Aubervilliers : les enveloppes de quartier ont-elles apporté un plus à la démocratie locale ?

mercredi 31 août 2011

Avec l’élection par les habitants des présidents de quartier, l’instauration d’enveloppes de quartier (une somme moyenne de 15000 euros par quartier pour des projets décidés par les habitants) constituaient les mesures phares mises en œuvre par la municipalité élue en 2008 pour redynamiser la démocratie locale. En 2011, les premières enveloppes de quartier ont été attribuées. Nous en donnons un premier bilan à partir du compte-rendu de la réunion d’arbitrage du 5 juillet élaboré par le service démocratie locale et développement social des quartiers.

Les projets retenus pour 2011 sont, par quartier :

- Landy : un ralentisseur (4460 euros), trois toutounets (2400 euros + 10400 euros pour la maintenance annuelle).
- Centre ville : trois kakémonos (signalétique) pour la ferme Mazier (5000 euros)
- Firmin Gémier : 3 sièges assis debout (1878 euros), végétalisation d’in ilôt angle bd Félix Faure rue des écoles (8000 euros), un ralentisseur et un aménagement de la voierie rue des écoles (8000 euros)
- Villette : 3 panneaux d’affichage associatif (13500 euros)
- Paul Bert : un mini terrain de pétanque (4500 euros), un toboggan (9500 euros)
- Valles : un terrain de pétanque (14026 euros)
- Cochennec : surélévation des barrières du terrain de sport (30000 euros)

Les enveloppes de quartier un outil contre le budget participatif ?

Les lecteurs du site s’interrogeront sans doute sur la pertinence de ces projets, leur coût pour la collectivité, les doublons qu’ils induisent avec ce qui est du ressort de la collectivité ou du droit commun. Des questionnements sur le caractère démocratique de ces projets resurgiront, dans la mesure où ce sont en général quelques habitants qui les ont proposé dans les conseils de quartier. Dans les collectifs d’habitants où "au final, on veut se fâcher avec personne même si on s’est fâché très fort avant, on s’arrange pour faire plaisir à tout le monde" et "quand personne n’a d’idée, on fait plaisir à celui qui en a une pour utiliser l’enveloppe" ironise un administratif...

Il faut se replacer dans le contexte général d’une démocratie quartier vidée de sa substance : des conseils de moins en moins fréquents et de plus en plus désertés, une incapacité municipale à redonner du contenu à ces assemblées qui ressemblent davantage à des comités des fêtes. On essaye de satisfaire les habitants par des hochets : l’élection des présidents de quartier a certes été mieux organisée cette année, des sommes relativement importantes ont été engagées dans les enveloppes, mais la logique d’affichage prime sur la volonté démocratique. On s’éloigne du budget participatif qui reste à construire pour donner aux habitants un réel pouvoir de contrôle et d’inflexion sur les réalisations de la collectivité.

Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? La question mérite débat mais on voit bien que l’argument des enveloppe de quartier n’est pas des plus convaincants pour affirmer un plus démocratique.

Eric Plée

6 Messages

  • Comment se fait-il qu’il n’y ait pas un cadrage plus sérieux des dépenses : les ralentisseurs, le fleurissement, c’est Plaine Commune. Ou l’agglo considère que c’est nécessaire et elle fait, ou les habitants estiment que leur quartier est lésé, et ils l’exigent de la communauté d’agglo, mais ce n’est pas à eux de faire, au risque de répondre à la demande individuelle d’un habitant qui veut un ralentisseur en face de chez lui.
    La ferme Mazier, je vois pas en quoi le quartier doit payer des kakémonos. Ou l’association qui gère le fait, quitte à être subventionnée pour le faire, mais je vois pas ce que le quartier vient faire la dedans.

  • Un vrai flop Le 31 août 2011 à 18:27, par Martine

    A la Mala/E. Dubois, on a atteint le sommet puisque le conseil de quartier, complètement liquéfié, a été incapable de proposer quoi que ce soit.

    Les 15 000 euros de 2011 iront donc s’ajouter aux 15 000 euros de 2012.

    On a créé un compte épargne quartier. C’est mieux que rien (on aurait pu perdre le budget) mais ça n’est pas grand chose.

    Tout cela laisse pantois.

  • Je ne comprends pas du tout pourquoi de l’argent va être dépensé pour implanter ces kakemonos devant la ferme Mazier. Je crois que celle-ci est actuellement en gros travaux de réhabilitation (ceci reste à vérifier car on ne voit rien de l’extérieur) et, en effet, à ma connaissance, ni l’association "Sauvons la ferme Mazier", ni la Société d’histoire qui occupe une partie des locaux, ne se sont prononcés en ce sens !

    Alors c’est qui, c’est quoi cette initiative ???

  • Aubervilliers : les enveloppes de quartier ont-elles apporté un plus à la démocratie locale ? Le 31 août 2011 à 22:15, par Les crottes de chien coûtent cher

    Merci pour ces information qu’on ne trouve pas ailleurs. Au moins ces budgets de quartier ont le mérite de faire mesurer le coût de certains équipements : 3 toutounets pour les clébards c’est plus de 12000 euros par ans soit un smic net. Pour limiter les crottes de chien, c’est cher !
    Et qu’est ce qu’on fait au bout d’un an ? On retire les distributeurs ou on reverse 10000 euros à Plaine-co pour assurer la maintenance de l’équipement ?

  • La logique des enveloppes de quartier est à la discussion partagée sur le budget ce que la "démarche quartier" actuelle est à la démocratie locale...
    De l’illusion de démocratie (donnée par une élection de "président" sans réel mobilisation ni enjeu clair) à "l’enveloppe" attribuée (à des projets sans rime ni raison autre que faire un peu plaisir à trois personnes), c’est la continuité d’une logique qui consiste à poser un cautère sur une jambe de bois.

    Au passage cette "gouvernance" déresponsabilise les élus du suffrage universel dans leur contacts avec la population : à eux les gros dossiers, aux quartiers les misères du quotidien.

    Plus rien ne demeure des objectifs d’associer au mieux les habitants, de les mobiliser sur des débats de plus haute tenue, de tenter de leur faire saisir l’avenir... les réunions de quartier se tiennent sur des vieux fonds de pots : la sécurité, les micro aménagements en bacs à fleur, etc...

    Les tentatives de budget participatif demandent bien d’autres actions et, notamment, des débats sur ce qui nous concerne tous et construit l’avenir de la ville. Et sur quoi il faut donc investir.

    ça s’appelle faire de la politique et prendre les habitants pour des citoyens.

  • juste une info, c’est le Maire qui a voulu que ces crédits décentralisés de plaine commune, se nomment "enveloppes de quartier", de cette manière tout le monde croit que chaque quartier dispose d’un budget. Mais la réalité est autre, les gens effectivement propose des projets qui la plupart du temps ne sont pas réalisable car avec 15 000 euros tu ne vas pas loin, et c’est les élus qui arbitrent à la fin sur le bien fondé et c’est Plaine commune qui réalise mais se sont des crédits Plaine Commune et non le budget communal.