Les lundis du Collège de France à Aubervilliers

Lundi 15 novembre : conférence « TRAVAIL ET POUVOIR D’AGIR »

Invitation de Jack Ralite

mardi 2 novembre 2010

Je vous adresse ce courrier à propos d’une initiative à Aubervilliers qui, en soi et dans le contexte actuel, est susceptible de vous intéresser.

Il s’agit, dans le cadre des « Lundis du Collège de France », d’une conférence assurée par le psychologue du travail Yves Clot, titulaire de la Chaire de psychologie du travail du Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM).

Cette conférence « TRAVAIL ET POUVOIR D’AGIR » se tiendra le lundi 15 novembre à 19h au Théâtre de la Commune (2 rue Edouard Poisson à Aubervilliers).

Yves Clot a déjà écrit plusieurs ouvrages sur la question du travail, le plus récent étant Le travail à cœur (pour en finir avec les risques psychosociaux) aux Editions La Découverte. Il y développe l’idée que la thématique de la « souffrance au travail » n’est pas bonne. C’est un piège qui, de fait, sert à transformer les travailleurs en sinistrés, en victimes. C’est ce qu’il appelle le « despotisme compassionnel ».

Or, le travail n’est pas un produit toxique. C’est de ne pas pouvoir le faire correctement qui l’est. C’est lui, le travail, qu’il faut soigner. L’Etat et les directions d’entreprises disent aux gens : « Votre vie est difficile, le monde est dur, il y a un marché, on est tous sous contraintes, on comprend que ça fasse mal, mais on reconnaît vos efforts. » Ce raisonnement ne fait pas le compte.

Peut-on faire un travail dont on puisse être fier ? Dans lequel on puisse se reconnaître ? Qu’on puisse transmettre à ses enfants ? Voilà ce qui est décisif.

Il y a à inventer pour que la qualité du travail soit au cœur. C’est une des questions politiques principale d’aujourd’hui. Primo Lévi, dans son livre La clef à molette, évoque le lien qu’il y a entre le « bien-être » et les exigences du « bien faire » au travail. Un médecin philosophe, Georges Canguilhem, a pu dire : « L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées. »
L’intervention d’Yves Clot « bourdonnera de cet essentiel » dans la vie des travailleurs, du précaire au cadre.

En attendant le plaisir de vous accueillir à cette conférence croyez, che(è)r(e) camarade, en mes sentiments les plus cordiaux.

Jack Ralite

4 Messages

  • Et voilà enfin le travail ! Le 3 novembre 2010 à 14:30, par Gani

    Il est vraiment super qu’Yves Clot vienne nous parler du travail. On a tellement entendu de conneries assénées à ce propos par Sarko et consorts mais aussi par les sirènes réformistes qu’il est grand temps de se poser les vraies questions. Celle du travail aliéné par exemple et du comment s’en sortir.

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  • Avoir du travail ou avoir un métier ? Le 12 novembre 2010 à 20:04, par Stanislas

    Aimer son travail pour bien le faire : Pour cela, il faut mettre en cause l’organisation du travail et les objectifs de production. Cela ne se fera pas sans conflit car c’est mettre en cause une chasse gardée du patronat. Une telle bataille mettra en évidence la nécessité de combiner luttes sociales et luttes politiques.

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  • La Bourse ou le travail ? Le 13 novembre 2010 à 11:05, par Auri sacra fames

    Aujourd’hui c’est le travail contrainte, le travail souffrance ou le non travail qui domine. C’est aussi ça qui était présent dans les manifestations contre la réforme des retraites. La question du travail ne se résume pas aux excès ou aux exigences des employeurs, sinon, il suffirait comme le propose certains, même à gauche, de mieux réguler les relations sociales, de mieux les encadrer pour les humaniser, d’introduire de l’écoute et de la souplesse dans le dialogue, de parler de la crise mais jamais de ses causes... Tout cela pour nous détourner de la véritable question qui reste : "la domination patronale" dans un système lui même dominé par la financiarisation et le capital.

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  • Lundi 15 novembre : conférence « TRAVAIL ET POUVOIR D’AGIR » Le 1er avril 2011 à 13:41, par Alain Bascoulergue

    L’essentiel n’es-il pas de changer nos rapports au travail ? pour faire quoi ? Pour approcher ensemble, "collectivement" les conséquences insupportables de l’organisation et des conditions de l’exécution du travail. Réinventer la solidarité, casser les contraintes des évaluations individualisantes et culpabilisantes. Ré-enchanter notre monde au travail, pour qu’il redevienne le lieu des solidarités éprouvées, des questionnements indispensables sur "que faisons nous ? pourquoi faisons-nous cela ? " et "comment le faisons-nous ensemble ?". L’effacement de ces enjeux de "sens" nous livre impuissants devant les stratégies construites sur la recherche de la plus grande rentabilité de l’énergie humaine mobilisé dans les opérations de production."

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