Écrire une nouvelle page de l’histoire d’Aubervilliers

Intervention de Jack Ralite, le 18 avril

mardi 30 avril 2013

Chacune, chacun d’entre vous,

Je veux tout de suite vous dire mon très vif plaisir d’être ce soir avec vous si nombreux dans l’Espace Fraternité, dû à ton initiative cher Pascal, pour lancer notre participation aux élections municipales du printemps 2014 sous la conduite dynamique et d’esprit de rassemblement de Pascal Beaudet, conseiller général et ancien maire d’Aubervilliers.

Vous le connaissez bien, moi aussi. C’est un homme à « l’heure exacte de la conscience » et qui ne veut pas laisser aller le cours qu’a pris Aubervilliers à travers un non respect de la règle du désistement républicain rompant le chemin d’unité que nos anciens avec André Karman avaient construit avec courage dans cette ville.

Vous avez apprécié Pascal dans son travail de maire, dans son action opiniâtre pour notre ville et tous ses habitants. Voilà un albertivillarien de cœur, un instituteur qui sait écouter et surtout entendre ses concitoyens à la rencontre desquels il n’a cessé d’aller très régulièrement. Rien d’étonnant à ce qu’il ait été, rappelez-vous, l’initiateur voici 16 ans en 1997 de la démarche quartier, cette démocratie concrète participative où l’on construit les réponses aux besoins de la population dont tant de membres sont des « experts du quotidien » pleins de connaissances en actes à écouter éperdument. Ces réponses impliquent aussi un personnel communal respecté à qui on redonne la main.

Avant 2003, Pascal Beaudet a prouvé sa sincérité au service des autres. De 2003 à 2008, comme maire, il a été un fédérateur n’excluant personne pour qui la politique est un engagement et non une carrière.

Aujourd’hui il conçoit avec celles et ceux qu’il rencontre, une nouvelle page de l’histoire d’Aubervilliers qui exprime son ardent besoin de retrouver sa cohésion et dont je suis sûr qu’il va vous parler bien mieux que je ne le ferai.

Il n’est pas un homme de revanche, mais un homme d’amitié, sincère, probe, incorruptible, fidèle, attaché à la continuité inventive de l’histoire d’Aubervilliers.

Pascal Beaudet est un homme politique efficace, loyal, constructif, digne, animateur d’une politique de la nouvelle génération, sachant, comme dit Aragon, «  se souvenir de l’avenir », un élu sensible, disponible, simple, qui traverse la rue pour saluer ses concitoyens, dont les propositions d’avenir sont toujours habitées d’une grande tendresse sociale. Il était et redeviendra un maire pour les Albertivillariens.

Jean Jaurès dirait : « Combien grande serait une humanité où tous les hommes respecteraient la personne humaine en eux-mêmes et dans les autres ». Pascal est de cette étoffe. Il a de l’hospitalité pour l’autre quelle que soit sa différence ce qui est une garantie pour le pluralisme qui marquera la liste Front de Gauche et au-delà qu’il va conduire et qui respectera scrupuleusement les habitants et ne les triera pas d’après les jours d’avant.

Aubervilliers rassemblée sera un rempart précieux à l’austérité qui blesse tant de vies et de personnes, au point qu’elles se croient inutiles et donc en trop dans la société, alors que les pratiques juridiques internationales consistent pour les grandes fortunes à choisir la loi de l’État dans laquelle elles trouvent leur avantage.

Sur cette question de l’austérité, prenons un exemple. Aubervilliers, avec La Courneuve, possèdent un Conservatoire à Rayonnement Régional, de grande qualité, dont les 125 professeurs accueillent, ce qui est très rare en France, les enfants quelles que soient leurs origines et la situation sociale de leurs parents. Pour Aubervilliers, ils sont 1551 au Conservatoire, 4800 que le Conservatoire éduque musicalement dans les écoles et bientôt 80 étudiants de niveau supérieur. C’est un régal pour les familles de voir l’influence heureuse de l’écoute et de la pratique de la musique chez leurs enfants. Bientôt ce Conservatoire aura face au Théâtre de la Commune une vraie, grande, belle et fonctionnelle maison de la musique, lancée par Pascal Beaudet. Or, elle vient d’être frappée d’une mesure austéritaire puisque l’État a réduit sa participation de 25 % qui, si elle est maintenue, serait un préjudice considérable pour les jeunes. L’émotion est vive,. 22 professeurs seraient licenciés. Ils ont d’ailleurs fait grève à plus de 80%. Les parents viennent de reconstituer leur association de parents d’élèves. Les grands élèves agissent aussi. Pascal Beaudet est intervenu, la ville également, mais la réponse ne vient toujours pas. A qui fera-t-on croire que n’est pas trouvable dans la cassette de l’État la somme, en vérité dérisoire -140 000 euros- mais décisive pour le fonctionnement du Conservatoire. Cette œuvre de 56 ans serait mise en échec par un non respect des engagements pris. Parents, professeurs et grands élèves ont raison de prévoir des actions. La musique peut faire du bruit après tout !

