Le collège Jean Moulin va être reconstruit !

dimanche 22 août 2010

C’est le seul collège avec Henri Wallon qui n’a pas connu de réhabilitation depuis son ouverture en 1975. Gabriel Péri, Denis Diderot ont fait l’objet d’importants travaux il y a maintenant une vingtaine d’année, Rosa Luxemburg a ouvert ses portes en 1998. On peut dire que la situation devenait très difficile dans un bâtiment mal conçu et qui s’est dégradé rapidement. On se réjouit de la décision du Conseil Général de vouloir offrir un cadre plus agréable aux futurs usagers du lieu. C’est un engagement financier important, 28 millions d’euros, qu’a pris la collectivité, et on est en droit d’en attendre une amélioration significative des conditions d’accueil des collégiens.

Conseil général : peut mieux faire !

L’établissement dispose en effet d’un certain nombre d’atouts, à commencer par un terrain d’une grande superficie, contrairement à de nombreux collèges localisés dans une zone urbaine aussi dense. On aurait aimé que les équipements sportifs, en particulier la salle de sport ne soit pas réduite au minimum syndical (360 m2) dans une ville qui manque d’équipements. Outre les créneaux horaires que cela libérerait sur les stades et dans les gymnases municipaux pour les autres établissements, cela permettrait l’utilisation hors temps scolaire d’espaces dont les associations sont demandeuses. On peut regretter que le département comme la ville, qui avaient l’opportunité de proposer un réel plus en matière d’équipements sportifs et de loisirs n’aient pas eu cette clairvoyance.

Autre sujet d’achoppement, la taille des salles de classe. Les normes qui étaient jusqu’alors de mise, s’avèrent aujourd’hui inadaptées aux pratiques d’enseignement qui exigent souvent des petits groupes et donc davantage d’espace. Dans les établissements récemment construits ou reconstruits, les équipes relèvent systématiquement cette question, et on peut regretter que les décideurs actuels n’aient pas jugé utile d’évoluer. C’est la raison pour laquelle les débats ont été tendus lors conseil d’administration tenu fin juin au collège. Le vote pour la reconstruction de l’établissement n’a été obtenu que sous réserve d’une révision à la hausse de l’espace des salles de classe.

Des blocages dans la concertation !

On déplore d’autant plus ce blocage que les techniciens du conseil général qui ont suivi ce dossier ont eu à coeur de travailler dans la transparence et la concertation. On regrette que l’élue qui suit l’établissement pour le conseil général, en l’occurrence madame Yonnet, ne se soit pas mieux fait le relais des préoccupations des usagers. Et ce qui est un projet très positif apparaît comme sérieusement entaché par le manque de prise en compte de ces réalités. C’est d’autant plus regrettable que des aménagements intéressants que le Conseil Général met en oeuvre depuis plusieurs années dans les nouveaux établissements, sont proposés : local pour les parents accessible facilement, garage à vélo, espaces extérieurs avec parcelles pédagogiques....

Dans le laps de temps restant, alors que le concours d’architecte doit prochainement débuter, on espère que le conseil général cherchera un consensus positif autour de ce nouvel établissement qui doit ouvrir début 2015.

Eric Plée

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6 Messages

  • Le collège Jean Moulin va être reconstruit ! Le 22 août 2010 à 15:37, par Bile noire

    De qui le jury du concours d’architecte sera-t-il constitué ? Comment le programme a-t-il été établi ? Quelles contraintes va-t-on donner aux architectes ?

    Pour l’instant, les seules certitudes portent sur la salle de sport et sur la taille des salles, qui sont insuffisantes, ainsi que sur de nouveaux équipements, nécessaires dans tout collège moderne qui se donne les espaces pour le dialogue avec les parents et une vie scolaire harmonieuse.

    Quelle forme le collège aura-t-il ? Gardera-t-il sa belle apparence de jardin dominé par un symbole un peu naïf (le gros crayon) ? Les grilles seront-elles toujours aussi difficiles à surveiller et faciles à escalader ? Ne conviendrait-il pas de supprimer ces grilles en construisant un bâtiment au ras de la rue, avec une esplanade de dégagement pour que les élèves puissent attendre l’ouverture des portes sans envahir la rue ? Cela ne permettrait-il pas de limiter quelque peu la déscolarisation de certains élèves ?

    Secondement, qu’est-ce qui sera conservé du bâti existant ? La reconstruction aura-t-elle fait table rase ? Le cube de quatre niveaux et ses quatre escaliers, qui rend la circulation des élèves confuse et brutale autant qu’il fait du travail de surveillance un véritable casse-tête, ne doit-il pas être reconnu comme une aberration architecturale, et rasé ?

    De fait, la concertation doit être élargie, mais surtout enrichie par un diagnostic clair et sincère de la part de l’Education Nationale (Direction d’établissement, Inspection Académique) sur la vie de cet établissement et sur les erreurs à ne pas reconduire. Ce diagnostic doit être entendu par le Conseil Général, qui ne peut se contenter de répondre finances quand on lui parle d’investissement pertinent et durable.

