Compte-rendu de la rencontre de quartier du 7 novembre à La Maladrerie

La parole aux habitants du quartier Maladrerie/Émile Dubois !

lundi 11 novembre 2013

Ce jeudi 7 novembre, près de 80 personnes étaient rassemblées dans la réunion organisée par Pascal Beaudet à l’école Paul Langevin dans le quartier de la Maladrerie.

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Après une brève introduction rappelant la démarche de la liste de large rassemblement qu’il conduit aux élections municipales de mars 2014, Pascal Beaudet lance la discussion pour que les habitants puissent s’exprimer sur les sujets qui les intéressent.

La première intervention porte sur le projet d’éco-quartier au Fort d’Aubervilliers et sur l’objectif de construction de 2 000 logements. Cela amène des interrogations sur la densification de ce quartier déjà très dense de part et d’autre de la nationale (La Maladrerie et Emile Dubois côté Aubervilliers, les Courtillières côté Pantin). La question subsidiaire étant celle des équipements : qu’est-ce qui est prévu en terme de transports, d’équipements publics – écoles, équipements sportifs, culturels, etc – pour accueillir une population de 9 000 personnes ? L’intervenante fait remarquer que depuis 6 ans, aucun nouvel espace vert n’a été réalisé, alors que des centaines de logements nouveaux ont été construits. Dans une ville comme Aubervilliers déjà très peuplée, cela est incompréhensible et ne contribue pas à la qualité de vie.

La question de l’aménagement de l’espace public au cœur des débats

Comment se fait-il, demande la même intervenante, que l’on construise des logements, des espaces d’activité comme par exemple un data center sur le site de France Machine Outils, des commerces... sans prendre en compte l’aménagement de l’espace public ?

Enfin, elle pointe le quartier de la porte d’Aubervilliers et la construction du Millénaire, qui ne répond pas aux besoins de la population de la ville et qu’elle considère comme un échec. Un intervenant fera remarquer plus tard au cours de la réunion que la Porte d’Aubervilliers, ce n’est pas Aubervilliers, c’est le « quartier Icade ». On a l’impression d’un espace privatisé dans la ville.

Un ancien élu de l’équipe de Pascal Beaudet rappelle dans quelles circonstances ce projet a vu le jour, à une époque où la porte d’Aubervilliers était délaissée et où on ne connaissait pas une telle saturation de projets commerciaux. La réalisation du Millénaire a pris plusieurs années de retard à cause des nombreux recours. La conception du centre commercial est peut être dépassée. Mais il faut se rappeler que l’objectif était de créer des emplois. Cela ramène donc à la question de l’équilibre à trouver entre le développement de l’activité économique et les exigences en matière sociale et environnementale.

La deuxième intervenante oriente son propos sur d’autres problématiques : la place d’Aubervilliers dans le cadre de la métropole du Grand Paris, la question des rythmes scolaires et le positionnement par rapport au personnel communal. Elle note le malaise qui existe parmi les agents communaux, qui ne se sentent pas respectés par les élus.

Pour un des participants à la réunion, le problème est l’objectif des 100 000 habitants que s’est fixé le maire actuel. Les constructions privées sont importantes – près de 3 000 logements livrés entre 2008 et 2014 – mais rien n’a été anticipé sur les besoins en équipements. Ce manque d’anticipation est clairement mesurable dans l’accueil de la petite enfance et de l’enfance. Pour faire face aux besoins, l’équipe actuelle a construit une école en PPP qui coûte beaucoup plus cher à la ville qu’une école en maîtrise d’ouvrage publique. Elle a réalisé une école inter-communale avec Saint-Denis. Mais compte-tenu des arrivées nouvelles, il faut d’ores et déjà prévoir les équipements nécessaires, à commencer par d’autres écoles. Par ailleurs, les promoteurs privés qui livrent opération sur opération, doivent être mis à contribution dans la réalisation des équipements publics. Ils ne peuvent pas se contenter de construire des centaines de logements et d’empocher les bénéfices, ils doivent participer aux équipements collectifs nécessaires pour intégrer correctement les nouveaux habitants.