C’est en en faisant qu’a pu être construite et inaugurée récemment la station de métro « Front Populaire », Pascal s’en souvient, qu’ont été construits, il y a longtemps, les deux lycées d’Aubervilliers, je m’en souviens. Rien n’est jamais tombé du ciel chez nous.

Comme dit l’immense musicien Pierre Boulez : « L’histoire n’est pas ce qu’on subit, elle est ce qu’on agit » et tout le monde devrait savoir que : « L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées. » (…) « Les hommes et les femmes peuvent se retrouver une tête au-dessus d’eux-mêmes. ».

Je parie qu’Aubervilliers connaîtra une belle et exigeante fête de la musique le 21 juin. Ne laissons pas toucher au Conservatoire qui a déjà 7000 signatures et le soutien de l’assemblée des directeurs de Conservatoires de France. C’est notre bien commun. Monsieur Meunier, l’ancien directeur m’a téléphoné sa solidarité. Dans ces conditions difficiles les actions pour le Conservatoire sont un exemple parce que tous ceux qui aiment cette ville répondent positivement à la question de l’action et de son calendrier. Chacun se dit intimement «  Si je n’en suis pas, alors qui ? si je n’agis pas tout de suite alors quand ? ».

J’ai pris un peu de temps pour raconter cet épisode qui s’il n’aboutissait pas créerait chez les enfants des « retards d’avenir », ils seraient inaccomplis.

Je veux vous dire : À Aubervilliers habitent beaucoup d’enfants de familles pauvres. Avec leurs parents, nous ne voulons pas qu’ils deviennent de pauvres enfants. Le Conservatoire les augmente pour la vie. Tout comme le Théâtre de la Commune qu’ils fréquentent souvent et dont je salue affectueusement le talentueux directeur, Didier Bezace, au moment où il nous quitte après 16 ans de création qui ont foré profond chez les enfants.

Notre ville d’Aubervilliers, rude et tendre, et ses « gentils enfants » comme chantait Prévert, est beaucoup concernée par le TCA :
« La forme artistique recèle un principe social actif » (…) « L’art donne forme à l’inachevé
 » (…) « L’art ne montre pas ce que l’on voit sans lui » (…) «  L’histoire de l’art est celle d’un instrument culturel d’action sur soi ».

C’est pourquoi, de Gabriel Garran, le fondateur du Théâtre de la Commune, à Didier Bezace, son refondateur, nous avons toujours respecté sans faille, ni dérive, les artistes alors que se développe aujourd’hui à l’abri de la pensée rentabiliste, de la marchandisation de l’urbain, une légèreté coupable à leur égard.

En 1967, Gabriel Garran avait mis en scène une pièce d’Eugène O’Neel : « Le Marchand de Glace est Passé ». La mise en scène était magnifique. Elle n’eut aucun succès. Eh bien, le Comité de Section d’Aubervilliers du Parti Communiste Français a distribué dans chaque foyer une lettre où il garantissait à Gabriel Garran sa liberté de création. Nous ne dérogerons pas.

Allons je dois conclure. Pascal, nous mettons beaucoup d’espoirs en toi et en ceux qui vont se retrouver à tes côtés sur la liste de rassemblement pour un Aubervilliers de solidarité, de réalisations sociales et humaines, de résistance aux ensorcelés de la faveur.

Toi, tu peux avoir confiance en nous qui sommes des partisans, heureux de se jeter au bout d’eux-mêmes, pour en finir avec l’inertie des choses, pour se lancer dans de nouveaux commencements.

As-tu vu le nombre de jeunes qui sont là ce soir et qui vont, j’en suis sûr, mettre leur fougue, et pourquoi pas leur rage, au service de ce couple singulier pluriel, c’est-à-dire toi et nous, avec comme objectif de ne laisser personne de ceux qui veulent écrire une nouvelle page de l’histoire d’Aubervilliers, hors de la votation.

Je souhaite que toi et tes 48 colistiers soyez comme jamais les lucioles d’Aubervilliers.