Xénophobie d’Etat : débat organisé par le 93 au cœur de la République vendredi 24 septembre

Compte-rendu

dimanche 3 octobre 2010

Xénophobie d’Etat, c’est le terme employé par la tribune pour qualifier les interventions du président de la République et ses ministres stigmatisant une population. On pense particulièrement aux derniers à défrayer la chronique, les roms, mais le débat a largement porté sur les toutes les populations d’origine étrangère, dont les sans papiers. Les intervenants insistent sur le fait qu’actuellement, les représentants de l’Etat, en principe garants des principes républicains, se lâchent à des opérarations de communication flattant les bas instincts d’une opinion publique qui ne trouve plus dans l’Etat la ligne jaune à ne pas franchir..

Olivier Le Cour Grandmaison, historien et universitaire, Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Mouloud Aounit, président du MRAP s’accordent sur les points suivants :

1. Ce que certains appellent « dérive sécuritaire » de Sarkozy de cet été (discours de Grenoble, mesures xénophobes,etc...) ne le sont pas ; la politique de Sarkozy est définie ainsi depuis son accession au pouvoir ; avec son élection comme président de la république, ce sont les idées du front national qui sont là.

2. Il faut que tous les partis de gauche s’unissent et s’engagent sur des principes clairs concerant ces questions : par exemple la défense des sans-papiers, le droit de vote aux étrangers pour les élections municipales.

3. la période qui nous sépare de l’élection présidentielle risque d’être très difficile et tendue car le pouvoir va tout tenter, y compris par des provocations, pour attiser la peur.

Le débat avec la salle permet de mettre certaines questions en perspective, et les parallèles faits avec d’autres périodes de l’histoire montrent la spécificité du phénomène actuel. Celui-ci s’inscrit à la fois comme une résultante de l’instrumentalisation qui a été faite du front national dont Mitterrand avait été l’initiateur et comme la conséquence du climat social et politique actuel : la marge de manœuvre en terme d’élargissement de la majorité présidentielle étant épuisée, les thèmes de campagne du candidat Sarkozy, notamment le pouvoir d’achat et la sécurité lui revenant aujourd’hui comme un boomerang, celui-ci fait le choix des opérations de diversion condamnables éthiquement, en rupture avec les valeurs républicaines.

Les participants à cette initiative se montrent demandeur d’une poursuite de la mobilisation et du travail de sensibilisation. La manifestation du 16 octobre constitue une première réponse à leur attente. Soyons nombreux.

Bernard Orantin, Eric Plée

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