Décès d’Élisa Le Manac’h

dimanche 6 décembre 2009

La section d’Aubervilliers a la tristesse de vous annoncer le décès d’Élisa Le Manac’h, militante communiste depuis 1939. Le texte que nous publions ici a été lu par Madeleine Cathalifaud lors de l’enterrement (mercredi 2 décembre).

C’est avec une profonde tristesse que tes enfants, ta famille, tes amis, tes camarades sont réunis pour témoigner leur affection, leur amitié, leur respect.

Ton sourire, ta gentillesse, l’attention que tu portais aux autres, à ton voisinage, sont très présents à notre mémoire.

Mais plus encore, ta modestie, ta discrétion qui n’ont jamais laissé paraître à quel point ta vie méritait d’être connue et honorée.

Issue d’une grande famille de huit enfants, Elisa est née en Bretagne en 1910. Elle fréquente une école religieuse, et dès son plus jeune âge, elle s’offusque des injustices qui se manifestent dans cette école, car selon que les enfants venaient de familles riches ou pauvres, les traitements n’étaient pas les mêmes !

En 1930, Elisa quitte la Bretagne avec son mari Louis Le Manach. Le couple trouve à se loger à Aubervilliers, dans le quartier Edgar Quinet (rue du port et ensuite rue du Colonel Fabien.)

Louis travaille dans le bâtiment, Elisa est ouvrière à la chaîne dans une usine d’Aubervilliers.

Tous deux s’intègrent dans cette nouvelle vie, sans doute bien différente de ce qu’ils avaient connu jusqu’alors.

Ils sont syndiqués, et Louis achète l’Humanité tous les jours. Très vite, il devient diffuseur de l’Humanité-Dimanche.

En 1939, dans un climat que l’on peut imaginer, Elisa adhère au P.C.F. Et avec son mari s’engage dans la vie militante.

Louis est mobilisé et est fait prisonnier de guerre. Elisa se retrouve seule avec sa fille Louisette. Elle fait face. Plus, elle agit : Elle participe à des actions de résistance. C’est dans son quartier que le poste de commandement du Colonel Fabien est installé. Elle distribue des tracts, assure des liaisons, etc. Elle accueille une famille juive qu’elle aide à se cacher. Partout où il faut aider, donner de son temps, Elisa est là.

Après la guerre elle est employée dans une maison d’édition de gauche (CDLP).

Elle est syndiquée et membre de l’union des femmes françaises (UFF). Sans faire de bruit, Elisa assume sa vie de femme, de mère, de travailleuse et de militante. Cqui, pour l’époque, reste assez rare.

A la mort d’Emile Dubois, elle devient conseillère municipale et exercera un autre mandat avec André Karman.

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Sur cette photo, on peut reconnaitre : Marguerite LEMAUT, Edouard FINCK, Jacqueline GELLY, ALVERGNAT, René THÉNARD, James BLANC, François COCHENNEC, Jules DUPONT, BÉLANGÉ, ...
Elisa LE MANAC’H est la première à gauche.

En 1960, le couple s’installe rue Hélène Cochennec dans un logement plus grand et plus confortable, elle sera attachée toute sa vie à ce quartier du Montfort.

C’est là que j’apprends à mieux les connaître, dans la cellule Cochennec. (…) Elisa et ses camarades assurent une présence tous les dimanches matins près des bains-douches.

En 1968 Louis décède. Elisa accuse le coup, entourée de ses enfants.

A la retraite, sa présence parmi les communistes ne faiblit pas (Lutte pour la paix au Vietnam, soutien à la grande grève des mineurs, etc.)

Tant que la santé le lui permet, elle agit et discute. Toute sa vie est une fidélité à ses idées, pour plus de justice, pour la paix,et pour un monde meilleur.

Solidaire du parti communiste espagnol (alors clandestin) sous Franco, elle assure la liaison du courrier avec les communistes espagnols installés à Aubervilliers.

Il y a trois ans, elle commence à être troublée par cette maladie qui atteint de plus en plus de personnes très âgées. Elle reste chez elle, aidée par les siens, mais une chute l’oblige à être hospitalisée. Elle est accueillie dans un établissement spécialisé et vit dans son petit monde.

Mercredi 25 novembre, elle s’éteint.

Voilà qui était et restera Elisa, une femme toute simple, courageuse, discrète, effacée, toujours souriante, toujours prête à donner : une femme digne.

A vous, Louisette, Jacques, ses enfants, ses petit-enfants, soyez fiers d’avoir partagé avec elle tous ces moments, cette vie pleine d’expérience et de richesse, où les valeurs essentielles ont toujours dominé.

Nous, ses amis, ses camarades, elle nous manquera.

Madeleine Cathalifaud

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