" Si nos craintes sont grandes, c’est parce que nous notons une démarche de ré-endettement."

mardi 25 octobre 2011

Mercredi 19 octobre à 19 heures, le conseil municipal s’est réuni en séance publique à l’Hôtel de Ville. Vingt huit questions étaient inscrites à l’ordre du jour dont le vote du budget supplémentaire de l’année 2011.

Laurence Grare, conseillère municipale, est intervenue pour expliquer l’abstention unanime des élus du groupe communiste et citoyen "Tous ensemble pour Aubervilliers". (Ci-dessous de larges extraits de son intervention)

Monsieur le Maire, chers collègues,

Dans le rapport qui nous est présenté ce soir, vous insistez sur le fait que votre budget supplémentaire se construit en cohérence avec les objectifs de redressement des comptes qui constituent, selon vous, depuis 2008 le fil rouge de l’action budgétaire de la commune.

Nous n’avons pas, monsieur le maire, une lecture identique du résultat et du constat auquel vous nous appelez.

Si depuis le début de votre mandature notre groupe s’est trouvé dans l’obligation de désapprouver vos budgets successifs, c’est parce que nous ne vérifions pas, en réalité, que votre politique de soit disant désendettement de la ville soit efficace et ce, malgré une trop forte imposition fiscale locale.

Les logiques dans lesquelles vous semblez vous inscrire nous font craindre une dégradation de notre épargne brute pour les années toutes proches, et malgré vos critiques constantes sur la gestion antérieure, la durée du désendettement de la ville risque de ne pas se réduire.

Si nous croyons nécessaire de rechercher les équilibres budgétaires à travers des économies de gestion, nous pensons qu’elles ne doivent en aucun cas se faire en mettant en cause le maintien et le développement des services rendus à la population.

Si nos craintes sont grandes, c’est parce que nous notons plutôt une démarche de ré-endettement.

Nous ne reviendrons pas en détail sur les différents postes, mais nous remarquons :

1- que vos prétentions à vouloir limiter à 1,45 % l’augmentation des charges de personnel n’est effectivement pas atteinte. Sur cette question, nous avions d’ailleurs fait part de nos réserves lors de la discussion sur le budget primitif ;

2- vous ré-ajustez les dépenses du CICA, cela n’appellera pas de notre part de remarque défavorable, mais ne nous fait pas non plus oublier qu’avant 2008, vous ne cessiez de critiquer ce niveau de dépenses ;

3- Nous constatons que le budget supplémentaire n’a pas inscrit immédiatement la demande de subvention de 30 000 € à l’association du cinéma "Le Studio". Ne pas le faire serait mettre en péril la pérennité du cinéma. Notre groupe demande l’inscription et le vote de cette subvention dès cette séance.

Par ailleurs, nous nous félicitons :

1- que vous réajustiez la subvention du COS à hauteur de 1 % de la masse salariale ;

2- de la subvention à l’OPH d’Aubervilliers pour la modernisation des ascenseurs : les locataires, qui se plaignent régulièrement des pannes d’ascenseurs à répétition, ne pourront que s’en satisfaire ;

3- de la renégociation d’un contrat d’emprunt auprès de Dexia : ce qui dans les circonstances actuelles nous paraît très pertinent, même si nous croyons que les actions envers Dexia ne devraient pas s’en tenir qu’à cet aspect.

Ceci étant, comme nous l’avions fait lors du budget primitif, nous nous abstiendrons. En effet, vos démarches budgétaires ne nous semblent pas répondre aux nécessités du moment.

Rechercher exclusivement des économies de gestion, toutes aussi nécessaires qu’elles soient, ou des recettes supplémentaires en augmentant les contributions de la population, dont nous voyons bien dans les deux cas, qu’elles seront de plus en plus difficiles à trouver, ne nous apparaissent pas comme une mesure juste.

En fait, il faudrait se tourner davantage vers les véritables responsables des difficultés des collectivités locales, que sont l’État et la fonction parasitaire de la finance qui siphonnent les richesses au profit des fortunes existantes. C’est de ce côté-là, plutôt que sur les habitants dont le pouvoir d’achat se réduit chaque jour, ou sur le personnel communal et l’action municipale, qu’il faut chercher les solutions d’avenir.

Laurence Grare
Pour le groupe communiste et citoyen "Tous ensemble pour Aubervilliers"

11 Messages

  • " Si nos craintes sont grandes, c’est parce que nous notons une démarche de ré-endettement." Le 25 octobre 2011 à 16:51, par Contribuable et vache à lait

    Alors là bravo ! c’est l’ensemble des contribuables de la ville qui vont payer pour que les ascenseurs des hlm fonctionnent correctement. Bientôt on nous fera payer les loyers impayés !!!

  • Qui peut dire le montant de la subvention ascenseurs de l’OPH ?

  • moi ce qui m’agace cher contribuable vache à lait, c’est de payer le morceau de trottoir devant votre domicile sachant que je n’y marche jamais...

  • " Si nos craintes sont grandes, c’est parce que nous notons une démarche de ré-endettement." Le 25 octobre 2011 à 18:48, par Contribuable et vache à lait

    "@patati patata" mais votre réponse est totalement idiote, ça n’a rien à voir avec mon bout de trottoir qui est un espace public. Autant que je sache les hlm, qui sont de par leur statut des EPCI, ne relèvent pas du domaine public. Il existe dans cette ville d’autres sociétés hlm qui ne peuvent pas bénéficier de cette mesure alors que leurs locataires rencontrent des problèmes similaires avec leur bailleur et leurs ascenseurs et qui n’ont droit à aucune aide de la collectivité locale. Cette mesure n’a rien à voir avec l’intérêt général. Où est le traitement égalitaire des habitants ?

