Rififi dans la culture à Aubervilliers

jeudi 23 mai 2013

Abderrahim Hafidi, le transparent adjoint à la culture d’Aubervilliers a probablement écrit le texte du groupe « Radical de Gauche » dans la revue municipale, mais cette fois il ne l’a pas signé. De quoi parle t’il ? Du conservatoire et de la succession de Didier Bezace au Théâtre de la Commune.

Au lieu de se féliciter de l’ampleur de la mobilisation, contre la suppression
par l’État de 25 % des crédits du conservatoire, le texte « attribué » au groupe Radical de Gauche s’en prend aux « turpitudes et aux intrigues de certains qui sèment la confusion en se présentant comme les défenseurs testamentaires de la culture à Aubervilliers » lesquels « continuent à s’agiter dans le bocage ».

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Sont élégamment visés : Jack Ralite, Pascal Beaudet, les militants du Front de Gauche, mais aussi et surtout les professeurs, les parents, le directeur du conservatoire, tous soutenus par 7 000 pétitionnaires et 2 rassemblements au ministère de la culture.

C’est navrant ! Car si le gouvernement à dû céder, en renonçant à une de ses mesures dictée par l’austérité budgétaire, en rétablissant la subvention supprimée du conservatoire, c’est bien parce qu’il y a eu, face à une injustice scandaleuse, un rassemblement inédit.

Mais mon cher Abderrahim, puisqu’à coup sûr vous êtes l’auteur du texte non signé, vous devriez, tout au contraire vous réjouir, comme nous, de la belle victoire obtenue par celles et ceux qui ont contribué à ce recul gouvernemental, à cette brêche dans l’absurde logique austéritaire... et tant mieux si, si peu que ce soit, même vous, vous y avez contribué !

En poursuivant l’édito on devine que le même petit état d’esprit anime la question de la succession de Didier Bezace en réalité, inamicalement remercié puisque la ville et le conseil général socialistes ont tout fait pour empêcher le prolongement d’un an du contrat de Didier Bezace à la Commune.

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D’ailleurs, il suffit de lire ce qu’en dit la plume signataire de l’édito : « Dans quelques semaines la nouvelle direction qui sera choisie pour... prendre la suite du travail remarquable effectué par Didier Bezace, avec l’espoir qu’elle apportera une autre respiration pour un théâtre en phase avec son territoire et sa transformation ».
C’est tout vous et très reconnaissable ! Par devant un sourire, par derrière une phrase assassine ! Bezace n’a pas su faire « un théâtre en phase avec son territoire ». Fermez le ban ! Plutôt que de nous accuser d’être les « tuteurs testamentaires », « les gardiens de l’orthodoxie du théâtre avant-gardiste » en s’en prenant une fois encore, sans le nommer à Jack Ralite, la plume du parti Radical de Gauche d’Aubervilliers devrait honnêtement se souvenir de son passé, de son accueil par les communistes sur la liste conduite par Jack Ralite.

Et puis, l’adjoint à la culture fraîchement élu en 2008, devrait essayer de comprendre ce qui n’a pas marché dans sa volonté de capter un héritage culturel qui heureusement l’a dépassé et l’oubliera plus vite qu’il ne le pense... si ce n’est déjà fait !

Nous, nous nous ferons un point d’honneur d’accueillir la nouvelle direction du théâtre de la commune que nous voulons indépendante et libre de ses choix, face à l’actuelle municipalité comme toutes les directions artistiques l’ont été jusqu’ici, dans cette ville, depuis la fondation du théâtre !

Et pour commencer, que le Conseil Général socialiste rétablisse, comme le gouvernement vient de le faire pour le conservatoire, les 20 000 euros de subventions qu’il vient de lui supprimer !

Abderrahim pourquoi tu tousses ?

Lucien Marest

21 Messages

  • Rififi dans la culture à Aubervilliers Le 24 mai 2013 à 14:00, par défenseur du théâtre

    Didier Bezace a publié un communiqué, disponible à l’accueil du Théâtre de la Commune ; le voici.

