La question des logements illégalement occupés doit être réglée

mercredi 20 août 2008

Le 28 août 2008, le président de l’OPH, Ugo Lanternier, rencontrera les services préfectoraux sur la question des logements illégalement occupés [1]. Fin juin, le nombre de ces derniers s’établissait à 94. Ces « squats » sont essentiellement concentrés à la Maladrerie (40) au 112 rue Hélène Cochennec (23), à Emile Dubois (9).
Il s’agit là de l’héritage de plus de huit années d’attaques conduites par des réseaux mafieux, spéculant sur la misère et la crise du logement.

A l’automne 2007 en clôture de l’épisode de l’étrange campement installé devant les groupes scolaires Joliot-Curie et Langevin, un accord a été trouvé entre les squatteurs, le DAL (qui a toujours soutenu les squatteurs en refusant de prendre en compte que le logement social était attaqué) et la Préfecture, afin que le relogement des occupants illégaux soit assuré hors d’Aubervilliers.

Dix mois ont passé et la situation est quasiment inchangée. Il faut aujourd’hui la débloquer.
Ni la municipalité ni l’Office ne sont parties prenantes de l’accord intervenu, mais ils ont le droit et le devoir d’exiger que la Préfecture respecte ses engagements et que les appartements illégalement occupés soient restitués à l’Office.

Brève chronologie des occupations illégales

Fin avril et début mai 2000 une vague d’occupations déferle sur la cité de la Maladrerie. Très rapidement 59 logements vacants, car impropres à la location, (l’Office en grandes difficultés financières ne peut financer les lourds travaux de remise en état nécessaire) sont occupés selon un plan concerté et après que des « ouvreurs de portes » rémunérés aient préparé les intrusions. L’essentiel des occupants n’a pas d’attache avec Aubervilliers et certains viennent de province. Le Maire, Jack Ralite, refuse de céder au chantage au logement et multiplie les initiatives pour que des solutions humaines soient trouvées.

Après que des jugements d’expulsions ont été prononcés, la force publique procède à la récupération des logements. Appuyés par le DAL les squatteurs résistent et installent durablement un campement devant la Mairie. La population du quartier se mobilise fortement sous l’impulsion d’un Collectif d’habitants. En définitive au cours de l’année 2001, la quasi-totalité des logements est récupérée.
Les tentatives d’intrusions continuent cependant, parfois avec succès mais le concours de la force publique permet de contenir le nombre de logements squattés.

Une deuxième période s’ouvre en 2004 avec l’affaire dite des Près-Clos. La cité des Près-Clos (200 logements) étant promise à la démolition pour la fin 2004, le relogement des habitants a été entrepris. Alors que les solutions sont quasiment trouvées pour tous, une dizaine de squatteurs s’installent dans le premier immeuble entièrement vide d’habitants. Malgré les jugements d’expulsion prononcés, la préfecture refuse le concours de la force publique. Profitant de cela une trentaine de familles s’installent après avoir acquitté un droit d’entrée auprès des occupants précédents. En juin 2005, après plusieurs mois de procédure, la police procède enfin aux expulsions. Un campement de squatteurs s’installe à l’angle des rues H. Cochennec et Charles-Tillon pour plusieurs mois. En définitive des solutions d’hébergement provisoires sont trouvées qui permettent la levée du campement.

Certains des squatteurs insatisfaits occupent alors illégalement des logements des « Toits Bleus » dont la toiture est en réfection. D’autres lancent une opération d’occupation de logements vacants au 112 rue Hélène Cochennec.

Durant cette période, les expulsions de squatteurs se sont faites de plus en plus rares alors même que des intrusions se produisaient (30 en 2006, une dizaine en 2007) malgré les mesures de protection et de surveillance mises en place par l’Office dans un contexte de réduction constante des vacances de logements.

En juillet 2007, la préfecture, alors que les jugements d’expulsions ont été rendus depuis longtemps, décide d’octroyer enfin le concours de la force publique. Trois logements sont récupérés à la Maladrerie. Un campement s’installe devant les groupes scolaires Joliot-Curie et Langevin : aux trois familles expulsées s’en ajoutent plusieurs dizaines d’autres venues de la région parisienne qui exigent un logement. L’affaire est très médiatisée. La secrétaire d’Etat aux droits de l’homme (Rama Yade) apporte son soutien aux squatteurs et attaque les communistes. La municipalité et la direction de l’OPH ne cèdent pas, réaffirment les positions de principe qu’elles ont toujours défendues (droit au logement, respect des règles d’attribution dans le contexte d’une liste de demandeurs qui avoisine le chiffre de 4 000).

Le 25 septembre le Maire, Pascal Beaudet, est verbalement agressé par les squatteurs alors qu’il effectue une visite du quartier. Ils récidivent au cours de la réunion organisée en soirée, hurlant « dehors les communistes ! ». Des inscriptions le qualifiant de « raciste » et traitant les communistes de « fascistes » sont taguées sur des murs de la Maladrerie. Les habitants riposteront à ces agressions ignobles en réinvitant Pascal Beaudet le 14 novembre à l’Espace Renaudie.

Aucun message de soutien ne vient du Parti socialiste et des Verts, pourtant membres de la majorité municipale. Mais, Jacques Salvator, futur candidat à l’élection municipale, n’a-t-il pas déclaré dans L’Express du 7 septembre que le PCF a « instrumentalisé le campement à des fins électorales » ?.
Devenu maire d’Aubervilliers, il saura sans doute régler dans la concertation et avec humanité (pour reprendre un vocabulaire largement utilisé depuis huit ans par les socialistes d’Aubervilliers) la question des logements illégalement occupés.

Notes

[1Son prédécesseur à la direction de l’Office, Gérard Del Monte, malgré un grand nombre de démarches n’a jamais reçu de réponse à ses demandes d’entrevues.

2 Messages

  • Je suis d’autant plus d’accord avec la nécessité de récupérer les logements que j’ai cru comprendre que les indemnités d’occupation fixées par le tribunal et qui doivent être payées jusqu’au moment de quitter les lieux ne sont quasiment jamais acquittées. Autrement dit le logement est gratuit pour les "squatteurs".
    Je crois qu’il faut être clair : tout relogement doit avoir pour préalable le règlement de la dette.

  • Sans faire de procès d’intention, je suis très dubitative sur la détermination du directeur de l’OPHLM et du maire à règler la question des squatts.

    Le PS n’a jamais été clair sur ce dossier et a, parfois, plus que mordu le trait (ainsi E. Yonnet en septembre 2007, lors d’une réunion de quartier avait accusé J. Ralite d’avoir attiré les squatteurs en raison de son intervention à St Bernard et aux parrainages de sans-papiers).

    Les Verts sont quant à eux complètement suspects. Ils se sont constamment affichés en soutien aux squatteurs (je me souviens de photos du Parisien où MM. Monino et Maïza figuraient au premier rang) et M. Maïza a même démissionné du CA de l’Office en septembre 2007 je crois, pour protester contre l’action conduite à l’égard du campement.

    Le voici aujourd’hui vice-président de l’Office.

    On croit rêver !

    A moins qu’il ait reçu des assurances...