Aldo nous a quittés

lundi 13 février 2012

On se souvient de son look à la Cavanna, de sa silhouette reconnaissable à ses jambes dépliées tel un compas sur son scooter, de ses dessins à la Reiser. Francis Amorosino avait commencé par gratter dans la presse satirique. Il se reconnaissait bien dans Hara Kiri ou Charlie Hebdo. Il en a toujours conservé le style, devenant pendant près de 40 ans le dessinateur incontournable des cartes pour les festivités entourant la vie de ses collègues à la ville. Il n’a jamais quitté le dessin, à l’urbanisme où il assurait la cartographie du plan d’occupation des sols, puis aux ateliers où tout son personnage apparaissait à travers ses croquis. Pas besoin de signer, son coup de patte était immédiatement reconnaissable : il préparait toujours les grands évènements par des schémas qui en disaient bien plus qu’une longue explication.On se souvient de ses 38 fêtes de l’Huma pour lesquelles il nous donnait un sacré coup de main en concevant le stand d’Aubervilliers. Tout y était : de l’emplacement de la scène jusqu’à la moindre ornementation et le moindre pot de fleur, en passant par les extincteurs, sans oublier les détails liés à la restauration qui à ses yeux étaient essentiels.

Aldo était un bon vivant. "Il a brûlé la chandelle par les deux bouts" relate une très proche amie se souvenant de sa générosité. Il était une figure marquante à Aubervilliers où il avait ses amis, comme Pascal Kittstein, Elie Gonzales, Alain Viale avec qui il assurait toutes les soirées d’élection en inscrivant d’une écriture appliquée et un peu désuète les résultats bureau par bureau. Pendant quelques années, on se souvient que les deux amis ont vaillamment tenu tête à l’informatique dont ils savaient traquer les défaillances. Et puis un jour, la machine a eu raison de l’homme. Aldo ne pouvait plus suivre, l’ordinateur allait bien plus vite. Dépité, il a regardé son compère qui l’était tout autant, a posé son marqueur et laissé la vie se poursuivre. Son tableau est resté inachevé, comme sa création qui nous manque. Nous n’irons plus voir le dernier dessin d’Aldo dont l’évocation suscitait déjà un sourire en coin.

Affaibli et malade, il a vécu ses dernières semaines à Antibes où il nous a quitté dans sa soixantième année. Il y sera inhumé jeudi 16 février.

A sa famille, à ses proches, les communistes d’Aubervilliers tiennent à apporter leur sincère soutien. Ils garderont de leur compagnon de route et ami un souvenir ému et n’oublieront pas les liens tissés en 40 ans.

Les communistes d’Aubervilliers

5 Messages

  • Aldo nous a quittés Le 14 février 2012 à 22:51, par Un collègue des ateliers

    Merci pour cet hommage. Tout Aldo est là. On pourrait ajouter plein de choses, plein d’anecdotes mais on voit que vous avez eu avec notre collègue une affinité sincère et rare. Vous savez ce que le mot reconnaissance veut dire. Merci à vous.

  • Aldo nous a quittés Le 15 février 2012 à 16:33, par vosinh

    je tiens à féliciter les auteurs de ce formidable article qui reflète vraiment notre pote.
    une pensée à la famille.

    Un collègue

  • Aldo nous a quittés Le 15 février 2012 à 16:53

    Salut Aldo et merci. Roland

  • Aldo nous a quitté Le 15 février 2012 à 18:17, par Pascal.KITTSTEIN

    Belle article à l’image de l’homme auquel on ne pouvait faire aucune critique du fait de sa gentillesse et de sa discrétion.
    Je me rappelle de ses 50 ans, il savait pas où les fêter alors ni une ni deux nettoyages de mon garage mise en peinture et une belle fête que moi et ses amis ne pourrons jamais oublier (adieux Aldo et une bonne route pour toi vers la haut).
    Merci au PC d’Auber pour votre article
    Pascal.K

  • Aldo nous a quittés Le 17 février 2012 à 22:19, par Un ami

    Je découvre ce texte qui est très émouvant parce qu’il sonne juste. Je remercie sincèrement ses auteurs qui ont traduit ce que tous les amis pensent, sans pouvoir l’exprimer aussi bien.

    Aldo reste pour moi une énigme. A la fois, je suis convaincu qu’il avait tout pour lui, qu’il était aimé, mais qu’il souffrait aussi d’un manque que je n’arrive pas à définir. Ce manque l’a conduit à nous faire mal en se faisant mal. Son passage reste marqué pour nous par son passage à Aubervilliers et il y a laissé son âme.

    Parce qu’il a donné plus, nous aurions dû lui donner plus. C’est peut-être ce qui lui a manqué et c’est mon plus grand regret.