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    • Rififi dans la culture à Aubervilliers Le 31 mai 2013 à 10:07, par A l’insu de mon plein gré

      Voilà à quoi conduit l’élection de 2 Conseillers généraux communistes à Aubervilliers :
      M le Maire avoue ne plus savoir ce qui se trame au Conseil général !
      Mais dès lors tout va changer piusqu’il le dit.

      « Votre courrier du 14 mai 2013 m’informe de l’amputation de 20 000 euros du budget 2013 du Théâtre de la Commune, décidée par le Conseil général. Seul centre dramatique national du département, visé par cette décision au prétexte d’un rééquilibrage nécessaire entre les institutions, face à des difficultés financières que nous ne nions pas.
      Je m’associe à votre protestation et engage les entretiens et négociations nécessaires pour convaincre les responsables de l’injustice et de l’inopportunité de cette restriction budgétaire. D’autant que nous venons de choisir ensemble celle qui devra vous succéder à la tête du Centre dramatique national d’Aubervilliers, Marie-José Malis, et que des conditions optimales doivent être réunies pour poursuivre l’œuvre entreprise par Gabriel Garran, Alfredo Arias, Brigitte Jacques, François Regnault et vous-même depuis le 1er juillet 1997. »

      Le texte intégral : http://www.ps-aubervilliers.fr/wp-content/uploads/2013/05/Lettre-a-DB.pdf

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  • Rififi dans la culture à Aubervilliers Le 24 mai 2013 à 15:43

    Monsieur Marest,
    certes vous avez raison de stigmatiser l’attitude des "tutelles" locales sur la culture. Mais franchement qu’espériez-vous ?
    Comment imaginer que ces types aient la moindre capacité à œuvrer avec les autres sans rien espérer de plus que le bien commun ?
    En plus de 10 années de responsabilité, le monsieur que vous citez n’a rien fait d’autre que suivre le fil de l’eau, se dresser sur ses courts ergots et manger des petits fours... alors ?
    Exemplaire de longues années tant au plan de la liberté laissée aux artistes que dans le soutien sans faille à la culture, Aubervilliers n’est plus sur ce plan qu’un tas de ruines dans lequel les acteurs culturels tentent de maintenir. Mais visiblement les tares locales et les coupes budgétaires nationales se rencontrent pour émietter encore davantage, fragiliser voire enterrer tout le travail accompli au fil des décennies précédentes.
    La petitesse, l’autoritarisme risible, le réseautage et l’absence d’ambition autre que le contrôle et la mainmise mènent ainsi à la banalité destructrice. Le contraire de la culture.

    Alors, y a-t-il de quoi s’étonner ?

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    • Rififi dans la culture à Aubervilliers Le 24 mai 2013 à 19:12, par Beati pauperes spiritu

      Vous avez raison, dans ses fonctions le monsieur en question fait toujours dans la petitesse même lorsqu’il se dresse sur ses petits ergots à la moindre contrariété. Il faut l’excuser car il fait des efforts et tente régulièrement de prendre de la hauteur pour convaincre de sa grande culture. Peine perdue, malgré son acharnement et ses efforts il n’y parvient pas. En règle générale, il prend appui sur de multiples citations pour déverser son trop plein d’anticommunisme. Cette fois, on échappe aux citations, mais pas à son anticommunisme. Il faut lui pardonner car l’anticommunisme fait parfois tenir à des gens intelligents des propos d’imbéciles. Reste encore, au dit personnage, de nous faire la preuve qu’il fasse bien partie des gens intelligents. C’est loin d’être gagné.

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  • La gagnante est... Le 25 mai 2013 à 13:42, par beo

    C’est donc Marie-José Malis qui a été nommée par Aurélie Filippetti à la direction du Théâtre de la Commune, en remplacement de Didier Bezace dont le contrat arrive à expiration le 31 décembre 2013.

