Fernande Collot, communiste, résistante, déportée à Ravensbrück, nous a quittés

mercredi 4 août 2010

Le 28 juillet, notre camarade Fernande Collot, résistante, déportée à Ravensbrück, officier de la Légion d’honneur, est décédée à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans. Ses obsèques ont eu lieu mardi, 3 août, au cimetière communal d’Aubervilliers.

Jean-Jacques Karman a, dans une allocution émouvante, retracé la vie et les combats de sa tante, ancienne ouvrière des allumettes, ainsi que l’action résistante de son mari, Raymond, capitaine FTP fusillé par les nazis au Mont-Valérien le 25 avril 1944.

André Narritsens au nom de la section a rendu hommage à Fernande Collot dans les termes qui suivent :

« Je souhaite dire quelques mots au nom de la section d’Aubervilliers du Parti communiste (…). Je crois que nous devons savoir qu’il ne nous sera guère donné d’autre occasion de dire dans de pareilles circonstances ce que fut la Résistance ou plutôt les hommes et les femmes qui firent la Résistance.

Une génération s’efface en effet et avec elle s’en va une mémoire vivante, un rappel incontournable de ce qui eut lieu.

Les révisionnistes en histoire se réjouissent de ce fait. Ils pensent qu’ils auront les coudées plus franches pour trafiquer ce qui a été.

C’est à ce défi, à cette bataille de l’histoire que nous sommes conviés aujourd’hui. Et nous avons la responsabilité de la mener, nous les communistes, parce que ce qui fut fait par nos camarades au cours des années noires est notre honneur et que nous ne le laisserons entacher d’aucune manière.

La tragédie qui fut celle de Raymond et Fernande Collot eut lieu au tout début de l’année 1944. Alors que les nazis reculent devant l’Armée rouge les nazillons français acoquinés à l’occupant poursuivent la lutte à mort entreprise depuis septembre 1939 contre les communistes.

Les sinistres brigades spéciales accentuent la chasse aux résistants, arrêtent, torturent et livrent leurs proies aux nazis.

Disons simplement deux dates : le 21 février 1944 les 23 de l’Affiche rouge sont fusillés. Un mois plus tôt, le 11 janvier, Raymond Collot qui dirige au sein des FTP le groupe spécial chargé des attentats a été arrêté. Torturé par les Brigades spéciales il a été dirigé sur Fresnes d’où il sera extrait dans la nuit du 25 avril pour être fusillé au Mont-Valérien.

Fernande a été appréhendée le 12 janvier. Elle est également internée à Fresnes puis déportée dans l’inhumanité de Ravensbrück.

Je ne puis m’empêcher, en observant comment se lie ainsi dans la tragédie, le destin d’une femme et d’un homme, je ne puis m’empêcher de penser aux couples de la Résistance et plus particulièrement aux femmes de la Résistance. A Aubervilliers les femmes de la Résistance portent des noms de lumière. En voici quelques uns : Régine Gosset, Yonne Carré, Hélène Cochennec, Alice Fauré, Colette Tillon, Fernande Collot.

En ce moment difficile, où les mots ont du mal à se dire, je salue au nom des communistes d’Aubervilliers la mémoire de Fernande Collot »

1 Message

  • Honneur aux femmes de la Rasistance Le 6 août 2010 à 09:17, par Albert

    J’apprends par le site la disparition de Fernande Collot. Je regrette beaucoup de n’avoir pu participer à la cérémonie d’hommage.

    Je crois qu’il est très important de lutter sur le front de l’histoire. On me dit que JJ Karman a demandé que le nom de Fernande Collot soit donné à un lieu public d’Aubervilliers.

    J"espère que le maire entendra cette demande et qu’il la concrétisera.

    Il a promis de donner le nom de Suzanne Martorell à un équipement public mais je n’ai encore rien vu venir.

    Hocine Belaïd, qui fut assassiné par la police le 28 mai 1952, devrait aussi être honoré mais le maire fait la sourde oreille. Il faudra bien qu’il s’explique un jour sur ce point.