Une tribune de Laurence Grare, ancienne Maire-Adjointe aux personnes handicapées

2009 encore plus dure pour les personnes handicapées

jeudi 8 janvier 2009

Loi la loi du 11 février 2005 devait être un « plus » s’indigne Jean-Marie Barbier, président de l’association des paralysés de France. Au fil du temps et à force de dé tricotage, on va se retrouver au mieux à la situation précédente ou, pire, on va perdre des droits.

Cela semble être le cas avec la question du remboursement des frais de transports entre le domicile et l’établissement de soin.

La loi avait prévu que ces frais ne seraient plus remboursés par la Sécurité Sociale, certes , mais qu’ils seraient couverts par la « prestation de compensation » nouvellement créée et chargée, en fait, d’assumer les besoins en aide humaine et technique des personnes handicapées. Le décret d’application est paru le 5 février 2007. Mais, à l’époque, le transfert n’était pas effectif partout et le ministre avait décidé de repousser la mise en œuvre du système devant les protestations de nombreuses familles. En effet, certaines caisses d’assurance maladie ne remboursaient plus, alors que la prestations compensatoire n’était pas versée.

Aujourd’hui le système est en place. L’aide allouée à un adulte ou à un enfant pour le trajet domicile-établissement est plafonnée à 12 000 euros sur cinq ans. Tout ce qui dépassera ce plafond restera à la charge de la famille. « 12 000 » cela peut paraitre important, mais sur cinq ans, cela ne représente que deux cents euros par mois.

Imaginez un enfant qui doit faire 20 kilomètres en ambulance, matin et soir, entre sa maison et son établissement. Les 200 euros auront été dépensés entre le 5 et 10 du mois. Pour l’instant on est au début du système, les familles ne vont pas s’apercevoir tout de suite qu’il va leur rester des sommes faramineuses à payer. Mais que feront-elles quand on leur dira qu’elles ont épuisés leur forfait ? Cela viendra très vite pour les externes, un peu plus tard pour les internes.

Résultat ? Les internes ne pourront plus rentrer dans leur famille et les autres n’iront plus à l’école. C’est insupportable et scandaleux.

Il faut se mobiliser, mener des actions, manifester pour dire notre raz-le-bol de toutes ces mesures qui sacrifient toujours les mêmes.

Laurence Grare, élue du groupe communiste et citoyen "Tous ensemble pour Aubervilliers" et ancienne maire-adjointe aux personnes handicapées.