Non à la fermeture du centre de traitement du cancer par radiothérapie d’Aubervilliers

jeudi 12 février 2015

Le centre de traitement du cancer de l’hôpital de la Roseraie à Aubervilliers est menacé de fermeture définitive suite à une décision de l’Agence Régionale de la Santé (ARS).

À l’instar des maternités contraintes à la fermeture par manque d’activité, l’un des trois centres de traitement du cancer par radiothérapie de la Seine-Saint-Denis doit mettre « la clé sous la porte ». Dans le cadre de la réorganisation du schéma régional sanitaire l’ARS refuse de renouveler l’autorisation d’activité de cette structure privée qui compte douze salariés et trois médecins. C’est une aberration économique qui s’appuie sur une logique comptable et administrative en ignorant volontairement l’intérêt des malades.

Pourtant, ce centre d’Oncologie et Radiothérapie est l’un des deux seuls d’Île-de-France à être équipé de l’une des machines de radiothérapie les plus performantes à ce jour. Cette machine, de dernière génération, permet le traitement de tumeurs inopérables, par de nouvelles techniques de très haute précision qui épargne les organes sains. Il n’en existe qu’un seul autre exemplaire en Île-de-France, à l’institut Gustave-Roussy dans le Val-de-Marne.

Cette décision fait suite au non respect du quota de patients traités sur les trois dernières années, (430 au lieu de 600).

Pourtant l’ARS sait que les dirigeants de cette structure avaient élaboré un projet novateur avec la mise en place fin 2013 de cette machine de traitement innovante, et l’installation, pour le premier semestre 2015, d’une seconde machine proposant les mêmes techniques de traitement.

La Seine-Saint-Denis sera donc amputée de deux machines d’exception, ne laissant sur le département, qui a la prévalence de cancer la plus élevée de France, que cinqmachines vieillissantes, qui ont entre dix et quatorze ans, avec lesquelles des traitements innovants sont impossibles. De plus, réinstaller cet équipement ailleurs prendra de six à neuf mois. En attendant de pouvoir le faire, cette machine de pointe restera inutilisée alors qu’elle pourrait servir aux patients.

Si cette mesure de fermeture est maintenue, les patients d’Aubervilliers et du département, dont la situation économique est souvent précaire, verront une diminution de l’offre de soins aux environs de leur domicile et devront, soit se contenter d’anciennes techniques avec lesquelles les traitements innovants sont impossibles, soit se déplacer loin pour bénéficier de traitements novateurs, ce qui entraînera une augmentation du délai de prise en charge et diminuera fortement leur chance de guérison.

C’est un énorme gâchis pour la Seine-Saint-Denis et pour Aubervilliers.

Dans le département le plus délaissé de la région parisienne, on renforce l’inégalité dans l’accès aux soins et dans le traitement du cancer en réduisant de trois à deux le nombre de centres de radiothérapie.

À l’heure où le premier ministre, Manuel Valls, déclare vouloir mettre fin aux inégalités de territoire, réduire une offre de soins dans une ville comme Aubervilliers est contraire aux volontés politiques affichées.

Rappelons que dans le département, le nombre d’appareils de radiologie pour 100 000 habitants est de 29,6 contre 48,2 en Ile-de-France et 50,7 en France métropolitaine.
Le suivi actuel de 430 patients au sein du centre ORNEP d’Aubervilliers et la perspective d’atteindre, voir de dépasser les 600 patients, justifie un réexamen du dossier par l’Agence de Régionale de la Santé (ARS)

Il faut refuser cette folle logique comptable et administrative de l’ARS qui n’est en rien adaptée à la réalité et aux nécessités de la Seine-Saint-Denis, déjà sous médicalisée.

Signez la pétition pour exiger le renouvellement de l’autorisation d’activité de radiothérapie à l’hôpital de la Roseraie à Aubervilliers.

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