Quant au projet du Fort d’Aubervilliers, sur lequel Pascal Beaudet précise qu’il n’a que très peu d’éléments, il est parfaitement re-négociable, même s’il s’agit d’une ZAC d’Etat (zone d’aménagement concerté). Lorsque Pascal Beaudet était maire, la municipalité avait un projet très différent, avec du logement mais surtout une dominante verte pour permettre aux habitants du quartier de respirer.

Sur la question du personnel communal, Pascal Beaudet confirme qu’il a pu constater le mal-être des agents. Les relations entre les élus et le personnel sont dégradées. Or, ce sont les agents communaux qui appliquent la politique décidée par les élus. Il faut donc que les élus et le personnel communal renouent des relations apaisées basées sur le respect des missions des uns et des autres. Il propose, s’il est élu, la tenue d’assises du personnel.

Plusieurs intervenants abordent ensuite la question de l’environnement et de la dégradation de leur quartier. Y a-t-il un projet sur le devenir de la caserne de gendarmerie qui se dégrade ? Que devient le théâtre Zingaro dans le projet d’éco-quartier ? Comment faire pour stopper la dégradation de la Maladrerie, notamment dans les parties communes des immeubles, ou à l’extérieur, celle du matériel urbain et de la propreté ?

Pour un intervenant qui habite depuis plus de 30 ans à Aubervilliers, le quartier de la Maladrerie quand il a été construit, était un projet précurseur, avec une architecture originale, ses terrasses, ses jardins, ses espaces communs. Aujourd’hui, le quartier aurait besoin d’une rénovation de grande ampleur, qui prenne en compte et qui préserve cette originalité.

Tout doit être fait pour que les jeunes puissent se construire et s’épanouir

Dernière question abordée, celle de la sécurité. Une habitante, qui était auparavant à La Villette, explique que depuis son arrivée à La Maladrerie en 2009, elle a été cambriolée deux fois. Les services techniques de l’OPH se sont déplacés mais ils n’ont rien mis en œuvre pour renforcer la protection de son appartement, alors qu’elle vit en rez-de-chaussée.

Une autre habitante témoigne qu’allée Pierre Prual, les halls sont systématiquement occupés par des jeunes et qu’il y a des tentatives d’intrusion chez des personnes isolées et âgées. Cela est difficile à vivre d’autant que la police ne se déplace pas et que l’OPH ne fait rien pour résoudre ces problèmes.

Plusieurs participants pointent la question des jeunes en déshérence. Pascal Beaudet, en tant qu’enseignant, affirme qu’il faut toujours chercher une solution car aucun jeune n’est irrécupérable. Certains comportements sont inexcusables et doivent faire l’objet de sanctions. Mais il faut aussi travailler sur la prévention et la médiation. Une habitante de La Maladrerie déplore la disparition de la police de proximité, qui connaissait les jeunes et pouvait établir un dialogue avec eux. La suppression de cette police a grandement contribué à la dégradation de la situation.

Un jeune met en avant l’attitude de la police, qui est mal formée et pratique le contrôle au faciès. Les relations entre les jeunes et la police sont forcément tendues.

Une jeune participante souligne qu’il faut un accompagnement dès le plus jeune âge pour empêcher le décrochage scolaire et pour ne pas couper les relations entre les jeunes et les institutions, quelles qu’elles soient. C’est ce sentiment d’être ignorer, de ne pas exister, qui fait le lit de comportements asociaux.

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Une prise de note en direct qui permet que conserver une trace des échanges

Pour une autre habitante, il faut se garder de cataloguer les jeunes comme étant des délinquants potentiels. L’écrasante majorité des jeunes ne sont pas et ne seront jamais des délinquants. Les jeunes, c’est l’avenir et il faut donc tout faire pour qu’ils puissent se construire et s’épanouir.

Pascal Beaudet a rappelé que toutes les propositions concrètes ont été notées en direct et qu’elles seront examinées afin d’être intégrées au programme. Il a conclu en invitant les participants à venir le 12 décembre à l’Espace Fraternité à partir de 19h pour une réunion de clôture et de bilan des rencontres de quartier.

Caroline Andreani

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