    Il serait déplorable que les 25 millions d’euros apparemment prévus par la collectivité territoriale servent à un projet mal conçu, qui perpétuerait les avanies que n’a que trop connues ce collège.

    Dès lors, au-delà de la taille des salles et des équipements, c’est de l’ensemble du projet que parents, enseignants et citoyens qui s’intéressent à l’avenir de l’enseignement à Aubervilliers, doivent pouvoir discuter (et non pas seulement être informés).

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  • Le collège Jean Moulin va être reconstruit ! Le 6 avril 2011 à 08:27, par PPP = PAR (programme au rabais)

    Grande nouvelle, la reconstruction du collège Jean Moulin sera effectuée en partenariat public privé : concrètement, la collectivité territoriale sera locataire de l’établissement construit par un grand du BTP. Les effets de la décision prise par le conseil général peu avant les élections a été expliquée par un technicien du conseil général envoyé au casse-pipe face à un groupe d’enseignants déjà mécontent du fait que la concertation précédente ait achoppé sur plusieurs questions, notamment la dimension des salles de classe.

    Si sur ce point, le bon sens l’emporte enfin, le conseil général décide de donner aux salles une surface de 60 m2 au lien de 50, il en diminue le nombre. Les risques de l’augmentation de l’amplitude horaire (systématisation des cours de 16h30 à 17h30) et le risque de voir fleurir des algécos dans la cour assez rapidement pour faire face à la montée des effectifs, les risques de voir rapidement les sur-effectifs rendre la vie difficile dans le collège sont pourtant évidents. La crainte est aussi apparue de voir la collectivité se désengager et amener les usagers à se retourner vers le prestataire (un grand du BTP) pour dédouaner le politique. On imagine assez vite les problèmes de maintenance qui seront posés.

    On comprend assez mal cet acharnement du parti socialiste dans le département à vouloir promouvoir un système dont il est unanimement reconnu qu’il est plus coûteux qu’une maîtrise d’oeuvre interne. Le seul argument qu’il pouvait mettre en avant était que les loyers versés n’étaient pas comptabilisés en endettement mais en fonctionnement, ce qui réduisait l’endettement du conseil général de façon factice. Cet argument est tombé il y a près de deux mois quand obligation a été faite aux collectivités locales d’inscrire le restant dû des loyers en endettement.

    Il n’y a donc plus aucune raison d’utiliser ce moyen de financement, d’autant plus qu’il produira une dette encore plus importante que celle produite par une construction menée par les services du conseil général. En plus, ceux-ci sont forts d’une expérience et d’une compétence reconnue dans le domaine puisqu’il a fallu faire face depuis 1986 (première décentralisation) à la gestion d’un parc d’établissements à la fois insuffisant et souvent de mauvaise facture qui’il a fallu entretenir dans des conditions budgétaires toujours difficiles.

    A moins qu’il y ait certaines choses qui nous échappent....

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  • Le collège Jean Moulin va être reconstruit ! Le 6 avril 2011 à 21:04, par pourquoi en PPP, serait-ce une mode ?

    Qu’est-ce qui peut obliger à construire en PPP si ce n’est des retours de deniers ?
    on peut émettre cette hypothèse.

    Rembourser un crédit ou payer un loyer, le montant doit sortir du budget CG pour l’instant et entrer dans les finances du constructeur.(même si les montants sont différents)
    Dans 3 ans si le CG disparait qui va prendre en charge
    les dettes et les recettes. En a-t-on une idée ?

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  • Partenariat Public Privé made in 93 Le 30 avril 2011 à 20:41, par ça se gâte pour la reconstruction de Jean Moulin

    Le collège Jean Moulin d’Aubervilliers fait partie du “plan exceptionnel d’investissement“ pour les collèges voté par le département de Seine St Denis en octobre 2010. L’année scolaire dernière (2009/2010), M.Hanotin, vice-président du Conseil Général, s’invite en grande pompe dans notre collège, conviant tous les personnels et les parents, pour nous présenter le projet de reconstruction (prévu depuis maintenant 5 ans), et pour nous expliquer à quel point ce projet est ambitieux, etc… S’ensuit alors une période de concertation : des réunions, le soir, avec le responsable du projet (M.Hamet) et les différentes catégories de personnels pour étudier le programme type et négocier point par point les besoins en salles et en surfaces. Ces réunions se passent plutôt bien, dans un esprit de dialogue constructif. Les personnels du collège font preuve d’un certain réalisme, tandis que certaines de leurs demandes sont prises en compte. Des compromis (trop importants pour certains collègues) voient le jour, sans trop de tensions. Un document est finalement constitué sur la base du travail effectué, et voté au dernier CA de l’année, tout début juillet. Les oiseux chantent, le soleil brille, fin du premier acte.

