Maladrerie/Emile Dubois : quelques observations sur la réunion du 7 octobre sur la sécurité

vendredi 14 octobre 2011

La réunion sur la sécurité organisée sur le quartier Maladrerie/Emile Dubois le 7 octobre 2011 s’est déroulée de bien curieuse façon. Elle a été précédée d’un important déploiement policier en raison de la présence du Préfet. C’est semble-t-il une tradition mais le syndrome sarkozien de la protection a visiblement contaminé le préfet Lambert qui ne se déplace qu’accompagné d’une escorte impressionnante.

La présence du représentant de l’Etat a eu pour vertu de faire débuter la réunion à l’heure (18h 30). Mais ce démarrage ponctuel a eu pour effet de commencer la soirée devant une assemblée très maigrelette truffée de représentants institutionnels.

Le temps passant la salle s’est un peu garnie jusqu’à grouper une soixantaine de personnes parmi lesquelles une quarantaine d’habitants. La tribune était par contre très fournie puisqu’on a pu y compter jusqu’à 13 personnes qui n’ont rien dit ou n’ont que brièvement obtempéré aux injonctions du Préfet. Cela donnait à la soirée un côté militaire.

Le commissaire d’Aubervilliers, d’ordinaire assez bavard, est quasiment resté coi. Il n’y avait en effet pas grand-chose à dire après que le Préfet ait égrené en ouverture de séance (et après quelques mots d’accueil du Maire) les résultats satisfaisants de tous les indicateurs de délinquance unanimement orientés à la baisse. Cette avalanche de chiffres était peu discutable (et le fait fut relevé par un habitant) dès lors que l’on ne disposait pas des méthodes de fabrication.

Les résultats obtenus par la nouvelle brigade spécialisée de terrain forte de 21 agents et qui intervient de la porte de la Villette au Fort d’Aubervilliers des deux côtés de la N2 ont été célébrés.

La discussion avec les habitants a permis de mieux comprendre (mais on s’en doutait) les orientations du Préfet qui conçoit les questions de la sécurité comme relevant d’un traitement essentiellement policier, écartant l’action de prévention comme une composante autonome et ne concevant celle-ci que comme le résultat d’une action centrée sur la jeunesse et intégrant notamment les question de l’emploi, de l’urbain…

Le Préfet s’est défini comme un adversaire déclaré de la police de proximité : il n’est pas là pour « faire de l’assistanat ».

Sous la paille rude ou enrobée des mots séjourne le grain des pratiques, notamment celles de la fameuse BST qui fonctionne en groupe d’intimidation et créé des situations de tensions parfois bien inutiles comme ce fut récemment le cas au Fort d’Aubervilliers à propos d’un pauvre commerce (certes illégal) de maïs grillé. Interpellé sur ces comportements le Préfet s’est raidi déclarant qu’il n’acceptait pas que l’on fasse des remarques sur les méthodes de la police !
La coopération avec la police municipale fut saluée mais le responsable de la police municipale ne dit que quelques mots insignifiants.

A propos des squats de l’ilot Daquin le Préfet a nié qu’il y ait eu en 2007 un accord signé entre la Préfecture, le DAL et les squatters et indiqué qu’il ne négociait pas avec le DAL. Ce disant le Préfet a menti comme le confirmèrent les propos de la directrice de l’OPH, Mme Richard, qui évoquant le travail conjoint réalisé avec la préfecture sur ces squats indiqua qu’en 4 ans on avait résorbé une trentaine de squats sur les 97 existants…

Par delà ces sujets qui contredisaient l’atmosphère consensuelle que le maire avait visiblement souhaitée en ouverture de séance, il fut question de problèmes ordinaires : motos, stationnement, mécanique sauvage.

On évoqua aussi le problème des marchands de sommeil. L’ex candidate du Modem à la cantonale appela à l’installation de la vidéosurveillance (le propos suscita quelques remous), un habitant expulsé avec sa famille de son logement exposa sa situation d’une manière assez confuse, Mme Zahir dit les difficultés de logement et sollicita l’aide du Préfet.

Le Maire annonça qu’une réflexion était engagée sur la construction d’une trentaine de logements transitoires capables d’accueillir pour six mois des familles sans toit.