  • " Si nos craintes sont grandes, c’est parce que nous notons une démarche de ré-endettement." Le 25 octobre 2011 à 19:00, par Contribuable et vache à lait

    Je corrige, les organismes hlm ne sont pas des EPCI mais des ÉPIC (Établissement Public à caractère Industriel et Commercial). Cette inversion ne change rien à mon commentaire

  • Combien font perdre les niches fiscales à la collectivité ? Prenons l’exemple de la loi Scellier. Tu achètes un logement à crédit, tu le loues pendant 15 ans, tu défiscalises les intérêts d’emprunt et le logement est à toi au bout de 20 ans presque sans avoir déboursé un radis, puisque les traites sont payées par le loyer.

    Tu connais beaucoup de retours sur investissement qui ne coûtent pas un rond ?

    Qui paye ? le locataire bien sûr et la collectivité qui aurait mieux fait d’investir dans le logement social.

    Alors quand un vient me parler d’une subvention pour les ascenseurs, bien sûr que c’est de la responsabilité des ascensoristes... Mais dans l’urgence, peut-on laisser les gens monter leurs 14 étages à pieds. Et quand on voit le manque à gagner de la collectivité à cause de la niche fiscale Scellier, on se dit que la bataille à mener n’est certainement pas celle qui consiste à grappiller quelques sous pour laisser les locataires coincés chez eux.

  • Pas trouvé le commentaire de "Poujade" donc difficile d’apprécier la justesse de la réponse...
    Réponse à montant de la subvention : La subvention "ascenseur" votée par le conseil municipal à l’OPH s’élève pour cette année à 400 000 €. Le programme de modernisation des ascenseurs devrait s’étaler sur 3 ans pour un coût total de 5 700 000 €.

  • A mon sens, il en va de l’intérêt général que celui qui vit au 15e étage puisse accompagner ou aller rechercher ses enfants à l’école ; faire ses courses et les transporter dans son appartement ; aller prendre son bus ou le métro pour aller au boulot ou ailleurs ; bref sortir et entrer de chez lui comme il lui semble.
    Question de liberté, de lien social également.

    Vous suggérez que les locataires des HLM (forcément mauvais payeurs...) doivent payer leurs ascenseurs mais au fait, que devient l’argent des loyers, celui des charges qu’ils payent ?

    Comment est financé le logement social dans notre pays ?

    Comment fonctionnent les ascensoristes ? Quel est le modèle économique de ce secteur ?

    vous avez peut-être des réponses à ces questions ?

  • " Si nos craintes sont grandes, c’est parce que nous notons une démarche de ré-endettement." Le 26 octobre 2011 à 10:03, par Contribuable en manque de combat

    Rien ne vous autorise à dire que je considère un locataire hlm comme systématiquement mauvais payeur. Répondre à votre question sur le financement du logement social serait trop long dans un post (qui va déjà être bien long). Par contre je sais que ce site a publié de nombreux articles sur cette question (faire recherche). Cela étant avant de voter une subvention, les décideurs auraient pu tenter d’engager des actions en direction des ascensoristes et aussi de l’État à propos du financement du logement social. Pour ce qui est des ascensoristes et de leur monopole, un article serait effectivement le bienvenu sur ce site...Mais revenons au sujet à propos de la subvention "ascenseurs". Ce qui me conduit à réagir vise simplement à dire qu’il n’est pas juste de venir en aide à une seule catégorie d’habitants. Les locataires du privé, où les loyers sont bien plus élevés, et ceux des sociétés anonymes hlm connaissent avec leurs ascenseurs les mêmes problèmes que ceux de l’OPH. L’intérêt général passe par une prise en considération, au même niveau d’aide, pour ces locataires oubliés par la subvention municipale.

  • " Si nos craintes sont grandes, c’est parce que nous notons une démarche de ré-endettement." Le 26 octobre 2011 à 15:31, par L’Etat vole au secours des banques, la ville au secours des gens coincés par les pannes d’ascenseur !

    Toute proportion gardée, c’est un peu du même tonneau sauf que là, on permet à des citoyens d’exercer une liberté fondamentale, celle d’aller et venir...
    Et quand on sait que l’ascenseur est le premier moyen de déplacement en France, on se dit que l’enjeu est de taille ! Mais dans les deux cas, c’est le système qui est en cause. Pour les ascenseurs, on a la conjonction de plusieurs facteurs :
    1/ Des équipements plus sensibles bourrés d’électronique qui les rendent plus vulnérables.
    2/ Des ascensoristes qui se sont séparés de leurs personnels le plus coûteux et les plus expérimentés pour faire des économies et du profit avec les conséquences qui en résultent sur la qualité de la maintenance.
    3/ Des ascensoristes qui ont perdu nombre de personnels compétents parce que ceux ci ont préféré intégrer les bureaux d’études créés par de Robien pour veiller à la sécurité des ascenseurs.
    4/ Une formation insuffisante pour assurer le remplacement à qualité égale ou supérieure des techniciens partis.
    5/ Une concentration dans le milieu qui aboutit à des partages de marché avec les conséquences qui en résultent en terme de qualité de service.

    Là encore, la collectivité ne peut rester indifférente mais on sent bien que les réponses sérieuses sont à un autre niveau. Il s’agit de reprendre le pouvoir aux ascensoristes comme il faut reprendre le pouvoir aux banques. Mais je crois que c’est l’objet d’un prochain débat du front de gauche à Aubervilliers...

  • " Si nos craintes sont grandes, c’est parce que nous notons une démarche de ré-endettement." Le 27 octobre 2011 à 19:20, par Fonctionnaire de la ville (anonyme)

    L’année prochaine, la durée de désendettement de la ville devrait dépasser les 30 ans. Une question se pose : la ville peut-elle être placée sous tutelle du préfet ?