Mort de Pierre Mauroy : une déclaration de Jack Ralite

vendredi 7 juin 2013

Ce grand départ de Pierre Mauroy m’affecte beaucoup.

On n’est pas son ministre pendant 3 ans sans que se créent des liens ineffaçables. Nous avons travaillé ensemble avec énergie, courtoisie et respect.

On connaît son bilan : la retraite à 60 ans, l’impôt sur les grandes fortunes, la première décentralisation, les nationalisations, l’abolition de la peine de mort, les 39 heures, la 5° semaine de congés payés, la multiplication des scanographes dans les hôpitaux pour évoquer une dimension de mes responsabilités, etc. etc.

Il a animé l’équipe gouvernementale avec son tempérament chaleureux et son attachement au milieu populaire dont il était issu et qui plus tard après 2000 alors que des freins étaient mis à la démarche sociale eut cette réplique fondamentale : « Le mot ouvrier n’est pas un gros mot que je sache ». Je l’ai accompagné plusieurs fois dans ses déplacements dans les entreprises où il aimait rencontrer les salariés. Avec eux, ces « experts du quotidien » qui ont tant de « connaissances en actes », il était en phase et les écoutait.

C’était un homme bon, et même quand on s’opposait, cela m’est arrivé, pour résoudre la contradiction il ne vous ôtait pas son amitié.

J’ai toujours gardé contact avec lui. La dernière fois que je l’ai vu c’était un midi au Sénat, où il aimait manger un sandwich avec sa collaboratrice à la buvette. On s’est rappelé nos souvenirs communs, et surtout celui-ci : le gouvernement Pierre Mauroy reste dans l’Histoire de France à ce jour le premier gouvernement où la gauche toute entière s’est retrouvée depuis la scission du congrès de Tours. Il en était très fier. Ce moment qu’il avait animé auprès de François Mitterrand était pour lui une sorte de soleil de sa vie politique. Cela est inoubliable.

Le 7 juin 2013