Compte-rendu du Conseil de Quartier Centre-ville – Victor Hugo du 5 février 2009

dimanche 8 février 2009

La réunion commence à 19h15 et tous les élus annoncés (Djamila Khelaf, Sophia Chibah, Véronique Hammache, Teddy Maïza, Omar Aït-Bouali et Jean-François Monino) sont présents. Notons que sur les six élus, cinq sont maires-adjoints. On comptera, au plus fort de la réunion, environ 35 participants.

Nos lecteurs se souviennent de la précédente réunion (novembre 2008). Une seule élue était présente et elle était partie en milieu de soirée. Conscients de l’absurdité de la situation, les élues chargées du quartier ont voulu corriger le tir. Rappelons aussi que la précédente réunion s’est terminée sur la présentation de la Charte des conseils de quartier. On nous avait alors promis que la prochaine réunion nous permettrait de débattre de la charte.

Sauf que... L’ordre du jour ne comprend pas du tout de discussion autour de la charte et Sophia Chibah (élue du quartier) nous annonce qu’à la prochaine réunion, nous devrons élire notre responsable de quartier. Ce qui est pour le moins étrange puisque le responsable, nous a-t-on dit la dernière fois, était choisi par le conseil municipal, au sein du collectif d’animation (non encore constitué).

S.C. nous présente ses vœux en nous disant que l’année 2009 « sera difficile ». Parle-t-elle de la politique de Sarkozy, de la crise financière ou du prochain budget de la ville ? Mystère.

Véronique Hammache ouvre le bal des interventions des élus invités. Elle nous lit un texte pour nous présenter ses fonctions (maire-adjointe séniors, prévention de la dépendance et handicap). Elle lit très vite, d’une voix monocorde et on ne saisit pas bien ce qu’il y a de nouveau dans ce qu’elle nous annonce. Quelques questions suivront et on passe très rapidement au point suivant.

Teddy Maïza (maire-adjoint à l’environnement, économie d’énergie, stationnement et embellissement de la ville) prend le relais. Avoir avoir résumé ses fonctions et rappelé quelques uns de ses projets, il nous parle des jardins partagés, que la municipalité souhaite mettre en place sur Aubervilliers. Comme on peut s’y attendre, les questions pleuvent... Problèmes de crottes de chien, de stationnement, conflit de voisinage, etc. L’atmosphère se dégrade rapidement. Une partie du public interpelle les élus sur la disparition de places de parking handicapées. M. Maïza se défend en disant que les places sont seulement redéployées. Voyant l’heure tourner, Sophia Chibah essaye de calmer le jeu en passant au point suivant.

Peine perdue car les participants ont encore des questions à poser ! Y aura-t-il des jardins partagés dans notre quartier ? Oui et il faut s’adresser à un certain ... Roger Calcagni ! Les jardins des vertus seront-ils préservés dans le projet de rénovation du Fort d’Aubervilliers ? Alors que M. Maïza botte en touche en disant que les terrains appartiennent à l’État, M. Monino prend la parole de façon inattendue. Il déclare alors s’engager personnellement à ce que la superficie de ces jardins ne soit pas réduite.

Quelqu’un demande où en est le square Stalingrad. De façon assez surprenante, M. Maïza commence par s’en prendre au comité de suivi qui ne s’est pas réuni depuis 2007. On découvre alors qu’il y a dans la salle un certain nombre de personnes qui font partie de ce comité de suivi. Elles demandent pourquoi les élus ne convoquent pas le comité pour leur expliquer les retards dans les travaux. M. Maïza explique qu’il n’en a pas les compétences. Chacun se renvoie la balle. Le ton monte, le débat s’éternise et quelques personnes quittent la salle.

Le troisième intervenant est Omar Aït-Bouali (maire-adjoint à la jeunesse et au sport). Contrairement aux autres élus, il se lance dans un compte-rendu de mandat depuis sa prise de fonction. Faisant constater à juste titre l’absence des jeunes dans la réunion de ce soir, il parle des rencontres avec les jeunes en mairie une fois par mois. Il se félicite aussi du contrat Auber+ (travaux d’intérêts généraux effectués par des jeunes en échange d’un financement de projet personnel).

Comme il n’y a pas de questions, et avant de passer au point suivant, Bernard Orantin (ancien élu de quartier) demande la parole pour poser trois questions. D’abord, il proteste contre l’absence de discussion autour de la charte des conseils de quartier. Il renouvelle sa demande formulée en juin 2008 pour connaître la position de la municipalité sur le vote des étrangers aux élections locales. Enfin, il demande pourquoi Aubermensuel affiche chaque mois les photos des élus socialistes (et encore, seulement les maires-adjoints et conseillers délégués) et pas les autres. Il regrette aussi que compte-rendu du précédent conseil de quartier (début novembre) ne soit toujours pas rédigé et distribué. Djamila Khelaf promettra à la fin de la réunion que des réponses seront apportées (Quand ? Comment ?).