    En février de cette année, les choses se gâtent… Le CG apprend à la chef d’établissement que la reconstruction de Jean Moulin est passée en Partenariat Public-Privé, ce dont il n’était pas question au départ. Mais là, curieusement, M.Hanotin n’a pas organisé de réunion pour nous expliquer en détail ce que le Partenariat Public-Privé impliquait. Il faut dire que le PPP est fortement critiqué, notamment à gauche pour de nombreuses raisons (voir l’article sur le site d’Attac 45 : http://local.attac.org/attac45/spip.php?article470). M.Hanotin ne s’est pas non plus précipité pour venir nous expliquer que le document final, qui avait été voté en CA en juillet 2010, avait été tout bonnement… jeté à la poubelle, et remplacé par un nouveau programme type, daté de février 2011… Les raisons ne manquent pas, donc, de dénoncer le Partenariat Public-Privé comme mode de financement public qui nie le rapport de force entre la puissance public et les financeurs privés (rapport de force que la crise a pourtant remis en lumière). Quoi qu’il en soit, à Jean Moulin, les personnels ont vite constaté les dégâts, tant sur le plan de la qualité du projet qu’au niveau démocratique : entre ce qui avait été voté au CA en juillet 2010 et ce qui nous est proposé (imposé) aujourd’hui, le collège perd 10 salles ! 300 m2 disparaissent rien que pour les locaux d’enseignement, sans compter la Segpa qui perd elle aussi une salle sur ce qui avait été voté… Par exemple, aucune salle informatique n’est prévue, sous le prétexte fallacieux que tous les élèves auront leur ordinateur personnel (mais le nombre de postes informatiques prévus dans les salles de classe ne dépasse pas la douzaine…). En réalité, les explications pseudo pédagogiques cachent mal des motivations purement comptables, dictées par les entreprises privées. De l’aveux même du responsable du projet, la seule salle de permanence (de 80m2) qui figure dans le projet a été pensée pour qu’un surveillant puisse prendre en charge un maximum d’élèves à lui tout seul, anticipant ainsi les baisses d’effectifs en personnels de Vie Scolaire. Pour les personnels ATTEE les changements sont aussi conséquents, notamment en ce qui concerne la cuisine, qui disparaît au profit d’une cuisine relais (lieu de réchauffage et de service). Sans compter les risques de transferts de postes du CG vers des entreprises privées, en ce qui concerne la maintenance, l’entretien, la restauration…

    L’incompréhension, savamment entretenue par la communication du CG, laisse donc la place à la stupeur chez l’ensemble des personnels. Tout le travail effectué l’an dernier, les heures de réunions passées à lire les documents, à tenter de comprendre, à discuter, à négocier, tout cela, effacé par une décision politique, sans que personne ne s’en émeuve ? Les personnels se sont donc réunis en urgence en AG avant les vacances de Pâques et ont décidé d’exiger que ce qui avait été voté l’année précédente soit maintenu comme base de travail. Mais lors de la dernière réunion avec le responsable du projet (le CG avait pris soin de l’envoyer tout seul au front…) au collège le jeudi 28 avril dernier, la situation est apparue totalement bloquée. Le nouveau programme type a été rédigé, nous a-t-on expliqué, avec « des professionnels de l’éducation nationale, des inspecteurs, des recteurs… » et il est non négociable (au cas où l’on aurait envie de repartir pour un tour…).

    Incompréhension, stupeur puis écœurement. Espérons maintenant que la colère suive et qu’elle nous mette en mouvement. Un certain nombre de collègues parlaient déjà, jeudi, d’occuper le collège et de faire venir M.Hanotin pour qu’il s’explique devant les personnels et les parents. L’éducation nationale doit aussi assumer ses responsabilités, et entendre les demandes des personnels sur le terrain avant de se plier aux exigences du PPP. Y a-t-il une possibilité d’envisager un recours, comme il est mentionné dans l’article d’Attac cité plus haut ? Affaire à suivre…

    De : mat
    samedi 30 avril 2011, repris du site de Bella Ciao

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  • Le collège Jean Moulin va être reconstruit ! Le 10 mai 2011 à 22:29, par Parents et enseignants refusent un collège au rabais

    Ce qui devait être une bonne nouvelle devient une source d’inquiétude pour la communauté scolaire. Ce soir, une cinquantaine parents se sont déplacés pour discuter avec une dizaine d’enseignants et personnels du collège Jean Moulin : la raison ; la modification du projet initial qui prévoit une dizaine de salles de cours en moins, et le mode de financement en PPP qui ne permet aucune concertation avec les équipes de terrain.

    Parents et enseignants ne veulent pas en rester là et exigent des explications du vice-président du conseil général, Monsieur Hanotin, dont ils souhaitent plus que vivement la présence jeudi soir, au terme d’une journée qui sera marquée par une action des parents d’élèves associés aux enseignants en grève, une manifestation place de la mairie à mi-journée, et la signature de pétitions.

    Alors même que la perspective d’un sixième collège s’éloigne, malgré les engagements pris avant les élections cantonales par la majorité socialiste du conseil général, le mépris des besoins exprimés par la communauté éducative est particulièrement mal vécu. On espère que l’avertissement lancé ce soir sera entendu jeudi...

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  • detournement Le 10 mai 2011 à 23:12

    la politique de la 3 p c’est ,quoi qu on dise, enrichir des actionnaires privés avec de l’argent public(impot)
    c’est la precarisation des emplois amenant a la disparition des statuts
    c’est a terme la disparition des services publics (education ,hopitaux , prison,)
    si ca c’est etre de gauche

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