  • Refus du surloyer : enfin ! Le 16 octobre 2010 à 11:43, par François

    La bataille pour la défense du logement social c’est comme la lutte contre la réforme des retraites de Sarkozy ; il ne faut rien lâcher ! Il faudrait même redoubler d’effort car Sarkozy et son ministre du logement veulent piller les fonds des hlm en imposant une taxe de 2,5% sur les loyers perçus.

  • Refus du surloyer : enfin ! Le 16 octobre 2010 à 12:17, par Georges

    Contre la vente des logements il faudrait que les locataires se mobilisent davantage. Cela n’est pas facile vu qu’ils sont peu associés aux décisions et aux choix de l’office. Pour défendre l’office il faudrait commencer par mieux écouter les revendications des locataires et surtout y répondre.

  • Refus du surloyer : enfin ! Le 16 octobre 2010 à 12:26, par Jaco

    Taxer les loyers, c’est taxer les locataires, c’est un impôt de plus. Autrement dit ce sont les locataires qui vont financer à la place de l’Etat qui abandonne complètement le logement social.
    Ce n’est surement pas en vendant des logements que l’on va réussir à pallier à cet abandon. Mais à Aubervilliers, que font les associations de locataires contre toutes ces mesures injustes ?