Le centre dentaire de la CPAM 93 à La Courneuve menacé

article de Alexandre Fache paru dans l’Humanité jeudi 19 novembre 2020

jeudi 19 novembre 2020

Confronter les beaux discours au réel.

Exercice pratique. « La santé est une priorité en cette période de pandémie, et notamment celle des plus fragiles », promettait le premier ministre, Jean Castex, dans un courrier adressé aux élus de Seine-Saint-Denis, le 23 octobre, annonçant 10 millions d’euros en plus pour ces plus précaires.

Que découvraient ces mêmes élus quelques jours plus tard ? Que la caisse primaire d’assurance-maladie du 93 projetait de fermer, le 31 décembre prochain, le centre dentaire qu’elle gère à La Courneuve, dernier de ce type dans le département, pourtant ouvert depuis deux ans seulement !

« Fermer une telle structure tout juste inaugurée, drôle d’anniversaire pour les 75 ans de la Sécurité sociale », ironise le maire (PCF), Gilles Poux, dans une lettre envoyée le 27 octobre au premier ministre, au ministre de la Santé, à la direction de l’ARS Île-de-France et à celle de la CPAM du 93. Lettre restée sans réponse à ce jour.

Fâché d’avoir appris la nouvelle de cette fermeture « du jour au lendemain », « sans aucune consultation » préalable, Gilles Poux demande aux autorités politiques et sanitaires d’y « renoncer ». « Les habitants de La Courneuve et de la Seine-Saint-Denis ne méritent pas ce nouvel abandon alors qu’ils ont été et sont les “premiers de cordée” de ces temps sanitaires difficiles », avance l’élu, rappelant le déficit de professionnels médicaux dont souffre sa commune, par rapport à la moyenne nationale (2,1 pour 1000 habitants, contre 5,7 en France).

Dans ce centre, « on soigne tous les habitants de la Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France, le plus frappé par le chômage et les licenciements. Il appartient aux assurés. C’est le nôtre. Hors de question qu’on nous l’enlève ! » proclame aussi une pétition lancée sur change.org par son collectif de défense.

Contactée mercredi, la CPAM du 93 a indiqué que ce projet « n’avait pas fait l’objet d’une consultation devant son comité social et économique » et qu’il n’était donc pas finalisé.

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