Guéant prêt à tout pour récupérer les voix du Front National : un papa chinois d’Aubervilliers vient d’en faire les frais. Refusons l’intolérable et exigeons son retour !

samedi 14 janvier 2012

La vie d’une famille chinoise de notre ville vient de basculer dans l’horreur parce que Monsieur Guéant veut « faire du chiffre » et « exploser » ses objectifs d’expulsion d’étrangers. Il est prêt à tout pour ratisser le vote des électeurs d’extrême droite, y compris à bafouer les droits les plus élémentaires des citoyens et même des enfants.

Monsieur Changfeng Mo, habitant de notre ville, est arrivé en France à 18 ans, il y a construit sa vie, s’y est marié. C’est ici que sont nés ses enfants, Félix scolarisé aujourd’hui à l’école Marc Bloch et Soufia, bientôt 2 ans. Mais le droit d’un enfant à grandir en sécurité avec son père et sa père, le président actuel et son ministre de l’intérieur n’en n’ont rien à faire ! Et le 7 janvier le jeune père de famille a été expulsé de façon violente (après 10 ans de présence en France) laissant derrière lui son épouse et ses deux enfants.

Cette expulsion qui plonge dans la précarité une femme et deux enfants est intolérable. Refusons la violence de Sarkozy qui protège les riches et les banques mais s’acharne sur les simples citoyens. Faisons vivre L’HUMAIN D’ABORD !

Nous réclamons le retour de Monsieur Mo auprès de sa famille et sa régularisation, comme celle des travailleurs sans papiers que Guéant pourchasse. Nous appelons à participer à toutes les initiatives de soutien :
- jeudi 19 janvier à 8h20 devant l’école Marc Bloch, 31 avenue du Président Roosevelt
- mardi 24 janvier à partir de 18h sur la place de la Mairie d’Aubervilliers

Michèle Molle

3 Messages

  • C’était fin juin 2007 : la circulaire Sarkozy (alors ministre de l’intérieur) laissait miroiter des possibilités de régularisation pour les sans-papiers. Beaucoup sont alors allés déposer un dossier en préfecture. Difficile pour les militants que nous sommes de dire "n’y allez pas" tellement les espoirs étaient forts.

    Une première réunion avait rassemblé fin juin en mairie quelques enseignants isolés et sept situations d’enfants dont les parents risquaient l’expulsion avaient alors été recensées. RESF encourageait les parrainages : nous avions trouvé sept élus et sept parrains (en général des enseignants) pour assurer de leur soutien les familles concernées.

    Mais dès le lendemain, vingt situations nouvelles se présentaient en mairie. Et chaque jour, on observait le même nombre de demandes, révélant l’ampleur du phénomène. Impossible alors d’assurer les parrainages tels que nous les pratiquions. C’est dans ces conditions qu’il a fallu rassembler les volontés progressistes de la ville et que s’est créé le comité de vigilance. Une affichette avec un numéro de téléphone a été apposé dans les écoles. Tout l’été, les élus disponibles, notamment Patricia Latour ont accompagné les familles en préfecture pour y effectuer leurs démarches.

    Le 13 juillet 2007 dans la salle des mariages, Pascal Beaudet présidait une cérémonie de parrainage qui a rassemblé une centaine d’enfants avec leurs familles, pour les placer sous la protection morale du conseil municipal et du comité de vigilance. Et chaque jours, de nouveaux parrainages se sont ajouté.

    De nombreuses manifestations, à Aubervilliers, mais aussi devant la préfecture se sont déroulées à l’automne 2007 et au printemps 2008. Le curé de la paroisse notait "l’entrée dans la sphère publique de la communauté chinoise" (jusque là réputée très discrète). Un fonctionnaire des renseignements généraux qui avait suivi les familles qui présentes à la fête de l’Huma 2007 s’était même risqué à une comparaison entre les militants de RESF et les justes pendant la seconde guerre mondiale. Réflexion sans doute excessive (d’ailleurs l’intéressé précisait an même temps que les contextes n’étaient pas identiques) mais percutante en ce sens que la situation nécessitait d’être portée sur la place publique pour créer les rapports de force indispensables pour faire respecter les droits élémentaires des enfants concernés.

