Conseil de quartier des cités Maladrerie/Emile Dubois

Comment sortir de deux années d’échec ?

mercredi 13 avril 2011

Dans son numéro d’avril, Aubermensuel, annonce le renouvellement des équipes d’animation des conseils de quartier.

Il y a, en effet, deux années qu’elles ont été installées, en théorie du moins.
Un flyer, en cours de diffusion, précise la procédure. On se déclare candidat en avril, les équipes d’animation se présentent lors d’un conseil de quartier et les candidatures à la présidence sont enregistrées. Un vote est organisé dans un délai compris entre dix jours et un mois pour élire le/la président(e).

Telle est la mécanique, mais de bilan de « fonctionnement » depuis deux ans il n’est pas question et encore moins de vision prospective. A moins que des réunions se soient tenues sans que les habitants le sachent. Tout est en effet possible : une nouvelle « Charte d’organisation et de modalités de fonctionnement de la démocratie de proximité » a été rédigée sans que (semble t-il) les conseils de quartier en aient discuté.

Telle est, en tout cas, la situation prévalant dans le quartier Maladrerie/Emile Dubois où une réunion vient de se tenir avec une vingtaine de participants sur le thème des « enveloppes de quartier » agrémenté des questions complètement improvisées du renouvellement de « l’équipe d’animation » et du « conseil des sages » (on apprit à ce propos que la structure existait, qu’elle se réunissait, qu’on pouvait y accéder à partir de 55 ans et que beaucoup d’idées y étaient émises).

Proposition a été faite de convoquer une réunion du CQ spécialement consacrée à l’analyse des deux années passées et à une projection vers l’avenir mais ucune suite n’a été donnée à cette proposition.

Non préparée la réflexion sur l’utilisation des enveloppes de quartier a abouti à la décision de… ne rien décider pour 2011 et de reprendre la discussion en 2012.
Bref, un constat de grave échec a été établi. La question est en conséquence posée aux habitants du quartier de savoir s’ils laisseront la structure dériver dans l’inutile ou s’ils engageront une correction de trajectoire radicale.

André Narritsens

4 Messages

  • 4il n’était qu’à la Mala/Emile dubois, cet échec tiendrait de l’équipe de quartier. Puisque le constat est généralisable à toutes la ville, c’est plus haut qu’il faut situer la responsabilité.
    La démocratie locale – et faire vivre les CQ – sont des taches très difficiles. Mais la précédente mandature y consacraient des moyens et des hommes (et des femmes).
    Le fonctionnement n’était pas absolument génial mais du moins la structure existait et travaillait... dans certains quartiers.
    En effet, le fait d’avoir des élus responsables du quartier permettait d’assurer une activité de base.
    Même si après que les différents groupes politiques aient exigé chacun "d’avoir leur nombre" de présidents, dans la réalité une bonne moitié n’assumaient pas ce travail ingrat. Au départ, certains pensaient y trouver une base politique, très vite il se rendaient compte qu’il y avait plus de travail à faire et de coups à prendre que de gloire et de pouvoir.
    Beaucoup ont alors déserté.

    Le coup des "élections des présidents/habitants", réalisé en 2008/2009 en toute bonne démagogie et sans préparation aucune avec quelques dizaines de votants restera dans les annales comme une opération "démocrasouille". Pire, dans certains quartiers, ce scrutin sans objet a été AUSSI l’occasion d’écarter des citoyens gênants ou réputés hostiles à la municipalité.
    Résultat : base encore plus étroite, découragement, initiatives sans ampleur, pas d’association de la population, opération "budget de quartier" ridicule, réunion de quartiers sur des thèmes purement "techniques et municipaux"...

    Cette façon de pratiquer a de fait tué toute vie des CQ. L’affichage formel de la volnté démocratique ne suffit pas, on peut même tuer toute démocratie réelle au nom de la démocratie "idéale".
    Les quartiers ? Encore faut-il y mettre les moyens et se mettre en capacité d’écouter sans considérer la critique comme hostilité (et si même...) et la volonté de travailler des habitants comme de la "roupie de sansonnet".
    Ceux qui ont assisté aux débats/affrontements sur la rénovation de la Mala avec Pascal Beaudet, mais aussi à la Villette, dans le quartier Mairie sur la construction du marché (là aussi), à la Frette (sur la rénovation des espaces publics), etc. savent qu’il est possible de faire autrement
    Mais aujourd’hui, c’est de la démocratie d’affichage.