Jean-François Monino (maire-adjoint à la voirie et travaux) présente l’arrivée de stations Vélib et Velcom (vélos de Plaine-Commune) sur Aubervilliers. Les travaux du Vélib commenceront mi-février. Comme pour Paris, le contrat a été passé avec Decaux. Sauf que ça n’empêche pas que les réseaux Vélib et Velcom ne seront pas compatibles...

Un participant fait remarquer que l’arrivée des vélos ne doit pas empêcher la municipalité de faire des efforts dans la politique de transport public, qui laisse encore à désirer. Monino rappelle qu’il n’a pas d’autorité sur la RATP.

La réunion se conclut sans que le point « questions diverses » prévu à l’ordre du jour ne soit abordé.

S’il est vrai qu’un véritable effort a été fait depuis la dernière réunion (présence d’élus, distribution de la parole moins anarchique, meilleur respect de l’ordre du jour annoncé), on ne peut pas s’empêcher d’être dubitatif sur la forme que prennent ces réunions. Les interventions des élus, quand elles ne virent pas au décoratif, ont un parfum de compte-rendu de mandat. Les habitants ne sont pas maitre de l’ordre du jour et les sujets abordés n’ont aucun caractère local. L’absence de discussion libre (questions diverses) et le choix de ne pas parler de la future charte des conseils de quartier montrent que de gros progrès restent à faire en matière de démocratie participative.

Denis Raffin

8 Messages

  • Cher Monsieur Raffin,

    Merci pour ce compte rendu qui a le mérite de la rapidité et de la clarté. Je suis quand même stupéfaite par le caractère de monologue de la démarche. Que les élus aient besoin d’expliquer la politique municipale, c’est normal. mais dans ce cas, ils convoquent une réunion d’explication de la politique municipale à la mairie ou dans les quartiers.

    Mais que l’on appelle pas celà conseil de quartier. Un conseil de quartier suppose que les habitants décident de ce qui doit faire l’objet d’information, de discussion, de décision, et ce dans un cadre qui peut être une charte et qui doit faire l’objet d’un débat pour aboutir comme la définition du mot charte l’indique à une démarche partagée entre les différents acteurs. La chose est difficile, je sais.

    Mais j’ai bien compris en lisant l’invitation, que l’objectif était de faire du remplissage :

    remplissage sur l’invitation elle même où j’ai constaté que les responsabilités des uns et des autres étaient déclinées à la soviétique. Ne manquait pour certains que le titre d’abonné au gaz ;

    remplissage par la volonté de traiter 5 questions en deux heures, ce qui dénote l’intérêt porté à l’avis des habitants.

    Il n’y a que le remplissage de la salle qui n’a pas suivi !

    Votre compte rendu, souligne la régression de la démarche quartier qui avait été engagée en 1995. Je crois qu’il faut que les habitants exigent un véritable débat, quartier par quartier sur le fonctionnement même des conseils de quartier. Et qu’il n’y ait que ce point à l’ordre du jour d’un conseil de quartier. C’est le seule moyen d’aboutir à un travail constructif entre les habitants et la municipalité.

    Veuillez agréer, Monsieur Raffin, l’expression de mes salutations les meilleures

  • Bien sûr, bien sûr ! Le 8 février 2009 à 10:08, par Denis Raffin, maitre toilier

    Très chère Régine,

    Permettez-moi tout d’abord, madame, de vous remercier de vos compliments.

    Vos réflexions sur la nécessité d’une discussion approfondie de la démarche quartier sont justes. Pour être parfaitement exact, mentionnons qu’une discussion libre autour de ce sujet a eu lieu pendant le premier conseil de quartier de la municipalité à direction socialiste. Cependant, alors que je recevais des invitations pour les CQ avant les élections, je n’en ai pas reçu pour celui-là. Je n’ai donc pas assisté aux débats car prévenu trop tard. En lisant le compte-rendu de cette réunion (disponible sur le site de la mairie), on ne trouve aucun élément précis émanant du public sur ce sujet. Au CQ de novembre, on nous présente la charte rédigée par M. Charbuillet. Et on nous dit qu’il faut en discuter. Sauf que ... la discussion est déprogrammée. D’évidence, il y a un problème de méthode.

    La charte propose deux nouveautés majeures : une direction émanant des habitants (mais désignée par les élus) et la gestion d’un petit budget par les habitants. Ce ne sont pas a priori de mauvaises idées mais pourquoi les imposer sans débat ? Fallait-il faire l’économie d’une réflexion de fond sur la fonction de ces conseils de quartier ? (lire les textes d’André Narritsens sur ce sujet )

    Enfin, j’avais utilisé le mot "décoratif" mais le mot "remplissage" convient mieux.

    Je me tiens à votre disposition, madame, pour de plus amples informations et vous prie de croire en mes sentiments les meilleurs.

    Votre serviteur,

    Denis Raffin

  • Cette réunion n’était pas un conseil de quartier, mais un exposé de la politique municipale, rien de plus.

    Les habitants ont eu beaucoup de mal à ce que leurs problèmes de la vie quotidienne soient évoqués. Certains sont partis en cours de soirée, écoeurés par la tournure de la réunion.

    Et comment ne pas parler de l’attitude pour le moins scandaleuse de l’élue aux questions sociales ?