    Rappelons aussi qu’une mobilisation spontanée des lycéens d’Henri Wallon devant l’école Anne Silvestre en début d’année 2008 avait eu lieu, suite à l’intervention de la gendarmerie pour tenter de démanteler un atelier clandestin. L’opération menée de façon très brutale (un homme s’est blessé en tentant d’échapper aux forces de l’ordre ; il est tombé du toit de l’école voisine de l’atelier) avait laissé craindre le placement en rétention d’un parent de l’école maternelle.

    Depuis, le comité de vigilance s’est autonomisé et a créé son site, "Auber sans la peur". C’est un groupe de miltants syndicaux, politiques associatifs ou citoyens qui se réunit tous les jeudi soirs à la bourse du travail pour accompagner les familles concernées. A son actif, un travail inlassable de soutien moral et juridique, puisqu’il a obtenu de nombreuses annulation de reconduites à la frontière auprès du tribubal administratif.

    Manifestement, monsieur Mo n’était pas connu du collectif. Mais sa situation révèle la nécessité de recréer une mobilisation militante avec RESF pour ne pas laisser ce système d’expulsion fondé sur le chiffre perdurer.

    La mobilisation dans notre ville d’"Auber sans la peur" a permis d’éviter des drames. On s’aperçoit aujourd’hui qu’elle doit être renforcée, à la fois pour obtenir le retour de monsieur Mo mais aussi pour mettre fin à la politique inique du chiffre de Guéant, humainement destructrice et totalement inefficace.

    Eric Plée

  • Réponse à Mélanie Le 20 janvier 2012 à 18:37, par Ghislaine

    Sur le site des élus PS :

    Nous demandons le retour et
    la régularisation de Mo Changfeng
    Malgré une forte mobilisation de ses proches et de plusieurs associations parisiennes et
    albertvillariennes, Mo Changfeng, 28 ans, a été renvoyé en Chine le 7 janvier.
    Mo Changfeng est arrivé en France en 2002, à l’âge de 18 ans. Il travaillait clandestinement avec
    sa femme, Mo Hongxia, rencontrée en France , également sans-papiers, pour rembourser la
    dette contractée auprès des passeurs qui leur avaient permis de sortir de Chine.
    Le couple et ses enfants – Soufia, 2 ans, et Félix, 3 ans et scolarisé à l’école maternelle Marc Bloch,
    tous deux nés en France – vivaient rue du Port dans un studio de 25 m2.
    Fin novembre, Mo Changfeng a été arrêté à son domicile, puis enfermé jusqu’à son expulsion,
    quelques jours seulement avant le terme de la durée légale de 45 jours de rétention. Il n’a pas
    revu sa femme et ses enfants depuis son arrestation.
    Après dix ans en France et deux demandes d’asile, Mo Changfeng espérait légitimement obtenir
    un titre de séjour et sortir ainsi sa famille de l’illégalité. Sans histoires et sans ressources, la famille
    Mo est avant tout victime d’un système qui profite de la fragilité des travailleurs sans-papiers.
    Elu(e)s et militant(e)s socialistes d’Aubervilliers, nous condamnons la conclusion
    cynique du Ministre de l’Intérieur et du Préfet de police de Paris, selon lesquels il n’y
    aurait pas, dans ce dossier, « d’atteinte disproportionnée aux droits de l’intéressé à sa
    vie familiale ».
    Nous réaffirmons notre opposition à l’instrumentalisation politique des quotas
    d’immigrés reconduits à la frontière telle qu’elle est orchestrée depuis de trop
    nombreuses années par Nicolas Sarkozy et ses ministres.
    Nous apportons notre soutien à la famille Mo et invitons à prendre part aux deux mobilisations
    de soutien programmées :
    · le jeudi 19 janvier à 8h devant l’école Marc Bloch,
    · le mardi 24 janvier à 18h devant la mairie.
    L’avenir de la famille Mo est à Aubervilliers, pour y poursuivre leur vie, et non en Chine, où elle
    entrerait en infraction avec les politiques du hukou (le passeport interne chinois) et de l’enfant
    unique. C’est pourquoi nous demandons le retour sans délai de Mo Changfeng en France et la
    régularisation de sa situation ainsi que celle de son épouse compte tenu de leur situation.
    Aubervilliers le 18 janvier 2012.