Communiqué du groupe des élus Front de Gauche au CG93

Nous disons NON à l’austérité pour les habitants de Seine Saint Denis !

lundi 28 janvier 2013

Trouver 30 à 40 millions d’euros pour équilibrer le 2013, voilà la terrible équation que doit résoudre Stéphane Troussel, mettant ainsi le département sous le régime de l’austérité. Mais cette équation est faussée dès le début pour l’état qui est loin de reverser ce qu’il doit au département. Nous reproduisons ci-dessous le communiqué du groupe des élus Front de Gauche au Conseil Général, dont Jean-Jaques Karman et Pascal Beaudet font partie.

Depuis 2004, la « décentralisation Raffarin » a transféré aux départements les prestations sociales [1], les personnels techniques des collèges, les routes nationales. Ce transfert s’est imposé aux conseils généraux avec des règles de compensation financière particulièrement défavorables pour la Seine St Denis. L’addition est énorme et elle a des conséquences graves pour les habitants.

Le Conseil général n’a que 2 solutions dans ce contexte pour boucler son budget : augmenter les impôts et baisser ou supprimer les subventions aux associations et aux communes. Certaines aides, pourtant destinées aux personnes les plus fragiles sont même remises en cause. C’est ainsi que la carte Améthyste se trouve augmentée ou que l’aide à l’achat de la carte Imagin’R est supprimée pour beaucoup de jeunes…

Stéphane Troussel, président du Conseil général, a réclamé au premier ministre un examen en urgence de la situation du département. Nous avons soutenu cette démarche. Depuis, dans un article du Parisien publié le 15 janvier dernier, il met en avant l’aide obtenue et la bouffée d’oxygène qu’elle représente. Mais il manque toujours 30 à 40 millions d’euros pour équilibrer le budget en 2013 !

Cela signifie qu’au stade actuel, non seulement ce qui a été supprimé ces 3 dernières années ne sera pas restauré mais il faudra en plus faire de nouveaux sacrifices. C’est le sens de la « nécessaire rationalisation des dépenses » préconisée par Stéphane Troussel.

Cela s’appelle l’austérité, celle voulue par l’Union européenne au travers de la « règle d’or » et votée par les députés socialistes et de droite, notamment de notre département.

Dans ce cadre, une nouvelle augmentation d’impôts n’est pas exclue. Nous défendons l’idée que l’impôt participe de la solidarité nationale et qu’il est indispensable à la vie d’un pays. Mais encore faut-il qu’il soit juste ! Nous considérons que les impôts locaux sont les plus injustes et si leur augmentation est destinée à faire payer aux habitants des dépenses sociales qui devraient être financées par la solidarité nationale, c’est inacceptable.

Lors du vote du budget 2012, Claude Bartolone, alors président du Conseil général, réclamait à juste titre au gouvernement Sarkozy 1,3 milliard d’euros (cette somme correspondant au transfert des charges non compensées). Aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, il ne le réclame plus. A contre-courant de cette résignation, nous continuons d’exiger ce milliard dû.

Grâce aux interventions de notre groupe et de l’ensemble de la majorité du Conseil général, le gouvernement socialiste/vert/radical a versé environ 30 millions d’euros à la Seine Saint Denis. Mais les mécanismes de compensation actuels restent insatisfaisants puisqu’ils opposent les départements urbains aux départements ruraux.

C’est pourquoi nous voulons une vraie réforme de la fiscalité locale et la reprise des dépenses sociales par la solidarité nationale.

C’est pourquoi nous demandons, dans un premier temps, que le gouvernement paye les 200 millions d’euros correspondant aux sommes transférées et non compensées depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. C’est ainsi que nous pourrons équilibrer le budget 2013 et répondre aux besoins des habitants.

Nous appelons la population à soutenir notre proposition.

Bobigny, le 25 janvier 2013

Notes

[1Prestations sociales : Revenu de Solidarité Active, Allocation Personnes âgées, Allocation Personnes Handicapées.

2 Messages

  • le PCF devra choisir ses alliances aux municipales de 2014 avec le PS ou contre lui Le 10 février 2013 à 09:29, par Pour ma part, j’ai choisi !

    Municipales : Claude Bartolone met en garde le PCF

    Le président PS de l’Assemblée nationale Claude Bartolone met en garde le PCF en déclarant que les communistes ne pourront pas "demander" les voix des socialistes s’ils n’ont comme "seul objectif d’affaiblir le président de la République et le gouvernement", dans un entretien dimanche au Parisien.

    "Je suis partisan du rassemblement, mais dans la clarté. Je ne crois pas aux additions de suffrages ou aux unions à la carte. Pour qu’il y ait accord électoral dans une ville, il faut que les partis qui le signent partagent l’essentiel du projet de société", explique le député de Seine-Saint-Denis.

    "C’est au PCF de choisir : on ne pourra pas venir demander les voix des socialistes pour maintenir des municipalités communistes tout en ayant comme seul objectif d’affaiblir le président de la République et le gouvernement", ajoute-t-il, alors que le congrès du PCF doit se terminer dimanche.

    A l’issue d’élections cantonales, Claude Bartolone avait pris en 2008 la présidence du conseil général de Seine-Saint-Denis, longtemps chasse gardée des communistes.

    Aujourd’hui, le PCF dirige 28 villes de plus de 30.000 habitants et 50 villes de 10.000 à 30.000 habitants, le plus souvent grâce à des alliances avec le PS.


    Par AFP | AFP –

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  • Nous disons NON à l’austérité pour les habitants de Seine Saint Denis ! Le 11 février 2013 à 09:37, par Ite, missa est

    Dimanche dans Le Parisien, le président PS de l’Assemblée, Claude Bartolone, a déclaré que le PC ne pourra pas « demander » les voix des socialistes aux municipales s’ils n’ont comme « seul objectif d’affaiblir le président de la République et le gouvernement ». « Personne, aucun ultimatum, chantage de je ne sais quoi ou qui nous fera renoncer à notre boussole », a répondu Pierre Laurent, tout aussi ferme à l’égard du ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, qui s’est interrogé sur Europe 1 sur « l’utilité » des communistes qui, contrairement à l’époque Jospin, ne sont pas dans le gouvernement. Pierre Laurent lui a rappelé que « la séquence s’est très mal terminée puisque la gauche n’était pas au deuxième tour après cinq ans de gauche plurielle… ».

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