Il fut aussi curieusement questions de souris et de rats et l’on retiendra un propos remarquable du Préfet au sujet de la recrudescence constatée de vols de colliers : « Il ne faut pas porter de collier en or dans une période où le cours de l’or monte ».

A 20h le Maire a levé la séance en déclarant qu’il convenait de « libérer le Préfet » astreint à d’autres obligations.

Nota : une convention (la deuxième a-t-on dit) fut théâtralement signée à mi-séance (le temps d’une photo) par le maire et le Préfet sans que rien ne soit dit de son contenu

A.N.

5 Messages

  • Maladrerie/Emile Dubois : quelques observations sur la réunion du 7 octobre sur la sécurité Le 15 octobre 2011 à 09:08, par des effets d’annonce qui ne font plus effet...

    Même son de cloche à la réunion qui s’est tenue le 5 octobre à Firmin Gémier, sans le préfet... Un long inventaire de chiffres qui révèle que tout va mieux. Pourquoi pas, mais les habitants ont le sentiment de vivre l’inverse, vous savez, ce sentiment d’insécurité qui n’est qu’un sentiment...

    On voit la limite à la politique du chiffre qui ne convainc personne. Et un préfet qui d’emblée balaie d’un revers de main la police de proximité... Pourquoi pas, mais si l’institution fonctionne comme une machine, sans lien avec l’usager, je ne vois pas comment inventer de pistes nouvelles pour avancer sérieusement sur ces questions.

    C’était bien utile de faire passer un décret pour reculer l’age de la retraite des préfets à la seule fin de permettre au préfet Lambert de poursuivre sa mission en Seine Saint Denis. En partant à l’age normal, il aurait laissé une illusion. Là il sert un discours qui commence vraiment à être usé... Et use un peu plus son partenaire local, le maire, qui n’a pas besoin de ça... Et on créé un précédent regrettable dans un contexte de régression des droits sociaux...

  • A la sauvette Le 15 octobre 2011 à 23:12, par Albert

    La fameuse brigade, si prompte, semble t-il à intervenir contre des pauvres diables vendant du maïs grillé ferait mieux de s’occuper des ventes illégales régulièrement organisées en divers endroits d’Auber et notamment, (puisque c’est son terrain d’intervention) devant le Franprix de la Rue D. Casanova.

  • Soyons précis Le 17 octobre 2011 à 11:07, par luminothérapie

    @Eric
    Merci pour ce CR détaillé

    Juste une précision, Claire Vigeant, s’est exprimée en tant que présidente de l’association "Aubervilliers s’éclaire" , de plus ces propos n’ont pas été uniquement centrés sur la vidéo-surveillance mais également sur un meilleur déploiement des policiers aux horaires les plus critiques et également sur la lutte contre les marchands de sommeil

  • Maladrerie/Emile Dubois : quelques observations sur la réunion du 7 octobre sur la sécurité Le 17 octobre 2011 à 15:49, par éclairons la lanterne de luminothérapie

    Merci pour tes remerciements qu’il faut adresser à André qui a fait ce compte-rendu. Et rien n’empêche d’y apporter les remarques, compléments que d’aucun juge utile. Mais d’expérience, je peux te dire qu’un papier sur le site n’est pas un PV de réunion et qu’il faut faire des choix pour pouvoir être lisible. Et on ne se plaindra dans un contexte de pensée unique, qu’un journal comme l’Huma, ou plus modestement un site comme le nôtre, prenne le contre-pieds de l’idéologie dominante.

    Et’ici, si on n’était bon pour populariser le programme du modem, ça se saurait.

  •  :-)

    Rendons à César, merci André.

    Sur certains domaines concernant Aubervilliers nous sommes souvent en convergence de vue

    Et puis ne pas s’attacher aux étiquettes justement, si Claire Vigeant et moi-même avons des convictions centristes, la pluralité de l’équipe et des adhérents de l’association "Aubervilliers s’éclaire" démontre bien qu’au délà des lignes il y a des positionnements communs sur les problématiques locales et sur la volonté d’agir ensemble, et ce, quelque soit le parcours des uns et des autres.

    C’est ce que nous essayons de faire au quotidien