Conseil de quartier Maladrerie/Emile Dubois du 5 février 2013

Une bien curieuse soirée

samedi 9 février 2013

Que faut-il retenir de la réunion du conseil de quartier du 5 février 2013 ? Sans doute une affluence inhabituelle dont on trouvera ci-dessous l’explication et surtout, sans doute, le très curieux exercice de la désignation du « groupe citoyen » devant suivre le projet dit du Fort.

A vrai dire cette question était la question structurante de la soirée ainsi que le montra le départ de la réunion de plus de la moitié des participants, manifestement directement sollicités pour une participation à la soirée, dès que le sujet fut traité.

On entendit au préalable le maire exposer la démarche de mise en place de cet outil strictement consultatif à propos d’un projet dont on n’évoqua pas un seul instant le contenu. La société ayant en charge l’animation (rémunérée) du groupe évoqua quelques principes de fonctionnement, se montrant rassurante quant à la liberté d’expression qui y régnerait en compagnie d’une grande transparence.

Quelques questions furent néanmoins posées qui concernaient la lourde question de la pollution du site et du statut des membres du groupe. Il fut indiqué en réponse que la transparence réglerait la question de la pollution et que le groupe serait simplement composé d’individus ne disposant d’aucun mandat et ne « rendant compte qu’à leur conscience » (!).

Les problèmes résultant de la longue durée envisagée de l’opération de suivi (trois ans après un démarrage prévu fin 2014, autrement dit jusqu’en 2017) furent déclarés pouvoir être résolus sans problème grâce a un important stock « d’habitants volontaires » non intégrés pour l’instant dans le groupe.

Le groupe est en effet composé de trois éléments : cinq personnes désignées par les maires de Pantin et Aubervilliers, cinq personnes tirées au sort sur la liste électorale, cinq « habitants volontaires ».

S’agissant des deux premiers éléments, des noms furent dits et l’ont peut faire sans doute l’hypothèse que les personnes désignées avaient au préalable donné leur accord dès lors qu’elles se situent manifestement pour la plupart d’entre elles en proximité des réseaux de la « majorité municipale ».
Les « habitants volontaires » qui s’étaient signalés au nombre de 21 ne sont jusqu’ici pas connus pour leur implication dans la vie du quartier. On procéda donc, exercice édifiant, à un tirage au sort qui les classa de 1 à 21, les cinq premiers intégrant le groupe et les autres formant une file d’attente.

Ainsi cette désignation par le recours au hasard soldait la première étape d’une très curieuse démarche qui installe le contrôle citoyen dans une très lointaine relation à la démocratie.

Ces péripéties ne sauraient masquer que les questions de l’évolution du quartier vont devoir quitter la confidentialité des débats « d’experts » et des consultations formelles, pour ce déployer dans l’espace d’un citoyenneté en acte que les habitants du quartier vont s’attacher à construire.

André Narritsens