Samedi 10 avril à l’Espace Fraternité de 9h à 17h

Une journée pour "dire les maux du service public"

Réunion publique organisée par l’Appel des appels 93

dimanche 28 mars 2010

"Tel un rouleau compresseur, les gouvernants réduisent chaque jour davantage l’étendue des institutions de service public, des missions et métiers œuvrant, à un niveau ou à un autre, aux liens sociaux et liens culturels dans leurs transversalités. Le socle du contrat social se dérobe sous les pieds des professionnels et des citoyens qui, en conséquence, se retrouvent toujours plus destitués de leur citoyenneté sociale et politique ou professionnelle, spoliés de leur place et de leurs rôles de sujet, d’acteur social ou coauteur des liens. Les politiques publiques sont pourtant les seules à pouvoir instituer les conditions nécessaires pour soutenir une société où les individus et les ensembles sociaux peuvent créer les nouvelles formes d’organisation sociale nécessaires pour faire face, de façon créative et coopérative, aux successives métamorphoses du monde.

Après quelques décennies antérieures d’avancées dans la construction des solidarités, la société hyperlibérale actuelle se déploie sur le principe de la suppression de toute permanence, par la promotion de la discontinuité et du non engagement, appuyé sur l’idéalisation du nomadisme sous couvert de mobilité ou de flexibilité.

La peur, avec les symptômes qui en résultent, apparaît sans limite. Elle s’auto-alimente du toujours plus de répressions multiformes : l’évaluation en est le genre nouveau, puisque fondée sur des critères concassant sans vergogne individus et ensembles sociaux, qu’elle transforme dans leurs complexités en unités simplistes, abstraites autant que fictives mais additionnables.

Les idéologues de l’hyper tentent d’imposer comme vérité éclairante la représentation fallacieuse qui leur permet d’appeler État « Providence », l’État de droit qui se soucie des citoyens qui le composent, de leur destin économique, politique et social. Il y a ceux qui souffrent parce qu’ils n’ont pas de « travail », il y a ceux qui souffrent par les conditions d’exercice de leur travail. Les modes hypermodernes de management utilisent l’amplitude du phénomène de la raréfaction des emplois pour faire pression sur ceux qui ont un revenu régulier, afin qu’ils acceptent des surcharges de travail et des modes de commandement d’un autre âge.

Un surcroît de tensions psychiques professionnelles ou sociales pèse sur chacun dans tous les corps de métier et à tous les étages. Les souffrances sociales au travail et dans les liens de travail sont décuplées. Théorisées comme strictement individuelles, elles favorisent le repli sur soi et détournent des solidarités collectives et de l’investissement du socius.

Allons-nous nous résoudre à constater la création de générations sacrifiées, pris que nous serions dans une fatalité hypermoderne qui brade l’être humain en démolissant les services publics ?

Allons-nous nous laisser berner par cette idée distillée chaque jour à petites doses dans nos consciences diffusant des sentiments de révoltes, de repli ou de résignation mêlés qui conduisent à laisser faire ou à voir en tout autre un concurrent dangereux ?

Le malaise est bien là, profond, palpable. Les professionnels du service public tanguent. Ils n’ont désormais le choix qu’entre la voie du suivisme aveugle d’injonctions cyniques et opportunistes, relayées sans discernement et… la voie du refus de l’anesthésie en se joignant au mouvement solidaire qu’appelle la journée du 10 avril.

La caporalisation des esprits accompagne la trompeuse musique hyperlibérale, invitant tout un chacun à la servitude professionnelle et sociale librement consentie.

Lorsque l’être humain résiste, on le réquisitionne, on l’opprime, on le licencie, on le « casse ». Bref, le Pouvoir renoue avec les principes premiers de la tyrannie : le populisme et l’imposition d’un ordre aux principes révolus amplifiant les dérégulations hypermodernes.

Nous vous proposons de venir participer à une Journée observatoire des effets de ces orientations en Seine-Saint-Denis,
le samedi 10 avril de 9h à 17h à l’Espace Fraternité,
10-12, rue de la Gare à Aubervilliers.

Pour le collectif de l’Appel des Appels en Seine-Saint-Denis : Taoufik Adohane, Marie Deschard, Fernando Manzoni, Dr Didier Ménard,
Evelyne Mézange, Docteur Tristan Garcia-Fons, Capucine Ros,
Majid Safouane, André Sirota
"

NdMT : l’Appel des Appel, pour ceux qui ne connaissent pas encore, réunit des professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture qui "attirent l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps."

2 Messages

  • Une journée pour "dire les maux du service public" Le 30 mars 2010 à 16:01, par Bonne idée !

    Bonne idée de programmer cette journée de réflexion sur le service public à Aubervilliers ! (Et bonne idée d’en avoir fait la pub sur votre site).

    Quand on voit les queues qu’on doit faire à la Poste ou pour obtenir un rendez-vous au centre du Docteur Pesqué, on se dit qu’à Aubervilliers, on paye déjà plein pot la casse du service public orchestré par la droite !

    Le journal de Plaine-Commune (En commun) titre très justement en une : "urgence de transports". À Saint-Denis, ils ont la ligne 13 archi-bondée, nous à Aubervilliers, on a les bus et c’est pas mieux ! Là encore, il faut investir massivement et rapidement dans les services publics pour que la situation ne vire pas à l’émeute dans les gares du 93 !!!

  • JE M’inscris à cette journée. faut rompre avec le silence