La Maladrerie, le jour, la nuit

Première partie

lundi 27 septembre 2010

De belles affiches sur les panneaux Decaux et un article publié dans Aubermensuel informent de l’organisation d’un « nuit blanche » (la deuxième à Aubervilliers) le 2 octobre prochain. Cette « nuit blanche » se déroulera à la Maladrerie de 17h à 1 heures.

Revoici à cette occasion la Maladrerie redotée de ses atours d’origine, qualifiée de « quartier artistique » et reconnue, on l’apprend au passage, « Patrimoine du XXe siècle ».

Après les annonces, au demeurant bien obscures, de l’engagement d’opérations d’assez grande ampleur sur le bâti, voici donc que paraît s’amorcer une réoccupation symbolique de l’espace, ou plutôt du cœur historique de la Mala (ce qui fut la première tranche de la construction).

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Cœur historique de la Maladrerie

On ne se plaindra pas que la Mala attire à nouveau l’intérêt mais nous n’accepterons pas une utilisation politicienne d’une certaine image de marque de la cité.

La Mala concentre en effet des questions très lourdes. C’est une cité abimée par le temps et par l’interminable crise sociale. Elle a été victime de très dures attaques dont la trentaine de squats subsistants témoignent. Ces squats sont pour l’essentiel situés dans ce que l’on appelle l’Ilot Daquin où vont être engagées des opérations de résidentialisation et de réhabilitation.

La majorité municipale issue des élections si singulières de 2008 n’a fait preuve d’aucun courage politique à ce propos : elle a laissé subsister les squats. Cette inertie a eu pour conséquence de pérenniser une ghettoïsation de fait alors même que les politiques conduites par l’OPH en matière d’attributions de logements ont lancé un processus de création de nouveaux espaces ghettoïsés (la remarque vaut pour l’ensemble du parc de l’OPH).

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Vitre cassée depuis des mois

Cette situation se combine avec l’existence d’un quotidien pesant. Certes grâce à l’action de la Régie de quartier, portée à bout de bras par un collectif d’habitants, l’essentiel est accompli en matière de nettoyage, mais c’est un vrai travail de Pénélope : la nuit défait ce que le jour a fait.

Les engagements électoraux concernant la réparation des vitres cassées et autres désagréments ne sont pas tenus. Aucune action systématique n’est conduite contre les tags. Il n’y a aucun effort de fait concernant l’appropriation par les habitants des espaces végétalisés à leur disposition. La terre n’a pas été rétablie sur les terrasses dallées de manière sauvage ou avec le concours de l’OPH.

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Tags, place Renoir

C’est donc dans ce contexte brièvement rappelé que se situe l’opération « nuit blanche ».

Nous l’aborderons dans une suite à ce papier et traiterons aussi de la question du patrimoine artistique de la Maladrerie. Nous éclairerons aussi ce que signifie la reconnaissance de la cité comme « Patrimoine du XXe siècle ».

André Narritsens