Dire non aux suppressions de postes à l’éducation nationale : grève et manifestation à Paris

Jeudi 10 février : rendez-vous à 11h devant l’inspection académique du 93

mardi 8 février 2011

Une situation devenue intenable à Aubervilliers

Il n’y a plus un jour à Aubervilliers sans que des enfants ne soient renvoyés chez eux de l’école primaire ou l’école maternelle, faute de maîtres remplaçants. Cette situation qui était l’exception il y a encore trois ans devient la règle, comme nous l’a rappelé Pascal Petitpierre de la FCPE 93, dont le site "Où y-a pas cours" croule sous les mails de parents furieux de voir leur enfant casé en surplus dans une classe, ou simplement renvoyés à la maison quand les parents peuvent le garder. En même temps, les enfants ne peuvent plus être suivis de façon régulière pour traiter la difficulté scolaire, les RASED étant en voie de disparition. Tout au plus, certains d’entre eux sont gardés épisodiquement le soir pour une aide individualisée après une journée déjà longue, nous précise une maman de Firmin Gémier qui s’interroge sur la nature de l’aide apportée à un moment où l’enfant n’est plus réceptif. La situation est identique dans les collèges et lycées, dans lesquels les remplacements sont de plus en plus mal assurés, et souvent avec des enseignants non formés. Déjà depuis cette rentrée, "on paye plein pot la réforme de la formation des enseignants" (ils devront effectuer un temps complet devant les élèves et ne bénéficieront quasiment pas de formation, NDLR) précise Laurent Ighouressene, professeur de mathématiques au collège et lycée Henri Wallon.

La course au label, c’est terminé !

Jusque là, les actions menées dans les établissements scolaires avaient permis de limiter la casse, et même d’obtenir des avancées. Ainsi, les enseignants et parents du lycée Henri Wallon avaient-ils obtenu en 2007 pour une durée de trois ans des heures pour apporter un soutien aux élèves en difficulté. La communauté scolaire du collège Rosa Luxemburg avait obtenu un classement ambition réussite en 2006 qui, comme au collège Jean Moulin, lui avait apporté quelques moyens nouveaux. On se souvient aussi du classement ZEP de tous les collèges de la ville obtenu de haute lutte en 1998, lors du mouvement du 93. Véritable bouffée d’oxygène, ces moyens avaient permis de limiter les effectifs par classe et donné quelques moyens supplémentaires. Et par ricochet, les autorités académiques avaient admis au terme d’un rapport de force renouvelé chaque année, que les quelques écoles non ZEP, bénéficieraient des mêmes normes d’encadrement. Le 93 avait même été un peu épargné lors de la dernière rentrée grâce au rapport de force que les syndicats enseignants avaient créé avec les parents. Un rassemblement est d’ailleurs prévu le jeudi 10 février à 11h00 devant l’inspection d’académie à Bobigny pour faire valoir la spécificité de notre département. Mais les craintes de voir les derniers verrous sauter, en particulier le nombre d’élèves par classe, de plus en plus d’enseignements assurés par des contractuels ou vacataires ou non assurés est réelle. Pour la première fois, le nombre d’heures postes est inférieure aux heures dues aux élèves dans les prévisions de dotations qui tombent actuellement pour la rentrée 2011 en collège et lycée. C’est bien le système dans sa globalité qui est menacé.

L’éducation a besoin d’autre chose que de politiques de communication

Rien ne sert de courir derrière un nouveau label pour sauver quelques heures. Le débat avait eu lieu entre les "dogmatiques", hostiles à tout classement (ZEP, RAR...) pour éviter de faire le lit de la dérèglementation, et les "pragmatiques", soucieux d’obtenir quelques moyens par ce classement. Le débat aujourd’hui n’a plus lieu d’être. Le dernier label, "CLAIR", n’apporte aucun moyen supplémentaire. Il permettra simplement de gérer les établissements scolaires comme des entreprises : recrutement des enseignants par le chef d’établissement, instauration de préfets des études... Ce classement fait l’unanimité contre lui parce qu’il répond uniquement à la volonté du ministre Chatel de donner un débouché aux assises de la violence tenues au printemps dernier et desquelles il fallait bien sortir une image forte, faute de réflexion sur la difficulté scolaire et les moyens d’y remédier. Alors on est dans l’opération vitrine, comme avec les internats d’excellence. Regrettons à ce sujet que le manque de débat sur l’internat d’Aubervilliers ait conduit dans le piège la municipalité qui se retrouve à cautionner à des coûts exorbitants (voir les différents articles, reportages sur cette expérience) une opération qui n’est autre qu’une opération de communication. La question de l’encadrement et du devenir des 16000 jeunes scolarisés à Aubervilliers mérite une autre considération.

Eric Plée

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