Place de la mairie, jeudi 4 février à 14 heures

150 à 200 enseignants témoignent du profond malaise de l’éducation nationale !

vendredi 5 février 2010

Le mouvement est parti du lycée Henri Wallon en fin de semaine dernière et a pris une ampleur notable. La plupart des enseignants du premier et du second degré se sont en effet reconnus dans le constat fait par leurs collègues de la cité scolaire.

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En ce moment, se prépare la rentrée de septembre 2010. Les dotations tombent dans les établissements. Et comme on supprime 16000 postes de profs cette année, ça se traduit par des heures en moins ; des heures qui avaient souvent été arrachées par des grèves pour permettre des enseignements par petits groupes ou une aide individualisée... Des heures en moins, ce sont aussi des postes en moins, et aussi des profs qui n’ont pas le temps de se fixer dans leur établissement, et surtout, des enseignements en moins : bac pro en trois ans au lieu de quatre, réforme Chatel des lycées qui était le point de départ du mouvement.

Une situation comparable à celle de l’hôpital !

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Le contexte est difficile. Certains travailleurs sociaux qui se sont joints au rassemblement témoignent des tensions autour des établissements. Et il est essentiel d’avoir des enseignants formés pour répondre aux enjeux éducatifs actuels. La réduction du nombre de postes aux concours contraint le rectorat à recruter des personnels non formés. Un professeur du collège Jean Jaurès de Pantin expliquait que les contractuels représentaient cette année 20% des effectifs enseignants de l’établissement. Et la réforme de la formation des enseignants a pour objet de mettre les stagiaires davantage devant élèves et moins en formation. Dans ce contexte, assurer les remplacements devient encore plus compliqué : un professeur des écoles expliquait comment la matinée dans son école avait été consacrée au dispatching des élèves dans d’autres classes, du fait des arrêts maladie. C’est une situation comparable à celle de l’hôpital, assurait une infirmière, par ailleurs adhérente à la FCPE dont l’union locale d’Aubervilliers soutient activement le mouvement.

Des établissements épargnés ?

Certains établissements s’étaient vu doter de moyens supplémentaires, généralement dans le cadre du volet ambition réussite du plan Borloo. ils sont encore peu touchés par les coupes sombres et ont pu parfois, non sans peine, mettre en place des dispositifs pour limiter le décrochage scolaire et l’exclusion. Mais comme les familles ont tendance à éviter ces établissements, tendance favorisée par la suppression de la carte scolaire, ceux-ci n’échappent pas à la dégradation globale du système éducatif.

Pas surprenant dans ce contexte qu’aux côtés de trois lycées sur quatre d’Aubervilliers, des cinq collèges, de quelques écoles primaires, se soient joints des établissements de Pantin et de Saint-Denis. Incontestablement, le malaise fait tâche d’huile. Il serait bon de prendre la juste mesure du problème, qui ne passe ni par des effets d’annonces, ni par des gadgets partenariaux type BNP Conseil Général du 93 qui aboutissent à dédouaner les collectivités nationale ou locale de leurs responsabilités.

Éric Plée

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