Ensemble, nous n’oublions pas le 17 octobre 1961.

samedi 17 octobre 2020

Le 17 octobre 1961, à l’appel du FLN, des millions d’algériennes et d’algériens ont décidé de manifester pacifiquement contre le couvre-feu raciste imposé par l’Etat français et pour la liberté.

Sous les ordres du Préfet Maurice Papon, cette manifestation a été réprimée dans le sang, des jeunes femmes et hommes sont torturé.e.s et jeté.e.s dans la Seine.

Quelques jours plus tard, Fatima Bedar, une jeune fille de 16 ans de Stains, sera retrouvée dans le canal à Aubervilliers. Elle est la plus jeune victime de cette répression meurtrière.

Depuis 2001, sous la passerelle de la Fraternité, une plaque inaugurée par Jack Ralite, sénateur-maire communiste, est incrustée pour toujours pour se souvenir du drame du 17 octobre 1961.

Pour bon nombre d’Albertvillarien.ne.s dont les grands-parents, les parents, des frères ou des sœurs ont été témoins de ce terrible jour, cette date est hautement symbolique, pour le strict souci de justice, de reconnaissance et de partage de la douleur des proches des victimes.

A Aubervilliers, cette mémoire a imprégné les esprits, elle y est apposée avec fierté tout le long du canal, du Quai Adrien Agnès, résistant anti-nazi, au Quai Jean-Marie-Djibaou, résistant anti-colonialiste, Lounes Matoub, résistant anti-intégriste, quai Josette et Maurice Audin, militants de la cause anti-colonialiste ou encore au détour de nombreuses rues comme la rue Mouloud Aounit, militant antiraciste. Chacun à leur époque, ils ont lutté pour le respect, la liberté, l’égalité, la fraternité et la dignité humaine.

50 ans plus tard, les militants anti-colonialistes ont enfin obtenu en 2012 la reconnaissance par la France de ce crime d’Etat et la vérité sur ce massacre que l’on nomme enfin la guerre d’Algérie. Mais le combat n’est pas terminé, il faut désormais obtenir la déclassification des archives pour que toute la vérité sur la responsabilité du pouvoir politique de l’époque soit mise en lumière.

Aujourd’hui, 59 ans après ce massacre, la maire de droite d’Aubervilliers a décidé de ne pas commémorer officiellement et dans la tradition de notre ville cette date tragique.

Avec l’association 93 au cœur de la République, que nous remercions pour l’organisation, les communistes d’Aubervilliers, aux côtés des forces de gauche de la ville ont déposé une gerbe sous la plaque de la passerelle de la Fraternité et jeté des oeillets dans lle canal Saint-Denis, en mémoire des vies injustement et brutalement perdues pour la paix et la liberté. Pour terminer ce devoir de mémoire, nous nous sommes recueillis sur la place du 17 octobre 1961 inaugurée en 2015 par Pascal Beaudet.

Aujourd’hui, encore plus qu’hier, nous devons mener ces batailles pour ne pas oublier, pour que cessent les guerres, pour que prévalent partout le dialogue, des solutions politiques, pour que le monde soit désarmé, pour que soient éradiquées toutes les exploitations ou les oppressions, pour que cesse le colonialisme et toutes formes de racisme.

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