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Voeux des communistes d’Aubervilliers
Allocution d’Anthony Daguet
mardi 21 janvier 2025, par
A chacun et à chacune, permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter au nom des élus communistes d’Aubervilliers, une merveilleuse année, remplie de surprises, débordante de joie, d’amour et de folie.
Pour ma part, je la trouverais bien belle cette future année 2025 si je continue à vous croiser, à vous retrouver à vous connaitre un peu plus. C’est la plus belle leçon d’Aubervilliers, et vous la connaissez sur le bout des doigts. Aubervilliers est une ville parfois décriée, trop souvent par la Maire elle-même qui ne doit pas avoir beaucoup d’amour pour notre ville ni pour ses habitants.
Pourtant, si Aubervilliers devait être une leçon, un exemple, une morale presque, à la manière des fables de La Fontaine, c’est que face à l’adversité, malgré les difficultés, les clefs du bonheur résident dans le fait d’être ensemble. Ensemble, solidaires, bienveillants, vous, nous, les résidents d’Aubervilliers, bien que 95.000 sur à peine 6km², nous faisons en sorte de rendre notre bout de terre vivante et surtout vivable.
Cette réussite réside dans le fait que chacun aide son voisin, participe quand c’est possible aux initiatives, trouve du temps pour un engagement bénévole, associatif, syndical, politique, dans la vie de quartier, de sa rue ou de sa résidence. Ce qui fait la beauté d’Aubervilliers, ce sont ses habitant.es, ces visages différents, venus du monde entier et des quatre coins de la France. Une ville monde, un roman chorale où à chaque coin de rue tout devient possible.
Je veux vous dire mon extrême fierté de vivre ici, et je trouve que d’avoir grandi ici est une chance. C’est aussi le choix de politiques publiques qui ont jusque très récemment toujours privilégié l’humain, et pas les choix comptables ni le racisme, ni l’exclusion.
Ces choix nous les devons à des grands Maires, entourés d’équipes municipales plurielles et compétentes.
André Karman qui a tant combattu la pauvreté et permis à des générations de pouvoir avoir les moyens de réussir. Jack Ralite qui a fait d’Aubervilliers, le phare culturel du département en faisant prendre conscience à tous que l’émancipation de chacun passe nécessairement par son élévation intellectuel : éveil des consciences et exploration du sensible.
Jacques Salvator qui a fait de la jeunesse la priorité de son combat politique. Dans une des villes les plus jeunes de France, donner tous les moyens aux jeunes de réussir c’était évidemment offrir une chance pour Aubervilliers d’épouser l’avenir.
Bien sûr Pascal Beaudet, l’initiateur de la démocratie locale, des conseils de quartiers, qui savait que la proximité était l’essentiel et que le pouvoir d’agir au plus près était aussi une manière de changer le monde. Penser global, agir local, disait-on à l’époque.
Et Mériem Derkaoui qui a toujours poussé l’idée de l’émancipation par le sport, pour tous et surtout pour toutes. Le combat féministe de Mériem pour l’égalité n’est pas à démontrer tant dans sa vie personnelle que politique.
J’ai tenu à faire ce bref inventaire, de ce que nous devons aux équipes municipales de gauche, dans leurs diversités, leurs adversités parfois, car l’aube d’une année nouvelle est toujours l’occasion de dresser un bilan des années passées pour tenter de définir les objectifs de l’année à venir.
Je me suis retourné et j’ai vu les 5 ans que nous venons de vivre avec Karine Franclet et je n’y ai vu que du vide et de la désolation. Quel bilan tirera-t-on du mandat qui s’écoule ? A coup sûr, il sera bien triste.
Municipalisation forcée et raté d’Auber-vacances Loisirs, fermeture du café culturel, fermeture du COS, suppression des subventions aux associations et aux syndicats, tentatives d’expulsion de la bourse du travail, tentative de privatisation de l’OMJA, effondrement de l’OPH et de ses missions, affaiblissement d’Aubervilliers dans Plaine-Commune, suppression des boutiques de quartiers, destructions de la démarche quartier, limitation des places à la cantine et dans les centres de loisirs par un système de quota et mise en place d’un système d’amendes, fragilisation extrême du conservatoire à rayonnement régional, mise en grande difficulté du cinéma Le Studio, fermeture de la médiathèque au Landy, prévision de suppression de la médiathèque de la Maladrerie, vente d’une partie des logements de la Maladrerie à la RIVP, expulsions à tout vas, fermeture de la ferme Mazier, destruction de pavillons, et de logements sociaux, volonté de détruire la fontaine de la Mairie, hausse des loyers (+ de 10%), fermeture d’une crèche en centre-ville, suppression du marché de la Villette, suppression du plafond de vente dans la construction neuve et je ne vous parle pas de la jungle de la promotion immobilière ni même des caisses municipales qu’elle a vidées alors que je les avais laissées bien pleines.
Je ne sais même pas si ce bilan est exhaustif tant les faits, les méfaits et les forfaits sont nombreux. Je dois vous dire que cet inventaire me donne le tournis. Le désastre est vertigineux. Il me donne des sueurs froides, la crise d’angoisse n’est pas très loin. Pire encore est l’absence de projet de visé. Cette fin de mandat nous donne le sentiment d’une équipe municipale essoufflée, en deserrance, incapable de prendre la mesure de la responsabilité qui leur incombe.