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    • La gagnante est... Le 26 mai 2013 à 08:34, par Pandora

      Communiqué de Madame le Ministre :

      « Nomination de Marie-José Malis à la direction du Théâtre de La Commune, centre dramatique national d’Aubervilliers

      Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, en accord avec Jacques Salvator, maire d’Aubervilliers et Stéphane Troussel, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis a nommé Marie-José Malis à la direction du Théâtre de la Commune – Centre dramatique national.

      Normalienne, Marie-José Malis dirige depuis 1996 la compagnie La Llevantina et signe des mises en scène revendiquant un attachement au texte et au sens.

      Forte d’un parcours riche et diversifié, marquée par son engagement sur les questions de territoire et de transmission, elle a été en résidence ou associée à des lieux aussi divers que Le Forum au Blanc-Mesnil, le CentQuatre, la Comédie de Genève, ou le Nouveau Théâtre de Montreuil.

      Le projet de Marie-José Malis pour le Théâtre de la Commune repose sur une collégialité d’artistes très complémentaires et irriguant toutes les actions menées. Elle a ainsi élaboré des propositions de formes théâtrales nouvelles, de programmations alternatives et une adresse spécifique faite au public adolescent.

      Marie-José Malis succédera le 1er janvier 2014 à Didier Bezace, qui a mené au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers une aventure artistique exceptionnelle et qui poursuivra à compter de cette date son activité de création en compagnie indépendante.

      Publié le 24/05/2013 »
      http://www.culturecommunication.gouv.fr/Espace-Presse/Communiques/Nomination-de-Marie-Jose-Malis-a-la-direction-du-Theatre-de-La-Commune-centre-dramatique-national-d-Aubervilliers

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      • La gagnante est... Le 30 mai 2013 à 20:51

        L’artiste qui arrive n’y est pour rien, mais une phrase comme "une collégialité d’artistes très complémentaires et irriguant toutes les actions menées"... ça sent bon le technocrate !

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  • Ce n’est qu’un début, le combat continue ! Le 30 mai 2013 à 14:13, par parent du CCR

    Il manque toujours 140 000 € pour boucler le budget 2013.

    Le CA du CCR pourrait décidé d’augmenter de 50% les droits d’inscriptions et de licncier 22 personnes (19 professeurs + 3 administratifs).

    La mobilisation est déterminante, nous l’avons vu pour récupérer les 132 000 € auprès du ministère de la culture.

    Venez nombreux à l’AG du personnel et parents du crr ce vendredi 31 mai à 20h au concervatoire à la Courneuve.

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    • Ce n’est qu’un début, le combat continue ! Le 30 mai 2013 à 15:53, par Gigi

      M Abderrahim Hafidi (4ème adjoint au maire en charge des Politiques et pratiques culturelles, Maison des cultures) n’aura aucun mal à résoudre ce nouveau coup pied de l’âne au CRR ne serait-ce, qu’avec l’appui de Monsieur le Maire si prompt à décrocher son téléphone et à se glorifier, par le biais de déclaration de sa majorité municipale de l’action menée par d’autres sur le terrain :

      « Grâce à la mobilisation du maire, des élus, des parents et des personnels
      du Conservatoire à Rayonnement Régional d’Aubervilliers - La Courneuve, nous avons obtenu au début du mois de mai la confirmation que la subvention du ministère de la Culture était maintenue.
      Une bonne nouvelle pour le CRR qui sera inauguré à la rentrée ! »

      http://www.ps-aubervilliers.fr/wp-content/uploads/2013/05/2013.5.23-tract-CM-mai-2013.pdf

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    • Ce n’est qu’un début, le combat continue ! Le 2 juin 2013 à 13:27, par parent d’élève

      A ce jour, la mairie de la Courneuve est prête à assumer ses responsabilités en donnant 60 k€ correspndant à sa quote part (40%). Il faut maintenant que la mairie d’Aubervilliers assume les siennes, ce qui correspond à 80 k€ (60%).
      Va-t’elle laisser licencier 22 personnes au concervatoire alors que dans le même temps, elle lui demande d’intervenir dans le cadre des rythmes scolaires ?

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