Interventions des élus communistes et républicains au Conseil Municipal du 8 avril 2010 (1ère partie)

Le "petit budget" des socialistes

samedi 10 avril 2010

Ce jeudi, le Conseil Municipal votait le budget 2010. D’autres points étaient à l’ordre du jour qui seront développés dans un autre article. Ce 3ème budget de la municipalité à direction socialiste est marqué par un nouvel accroissement de l’endettement, quelques contradictions internes et un certain manque d’ambition. Analyse.

Monsieur le Maire vous venez de nous présenter votre 3ème budget depuis votre élection grâce au renfort d’une partie de la droite.

1. Le premier que vous nous avez présenté était un budget de transition vers un certain inconnu.

2. Votre deuxième budget fut marqué par votre augmentation record, historique et injuste des impôts payés par les habitants, qui placent aujourd’hui Aubervilliers parmi les villes du département où l’impôt immobilier est le plus haut.

3. Votre 3ème budget peut-être qualifié de petit budget par rapport à l’ambition et le niveau de vos prétentions programmatiques.

Au risque d’une envolée de notre cher « radical de gauche » je soulignerai l’absence du contexte politique de l’attitude de l’État envers les villes et départements. Votre collègue Claude Bartolone, a, lui, cet après midi, tenté une fausse rébellion. Certains socialistes de gauche diront c’est mieux que rien, cher « camarade ».

• Vous parlez d’amortir les effets de la crise. Je vous demande quelle est la ou les mesures nouvelles à cet effet. Peut-être l’augmentation des impôts ou encore celle aussi record de l’augmentation des loyers HLM décidé par vous. Résultat 8000 familles parmi les plus pauvres ont eu la double peine par vos décisions. Nous n’avons vraiment pas la même définition du mot amortir pour vous c’est plutôt un synonyme d’enfoncer.

• Vous parlez de développer les partenariats avec le département. Mais le président socialiste du Conseil général préfère couper lui-même les politiques innovantes mises en place par les communistes, comme les ordinateurs pour les collégiens, la carte de transports pour les jeunes et pour les personnes âgées… que d’affronter le pouvoir de Droite.

• Vous parlez d’accompagner le développement du territoire. Là aussi, rien de nouveau et même sur les projets que nous avions engagés, vous n’êtes pas à la hauteur pour les mener à bien. Je ne veux pas parler de la piscine olympique ou du campus Condorcet, qui sont, espérons momentanément, au point mort. Non je veux parler du projet de la clinique « villa maria » près de la A 86 qui est abandonnée. Les causes sont certainement multiples mais le résultat est là.

Voilà vos 3 grandes orientations, amortir, développer et accompagner. Au regard des résultats je dis bien c’est un petit budget. Vous faites ce que vous pouvez, mais visiblement vous pouvez malheureusement peu.

Ensuite vous dites, je vous cite : « les exercices budgétaires 2008 et 2009 ont permis des progrès dans la voie du redressement financier. » Quelques remarques à ce sujet :

1. Le maire prend bien en compte, dans cette phrase, le budget 2008 comme son premier budget qu’il a effectivement, présenté et voté.

2. Il est noté une certaine neutralisation de l’effet de ciseaux par une augmentation des recettes plus importantes que l’augmentation des dépenses. En réalité c’est l’augmentation record des impôts, l’ajustement légal de DGF en fonction du nombre d’habitants que nous réclamions depuis des années, le décalage dans le temps d’une partie des réajustements des salaires du aux salariés de la ville et les droits de mutation de la grande tour. En réalité votre gestion n’est responsable que des sommes résultant de l’augmentation record des impôts et de celle sur le décalage sur les salaires des employés de la ville. Une précision : quand vous parlez d’amortir les effets de la crise, vous ne parlez sûrement pas de l’employé de la commune, de catégorie C, les petits salaires qui habitent en HLM, car eux ils ont eu la double peine résultant de votre gestion.

3. Vous parlez d’un recul de l’endettement de 3,7 M€. Là aussi, il y a les inscriptions budgétaires et la réalité. La réalité c’est que vous avez passé un PPP (Partenariat Public Privé) avec la société Bouygue, ce serait une autre entreprise ce serait pareil. Cette entreprise a fait à la place de la ville un emprunt de 15 M€ pour construire l’école, que la ville doit rembourser. Donc la dette réelle de la ville n’est pas en diminution mais en augmentation de 11,3 M€. Le fait que nous ayons voté pour la construction de l’école, ne veut pas dire que nous approuvons les PPP que nous avons dénoncés comme plus chers suivant en ce sens la cour des comptes qui met en garde contre ce procédé.

4. Sur le nouveau pacte financier avec plaine commune, nous vous demandons de tenir compte, dans les négociations, de la réalité changeante des villes et non des principes figés sur plusieurs années.

Sur la section de fonctionnement, juste un doute sur les charges de personnel à plus 2,5 %. Avec les déroulements des carrières et les réajustements salariaux je pense que le chiffre n’est pas à la hauteur, à moins que vous ayez décidé de ne pas appliquer toutes les revalorisations possibles.

Sur la section d’investissement, simplement 2 remarques.

1. L’entrée des économies d’énergie dans la gestion et les constructions est un fait incontournable dans toutes les villes. La nouveauté n’est pas liée à la nouvelle municipalité mais simplement à la période. C’est le cas aussi à Saint-Denis, La Courneuve ou Saint Ouen par exemple. Que vous le fassiez c’est bien, mais c’est normal.

2. Sur l’investissement, je me dis heureusement qu’il y a Plaine Commune qui investit fortement à Aubervilliers.

Pour terminer quelques mots sur l’emprunt qui est annoncé. Il est de 12 M€ pour 2010, un des plus importants de notre histoire, en contradiction avec vos dires du début de rapport. Nous ne souhaitons pas qu’il soit totalement mobilisé car il serait supérieur au remboursement en capital pour cette année et ferait augmenter automatiquement une nouvelle fois la dette globale de la ville.

En conclusion, c’est bien un petit budget pour un maire qui n’a pas encore réussi à apposer son empreinte de gestion, mais un petit budget avec des risques qui ne sont pas à sous estimer.

Jean-Jacques Karman, pour le groupe des élus communistes et républicains "Tous ensemble pour Aubervilliers"