Ils veulent le travail sans fin !

Les mauvais coups du gouvernement pendant l’été

jeudi 7 juillet 2011

On dit que la période estivale est propice aux mauvais coups.

Cela se confirme malheureusement encore cette année avec 2 mesures phares
que veut prendre le gouvernement, annoncées à quelques jours d’intervalle.

Juste après l’entrée en vigueur, le 1er juillet, de la contre réforme
des retraites, combattue par des millions de manifestants l’automne dernier,
le Conseil d’Orientation des Retraites a rendu le 6 juillet un « avis technique »
incitant le gouvernement à porter immédiatement le nombre d’annuités exigées
pour les générations nées après 1955 à 41 ans et demi, alors que l’année dernière,
en présentant son projet, le gouvernement avait évoqué le passage à 41 ans et demi
à l’horizon 2020 au plus tôt.

Devançant la publication et la discussion interne au COR au sujet de cet avis, Xavier
Bertrand, ministre du Travail, a expliqué qu’il publierait avant décembre un décret
dans le sens préconisé par l’avis.

Non content d’avoir enterré le droit à la retraite à 60 ans, le gouvernement se retranche maintenant derrière le caractère présenté comme purement « technique »
et en fait technocratique de cette décision. Les marchés financiers le demandent,
alors devançons leurs exigences !

Il en va de même pour le second front ouvert par la droite sur la durée légale du travail.

Là, c’est Hervé Novelli, le numéro 2 de l’UMP, qui pilote ce qui serait
une « révolution ». « Les entreprises auront 3 ans à compter de 2012, si nous sommes
élus, pour négocier la durée du travail qui leur conviendra. »

L’UMP propose d’en finir avec une durée du travail fixée par la loi au niveau national
et de passer désormais par la négociation dans chaque entreprise ou dans les
branches professionnelles. Par la voix de Laurence Parisot, le patronat applaudit des
deux mains.

Cette décision serait lourde de conséquences. Cela signifie que dans une PME de
moins de 50 salariés, sans représentants du personnel ni syndicat, l’employeur
pourra fixer à sa guise la durée du travail. Cela signifie également qu’il n’y aurait
plus de seuil à partir duquel serait calculé les heures supplémentaires et leur
majoration.

Ce n’est donc pas une révolution mais bien au contraire la restauration du bon vouloir
patronal, le règne du libéralisme pur et dur d’autant plus violent qu’il s’appliquerait
aux salariés les moins protégés, les femmes, les jeunes, les moins organisés pour
résister et négocier.

Le gouvernement et l’UMP sont donc entrés dans une nouvelle phase active et brutale
de destruction du modèle social français et de ses acquis, contre les syndicats, avec
l’approbation du MEDEF.

Gageons que les salariés et leurs organisations syndicales sauront résister et réagir.
La CGT réunissait le 6 juillet sa commission exécutive confédérale pour débattre
d’une proposition d’action aux autres organisations syndicales qui pourrait être
le 6 octobre.

Le Front de Gauche, avec son programme populaire partagé, peut et doit être
la réponse politique à ceux qui luttent et souhaitent déjouer ces projets de casse
sociale.

A Aubervilliers, comme ailleurs, nous le feront vivre tout au long de la campagne
présidentielle qui s’annonce, sous forme notamment d’assemblées citoyennes
sur tous les thèmes qui intéressent les habitants, qui pourront participer, discuter,
amender.

C’est tout l’enjeu de la période qui s’annonce.

Silvere Rozenberg

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