Aubervilliers mobilisé contre l’austérité

mercredi 3 avril 2013

Le 28 mars, à l’école Robespierre, l’assemblée citoyenne du Front de Gauche d’Aubervilliers invitait à un débat sur la politique d’austérité, présidé par Pascal Beaudet, avec Didier Le Reste, animateur de Front de Gauche des luttes et Martine Caron, secrétaire départemental du SNUIPP 93.

La soirée commence par un film sur les services publics, retraçant différentes
expériences, tant sur des remises en cause, généralement dictées par l’Union Européenne, comme la loi NOME sur la nouvelle organisation du
marché de l’électricité, que sur des points d’appui, telle une régie publique de restauration dans une ville de la région parisienne.

Dans l’Éducation Nationale, comme ailleurs, une seule logique : faire des économies à tout prix

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De gauche à droite : Didier Le Reste, Pascal Beaudet, Martine Caron

Martine Caron, pour le SNUIPP, est ensuite intervenue pour prendre en exemple la situation de l’éducation dans le département.
Depuis 2007, la Seine-Saint-Denis compte 1200 élèves de plus sans qu’un seul poste d’enseignant n’ait été créé. Les postes non remplacés représentent un an d’enseignement en moyenne sur l’ensemble d’un cursus d’un élève du département.
Avec la création de 60000 postes au niveau national, décidée par l’actuel gouvernement, on ne fait que récupérer le retard pris depuis une dizaine d’années.
Depuis l’alternance d’il y a un an, on reste dans la même logique. On casse la notion de service public et de solidarité. On raisonne en réussite pour chacun, et non plus en réussite de tous. L’objectif est de casser l’esprit de corps des enseignants.

L’état se défausse systématiquement de ses responsabilités pour les renvoyer aux familles, aux enseignants et aux collectivités territoriales.
Concernant l’actuelle réforme de l’école, il est déplorable qu’à aucun moment
la communauté éducative n’ait été associée.

Didier Le Reste, ensuite, explique la démarche du front des luttes, véritable outil au service des salariés en lutte. La politique sociale libérale du gouvernement, actuellement mise en œuvre, peut être datée depuis la fameuse séquence des « pigeons » à la fin de l’été. L’accord national interprofessionnel (ANI) sur la flexibilité de l’emploi résulte complètement de cette dérive, puisqu’il s’agit en fait d’honorer des engagements européens, comme c’est d’ailleurs le cas pour la prochaine réforme des retraites en gestation.

Front de Gauche et Front des Luttes, mobilisés contre l’austérité

L’utilité du Front de Gauche est donc reposée dans cette nouvelle séquence, différente de la période électorale de 2012. Il ne s’agit pas, en effet, selon l’animateur du front des luttes et par ailleurs ancien dirigeant national de la CGT, de miser sur l’échec du gouvernement en espérant que le Front de Gauche devienne un recours.
Il faut au contraire lutter pied à pied pour infléchir la politique gouvernementale en créant un rapport de forces, en réactivant les forces de 2012.

Didier Le Reste fait ensuite un état des lieux des différentes mesures développées dans l’ANI, qui toutes traduisent un véritable recul sur le plan social, insistant notamment sur le fait qu’il sera beaucoup plus difficile pour un
salarié licencié d’agir en justice contre son employeur.

Un retour est fait ensuite sur la dette publique et le rôle des banques, cette
dette servant de prétextes aux politiques d’austérité, alors que les états se sont précisément endettés pour renflouer les banques.

Enfin, l’intervenant termine par les propositions du Front de Gauche, comme par exemple la création de pôles publics industriels régionaux pour défendre l’emploi.
Un rappel est fait sur la notion de « coût du travail », puisqu’il faut avoir en mémoire que la France est le pays d’Europe qui distribue le plus de dividendes aux actionnaires de ses entreprises.

Le problème est bien le coût du capital, et non celui du travail, preuve en est que les américains réinvestissent en France à cause de sa productivité et
de ses services publics.

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La salle ensuite prit la parole. Les participants qui intervinrent soulignèrent
le silence des médias sur le Front de Gauche et ses propositions.
Certains insistèrent pour que le Front de Gauche travaille à gagner une véritable conscience politique, car un mécontentement social sans contenu progressiste risque une nouvelle fois de faire le lit du Front National.

Pascal Beaudet, ensuite, pris la parole pour prendre l’exemple du Conservatoire Régional d’Aubervilliers-La Courneuve, menacé par une baisse de subvention drastique de la part du Ministère de la Culture.
Il salue la mobilisation des parents d’élèves et des enseignants, dont fait état un article du Monde paru le jour même.
Il pointe le risque que les acteurs concernés se retournent vers les collectivités locales si l’état les abandonne, ce qui reviendrait à acter un échec de la mobilisation.

Enfin, le conseiller général d’Aubervilliers-Est, avant que la réunion ne se termine, rappela aujourd’hui que même l’OCDE préconisait plus de souplesse
et moins d’austérité afin de ne pas trop casser ce qui reste de croissance en Europe.

Silvère Rozenberg

8 Messages

  • Aubervilliers avec le vengeur masquer Le 4 avril 2013 à 02:10, par Le Vengeur Masquer

    Pendant que Beaudet donne un cours sur l austerite au petits vieux du PCF , le meme jour Jacques Salvator se fait humilier sur le rythme des Enfants

    Elle est pas belle la gauche ?

    Le vengeur masquer a votre service

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  • Aubervilliers mobilisé contre l’austérité Le 4 avril 2013 à 10:48, par Lutte des classes

    Le problème, ce n’est pas les petits mensonges de Cahuzac, c’est toute cette bande d’experts, de journalistes, d’hommes politiques de « gauche » comme de droite, tous ces « sachants » qui viennent nous parler de la crise, nous expliquer la nécessité de faire des efforts, de se serrer la ceinture et qui portent ostensiblement les insignes de leur classe : des costumes, des montres, des stylos, dont le prix représente pour la plupart d’entre nous plusieurs mois de revenus.

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    • "de journalistes"...
      Ne pas confondre ceux qui font leur boulot en journalistes – en sortant l’affaire Cahuzac, l’affaire Sarkozy, l’affaire Bettencourt, l’affaire des contrats militaires avec le Pakistan et tant d’autres = et ceux qui commentent ou qui présentent le JT : c’est pas le même métier !
      Et ces derniers se refont aujourd’hui une virginité sur le dos de leurs confrères...

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  • Que les masques tombent ! Le 4 avril 2013 à 18:56, par Léna

    Il faut féliciter le Front de gauche pour l’effort d’éducation populaire qu’il déploie depuis maintenant longtemps. Les assemblées citoyennes sont devenues un élément incontournable de la vie démocratique locale.

    Que le "vengeur masquer" se délecte de bière devant sa télé et, accessoirement, révise son orthographe (il en a bien besoin) n’empêchera pas le Front de gauche d’avancer.

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