C’est pourquoi je ne cesserai de dire que nous avons à faire à une droite maltraitante et incompétente
Mais ne nous y trompons pas. La médiocrité ne les empêchera pas de se battre comme des lions pour rester accrochés au pouvoir. Il faudra le leur arracher. A ce titre, les vœux de Karine Franclet et de la municipalité était de ce point de vue très éclairant. En invitant Valérie Pécresse, Présidente de droite de la région Ile-de-France, à prendre la parole pour ne dire que le plus grand bien de Franclet, la droite nous envoie un message clair. Elle fera tout et mettra tous les moyens pour que la ville ne bascule pas à gauche. Qu’importe le bonheur de ses habitants, et au mépris de ses besoins.
Alors notre responsabilité est grande aujourd’hui. Car disons-le tout net : Karine Franclet est battable mais elle n’est pas battue. Cela ne dépend que nous. Nous, les forces de gauche. Si nous trouvons un chemin de dialogue et d’unité, nous la battrons à coup sûr. A l’inverse, si les égos et les incompatibilités l’emportent, nous laisserons le pouvoir local à des gens qui continueront de produire de la violence et de la souffrance dans nos quartiers. A cela, nous ne pouvons nous y résoudre.
D’ailleurs les citoyens d’Aubervilliers ne s’y trompent pas. A chaque fois qu’il croise l’un d’entre nous c’est pour lui dire avec beaucoup d’insistance que l’union est un impératif et qu’il n’est pas question de faire autrement.
Nous serions de bien mauvais élus si nous décidions de ne pas écouter ce que nous disent une écrasante majorité des gens. Les électeurs de gauche plébiscitent l’union et gare à ceux qui se risqueraient à des aventures individuelles.
A gauche, nous sommes donc condamnés à faire ensemble, et en matière de condamnation, il y en a de bien pire. Comme toujours, nous pouvons faire d’une contrainte, une force et faire à nouveau d’Aubervilliers un exemple.
C’est-à-dire que nous pouvons construire une méthode de gouvernance qui permette de travailler de manière très collégiale.
C’est-à-dire faire en sorte que chacun des partenaires de gauche prenne un bout du pouvoir mais aussi un bout de l’animation de la majorité. Ou encore, dit autrement, une méthode qui concentre moins de prérogatives au maire pour mieux obliger chacun.e à travailler avec les autres dans une majorité très très équilibrée. Vous savez quoi ? Ce chemin original de gouvernance que l’on retrouve dans les associations et les syndicats, il me semble bien correspondre à notre ville et à ses habitants. Ces derniers nous placent dans cette position, encore une fois, écoutons-les.
Et puis, vous savez, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité. Nous sommes désormais une grande ville. 95.000 habitants bientôt. Personne ici ne connait tous les résidents de notre commune. Même si nous cumulons les connaissances de tous les militants des organisations des forces politiques et citoyennes, nous n’en connaissons pas la moitié. Alors pourquoi voulez-vous qu’un groupe, ou un groupe de groupe, gouverne seul quand il y a tant faire et tant à partager.
Cela signifie aussi que pendant tout le mandat, nous devrons régulièrement aller à la rencontre des habitants et leur demander leurs avis sur bien des sujets. Les outils ne manquent pas : vie de quartier, consultations, référendum locaux, porte à porte…
Enfin, il est aussi très important d’avoir à l’esprit que l’Union est une condition nécessaire à la victoire mais pas une condition absolue. Je veux dire que sans union, il n’est pas de victoire possible. Mais l’union seule ne mènera pas automatiquement à la victoire.
Il faut un projet. Il faut proposer un chemin qui réponde aux préoccupation d’aujourd’hui et qui dresse un avenir à notre ville.
Pour les communistes il y a 4 questions qu’il faut mettre en débat avec les habitants :
Comment fait-on une ville en commun ? la vie associative, de quartier, culturelle et sportive doit bien sûr être animée, impulsée et nourrie mais il y a une orientation à construire pour faire sens et pour donner une tonalité nouvelle. C’est la base d’un nouveau pacte social.
Seconde question : Comment améliorer la qualité de vie dans la ville ? Là, il faut définir des priorités et une philosophie d’action, en lien avec la première question, pour construire une cohérence nouvelle. On parle bien sûr des espaces publics, du commerce, des espaces verts, de la couture urbaine. C’est aussi une question de commun.
Troisième axe de discussion, c’est la place de la transition écologique et de la protection sociale dans notre ville. C’est-à-dire comment Aubervilliers redevient une ville qui protège contre la pauvreté et la précarité et qui protège aussi de la pollution et du réchauffement climatique entre autres. C’est construire une écologie populaire, en mettant la santé en avant comme l’ensemble des besoins essentiels, l’alimentation, l’air que l’on respire, la sécurité au travail et dans la ville.
Enfin, il faut que l’on questionne l’attractivité et le développement d’Aubervilliers. Mais pas au sens capitalistique et libéral. Comment on construit un projet de ville qui attire et qui intègre celles et ceux qui veulent vivre de manière solidaire. Une ville inclusive qui serve de tremplin pour réussir et qui joue ce rôle à l’échelle métropolitaine.
Voilà donc les défis, nos défis pour 2025. Nous pouvons y arriver. Nous devons y arriver. C’est aujourd’hui que tout commence. Décidément, 2025 sera donc bel et bien une bonne année !
Une nouvelle fois belle et heureuse année à toutes et tous.
