Projection débat du film "Rêver le travail" le 29 mai 2012

Assemblées citoyennes, une affaire qui tourne...

mercredi 6 juin 2012

Il faut croire que les assemblées du Front de Gauche font recette si on en juge à la participation qu"elles suscitent. Et là où on craignait une certaine démobilisation suite au licenciement de Sarkozy, on a contraire l’impression d’un renforcement du noyau qui s’est constitué à travers les initiatives du Front de Gauche, et en particulier la dernière d’entre elles autour de la question du travail.

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Nombre d’habitants d’Aubervilliers ont le le sentiment du devoir accompli, mais, comme disait Mélenchon, il faut finir le travail dimanche prochain (les 10 et 17 juin ndmt).

Le travail, c’est précisément le thème de l’assemblée qui s’est tenue le 29 mai à l’école Robespierre, en présence de Marcel Trillat qui présentait son documentaire "Rêver le travail". Là aussi, il faut croire que le sujet intéresse à observer les visages découvrant un film d’une rare limpidité. Partant d’un radio-trottoir anodin gare Saint-Lazare, il nous laisse peu à peu pénétrer les blessures des acteurs qui dans leur magasin, leur usine, leur hôpital, leur tribunal, leur parc... vivent un malaise de plus en plus explicite dont ils analysent lucidement les causes par des organisations du travail deshumanisées. Le film se suffit à lui même, et pourtant

Le film révèle, le débat dérange

Julien Lusson qui a mené une recherche action auprès de la CGT Renault montre comment le décalage entre la perception syndicale et le vécu des salariés constitue un obstacle à lever pour créer le rapport de force indispensable pour faire aboutir l’action syndicale. De quoi interroger nombre de participants, eux mêmes impliqués à des degrés divers dans l’amélioration de leurs conditions de travail dans entreprise ou leur service public et qui vivent quotidiennement cette difficulté. "La belle ouvrage" comme le rappelle Marcel Trillat, plus explicitement le souci du travail bien fait que relèvent aussi, Gabriel Fernandez, médecin du travail et Jean-Luc Tomas, psychologue du travail, ne constituent plus une valeur reconnue là où les logiques financières (marges pour les actionnaires, RGPP...) se révèlent déterminantes dans les organisations qu’elles aliènent.

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Alors la logique d’évitement devient un recours comme le notent certains participants : arrêts maladie, recherche d’autres moyens de subsistance, pour se protéger... Solutions individuelles, elles traduisent une souffrance réelle et mais ne constituent pas une réponse collective.

Poursuivons donc le débat et le travail autour du travail. La soirée du 29 mai a été une bonne introduction et si vous l’avez ratée, visionnez le film de Marcel Trillat (cliquez ici). Vous ne serez pas déçus.

Et vous serez convaincu qu’avec cette question, on est au cœur des enjeux présidentiel et législatif.

Eric Plée