    Elle a lu son texte (l’avait-elle au moins écrit elle-même ?) comme on lit un annuaire, sans un regard vers la salle. Le comble a été atteint ensuite : allongée sur sa chaise, pendant le reste de la réunion, la tête dans les épaules, on croyait qu’elle dormait. Visiblement elle aurait bien voulu être ailleurs : Quel mépris, de la part d’une élue, pour ses concitoyens ! La personne assise à côté de moi m’a dit vouloir écrire au maire...

  • Compte-rendu du Conseil de Quartier Centre-ville – Victor Hugo du 5 février 2009 Le 9 février 2009 à 10:43, par locataire républicain

    Présent au conseil de quartier, je partage les remarques faites ici-même.

    J’ajouterai ceci : Une élue qui animait la réunion a essayé de ramener un peu le calme au cours d’une discussion vive. Elle a déclaré :

    « Remercions les quatre adjoints présents ce soir qui nous font l’honneur de participer à notre conseil de quartier »

    Je ne vois vraiment pas quel honneur il y a à venir rencontrer les habitants d’une ville dont ils sont les élus !

    Ou alors comment qualifier l’absence d’élus lors du précédent conseil ? (une seule élue présente seulement la moitié de la réunion).

  • J’ai reçu ce jour un courrier de Madame Diakité, adjointe au maire en charge de la vie des quartiers.

    Elle invite les habitants intéressés à se porter candidat "pour faire partie de l’équipe d’animation du conseil de quartier".

    Je viens de lui répondre :

    Bonjour,

    Je reçois ce jour votre courrier invitant à faire acte de candidature "pour faire partie de l’équipe d’animation de mon quartier".

    Votre démarche me laisse très perplexe.

    Début novembre 2008, à l’issue de conseil de quartier "centre ville", un membre du cabinet du maire (il n’y avait à ce moment-là plus d’élu présent à la réunion) nous a distribué un projet de charte de fonctionnement des conseils de quartier.

    Un débat devait se tenir sur ce sujet fin novembre.

    Il n’y a pas eu de réunion de conseil de quartier "centre ville" jusqu’à celui qui s’est tenu le 5 février.

    Au cours de celui-ci, il n’a jamais été question de la charte ; S. Chibah nous a simplement invités à nous porter candidat à la présidence du conseil de quartier, car l’élection se fera lors du prochain conseil.

    Comment voulez-vous que nous puissions nous porter candidat pour "faire partie de l’équipe d’animation du quartier" sans ne rien connaître de son fonctionnement ?

    Curieuse manière de procéder, vous ne trouvez-pas ?

    Il me semble qu’il est de votre responsabilité de participer à un conseil dans chacun des huit quartiers pour débattre avec les habitants de la charte que vous proposez.

    Sinon, votre courrier est sans fondement et va à l’encontre du souhait des habitants qui veulent "prendre une place active à la vie de notre ville".

    Espérant recevoir une réponse avant le 12 mars, date limite que vous nous indiquez pour les inscriptions, je vous prie d’agréer mes sincères salutations.

    Bernard Orantin

  • Le pire est sans doute devant nous Le 12 février 2009 à 09:10, par Momo

    Mon cher Bernard, dans ton malheur tu as peut-être de la chance. Dans notre quartier (Mala/E/ Dubois) la sémillante Tartine Bretzel-Tango a évoqué la piste d’une désignation par tirage au sort.
    Qui dit mieux ? En tout cas rien ne va plus.

  • Compte-rendu du Conseil de Quartier Centre-ville – Victor Hugo du 5 février 2009 Le 12 février 2009 à 19:49, par la démocratie participative patine

    Je voulais rebondir sur ce qu’a dit Bernard à propos de la réunion de son conseil de quartier. Nous avons eu réunion du comité de quartier Robespierre Cochennec Peri hier soir
    11 février.

    L’ordre du jour prévoyait que l’on aborde l’organisation du comité de quartier à la fin de la réunion. Or, la plupart des habitants présents avaient simplement reçus l’appel à la candidature dans la journée, et évidemment sans la Charte. Il a été laissé entendre qu’il s’agirait d’une erreur administrative simplement au niveau de ce quartier alors que suite à ce qui est dit pour le Centre Ville cela semble etre le cas partout.

    Y’a t’il une volonté deliberée de la municipalité ?

  • Mme Diakité a encore farppé ! Le 14 février 2009 à 10:19, par Rabcor

    Nous recevons hier -13 février- dans nos boîtes à lettres de la Mala, la circulaire de Mme Diakité (sous la forme d’un Infos quartiers, daté du 4 février) nous enjoignant de faire connaître "impérativement" pour le 12 mars notre candidature à la fameuse équipe d’animation.

    Les jeux seraient donc faits. Aucun débat ne s’est déroulé, le Conseil municipal n’a rien entériné (même si l’on ne doit avoir aucune illusion sur la capacité à débattre de la fameuse majorité).

    L’heure de la bureaucratie a sonnée : Mme Diakité va disposer de listes plus ou moins garnies qui vont regrouper l’élite citoyenne de la ville. Ensuite viendra le temps de l’élection présidentielle.

    Aubervilliers change vraiment. On adore.