  • Comment sortir de deux années d’échec ? Le 14 avril 2011 à 08:39, par dur dur

    La démarche quartier a été vidée de sa substance : les questions qui intéressent le territoire sont traitées ailleurs : budget qui donne lieu à des réunions spécifiques, aménagement idem, sécurité, propreté ne reviennent dans les conseils de quartier que pour des récriminations de l’action municipale. C’était déjà le cas avant, mais il y avait une volonté d’élaborer avec les habitants, jamais facile à mettre en oeuvre. Je trouve que le précédent post pose bien le problème.

    En pratiquant une démocratie d’affichage, on leurre les habitants qui s’investissent : soit ils sont notabilsés/clientélisés, soit ils servent d’animateur bénévole d’une sorte de comité des fêtes.

    Sortir de la crise n’est pas simple, d’autant plus que le recul démocratique est évident. Les conseils ne se réunissent presque plus, moulinent dans le vide.

    On a élu des présidents sans légitimité et qui plus est qui délégitiment des élus déjà illégitimes au regard de leur comportement et leur faiblesse politique. La proposition d’André Narritsens de faire un bilan des conseils de quartier est une piste pour tenter de définir des méthodes qui seraient à l’origine d’une charte réellement discutée avec les habitants.

    Mais aucun compte n’a été tenu de la réunion en mairie du 6 février 2010, aucun compte n’est tenu des propositions d’habitants. Face à l’incurie de nos élus, leur absence d’idées politiques, l’utilisation d’une administration dont les missions définies par une technocratie aveugle sont totalement déconnectées des besoins, seule l’organisation des habitants peut permettre un début de réflexion. Je doute qu’il passe par les structures actuelles.

  • Comment sortir de deux années d’échec ? Le 14 avril 2011 à 10:15, par démo...gagedé

    La démocratie demande du temps, de l’énergie et de l’intelligence pour tout mener de front : le temps des habitants n’est pas celui de l’élaboration d’un projet, ni celui des techniciens, ni celui des budgets et encore moins celui de la réalisation...
    Qu’on se souvienne que le Millénaire qui va être inauguré est lancé depuis 10 ans ! Ou que le futur conservatoire a demandé 15 ans de travail (études, budget, recherche du terrain, financement, partenaires, accord de l’Etat, début des travaux...)
    Les volontés des élus de l’époque d’associer les habitants sur le canal/millénaire (réunions-débats, présentation, colloques, maquettes, visites de chantier...) ont pris énormément d’énergie et pourtant quelques dizaines de personnes seulement y ont participé. Mais c’est un processus essentiel pour monter un tel programme dans la clarté.

    Aujourd’hui, on a même plus le début du commencement d’une volonté de faire semblant.
    Les habitants ? On leur livre des objets déjà fermés, clos. Il est vrai que les projets qui débouchent aujourd’hui ont tout été conçus, portés et réalisés par l’équipe municipale précédente.
    Aujourd’hui, la population devrait être appelée à se saisir des chantiers qui ouvriront en 2015/2018. Mais apparemment, il n’y a rien dans les cartons.
    Et le peu qu’il y a ne semble pas valoir d’être exposé aux regards du public concerné.
    Alors effectivement, à quoi peuvent bien servir des CQ à part discuter de problématiques virtuelles ou à côté de ce qui compte vraiment. Par exemple les enveloppes de quartiers : 15 000 euros pour installer 4 bancs, 5 jardinières ou refaire une allée de 15 mètres...

  • Bougez-vous au lieu d’écrire Le 25 mai 2011 à 05:01, par GrandOursPS

    Arrêter de voir des échecs partout.

    Agisser dans les quartiers au lieu de faire du blabla inutile.

    Les communistes de bonnes volonté sont les bienvenus pour bosser tous ensemble main dans la main pour avoir un AUBERVILLIERS vers le haut.

    Bon vote !