Deuxième tour de la présidentielle à Aubervilliers

lundi 8 mai 2017

Voici les résultats du 2ème tour de l’élection présidentielle à Aubervilliers :

Inscrits 27301
Votants 16976 62,2 %
Abstentions 11325 37,8 %
Blancs et nuls 1462
Exprimés 15514

Emmanuel MACRON 12635 81,44 %
Marine LE PEN 2879 18,56 %

A Aubervilliers le FN est en dessous des 20% (18,6%), notre appel au barrage à l’extrême droite a été largement entendu par les électeurs de la ville.
Le 11 et 18 juin on vote Patrick Le Hyaric pour porter notre voix et notre espoir de progrès social à l’Assemblée nationale.

Déclaration de Pierre Laurent :

Ce soir, la candidate du Front national n’est pas élue. C’est un soulagement ! Une large majorité d’électrices et d’électeurs n’a pas voulu porter à la tête de l’Etat ses idées de haine et de division, son projet raciste et xénophobe, sa politique violemment discriminatoire, libérale et guerrière.

Nous, communistes, sommes fiers d’avoir oeuvré avec clarté à cette défaite, car nous savons qu’elle continue à menacer la République et son unité.

Nous n’en voulons à aucun prix, ni aujourd’hui, ni demain.

Mais ce soir, notre coeur n’est pas à la fête. Notre pays vit des heures graves. Ce second tour est, à nouveau, une très sérieuse alerte pour toutes celles et ceux qui sont attachés à la démocratie et à l’égalité. Marine Le Pen, avec 35 % , obtient 14%de plus qu’au premier tour. C’est le résultat de la banalisation des idées d’extrême droite que nous sommes plus que jamais décidés à combattre. C’est aussi le résultat de décennies d’alternances politiques défavorables aux intérêts populaires, de trahisons et de renoncements des gouvernements successifs. Nous partageons ce soir la profonde colère des millions de personnes qui se sont senties piégées par ce second tour. Piège orchestré par les mécanismes de la VeRépublique usée et perverse. A l’avenir, nous ne voulons plus être obligés de voter par défaut pour battre l’extrême droite. Nous ne voulons plus la voir aussi haut. Pour cela, il faut construire la victoire d’un vrai changement de politique qui libère la France de la tutelle des marchés financiers, qui proclame « l’humain d’abord » et s’attaque à la domination de la finance en conquérant de nouveaux pouvoirs à tous les niveaux, qui ouvre le chemin d’une nouvelle société de bonheur, de solidarité, de justice, d’écologie, de paix et d’égalité.

Ces choix politiques de progrès, ce n’est pas Emmanuel Macron, candidat des milieux financiers, élu ce soir Président de la République qui les fera. Il veut tout marchandiser dans la société. Son élection est fragile. Les millions d’électeurs qui ont voté Macron ont d’abord voulu barrer la route de l’Elysée à Marine Le Pen. Déjà au premier tour, ils et elles étaient nombreux à voter pour lui par défaut pour éviter un duel entre Fillon et Le Pen. Son projet, très néo-libéral et porteur de graves régressions sociales et démocratiques, est minoritaire dans le pays. Ce qui reste à l’ordre du jour, c’est la construction d’une alternative de transformation sociale, écologique et démocratique à sa politique, et celle d’une nouvelle majorité de gauche pour la porter. Dès demain, et tout au long du quinquennat, les communistes seront mobilisés pour avancer dans cette voie avec toutes celles et ceux qui seront disponibles.

A la casse du Code du Travail qui affaiblirait les droits des travailleurs, nous opposerons une sécurité de l’emploi et de la formation pour éradiquer le chômage et la précarité, en créant de nouveaux pouvoirs dans les entreprises et sur les banques face aux marchés financiers. Au recul du droit à la retraite et à la privatisation de la Sécurité sociale facilitée par la suppression annoncée de cotisations sociales, nous opposerons un plan de défense et de développement de la Sécurité sociale. A la baisse de 60 milliards d’euros des dépenses publiques et à la suppression de 120 000 fonctionnaires, nous opposerons un plan de relance des services publics de proximité dans tous les domaines. Au recours aux ordonnances pour gouverner autoritairement, nous opposerons le respect de la démocratie. Nous serons de tous les combats contre les projets anti-sociaux de Macron, contre les projets ultra-réactionnaires de la droite et de l’extrême-droite.

C’est dans cet esprit que nous voulons conduire les élections législatives des 11 et 18 juin. Le PCF y engage dès ce soir toutes ses forces. Aucune majorité parlementaire n’est acquise pour personne. Notre peuple a une nouvelle chance pour décider de son présent et de son avenir.

Fort du vote de millions de citoyens pour Jean-Luc Mélenchon le 23 avril, avec toutes les forces qui ont soutenu sa candidature et toutes celles qui peuvent se joindre à nous, nous pouvons aller très haut ensemble pour élire à l’Assemblée nationale une forte représentation nationale. Unis, nous pouvons gagner dans de très nombreuses circonscriptions. Désunis, les gains seront limités et cela laisserait la place à des députés « En Marche ! », de droite ou d’extrême droite. Nous avons une grande responsabilité commune devant tous les électeurs de gauche et écologistes. Ils et elles nous demandent de nous unir.

Pour cela, un accord national large, équitable et représentatif, sous une bannière commune qui nous rassemble tous, France insoumise, Parti communiste, Ensemble !, citoyens du Front de gauche est nécessaire. Cela correspond à l’attente et à l’espoir de la majorité des électeurs qui ont porté leurs suffrages le 23 avril sur Jean-Luc Mélenchon. Le Parti communiste est prêt à un tel accord.

Dans tous les cas, ensemble nous pouvons agir pour barrer la route au Front national dans de nombreuses circonscriptions où il peut s’ancrer durablement. Nous pouvons choisir dans chaque circonscription le candidat qui nous donnera les chances maximales de gagner. Nous lançons à nouveau ce soir un appel solennel aux dirigeants politiques de la France insoumise : il n’est pas trop tard pour aboutir à un tel accord national. Et nous restons prêts, si cette ambition n’est pas partagée, à un accord même plus limité. Nous en appelons au dialogue sur tout le territoire dans les heures qui viennent.

Notre parti est engagé dans ces élections avec une ambition : « Faire entrer le peuple à l’Assemblée ». Les candidat-e-s communistes - Front de gauche que nous soutenons dessinent le visage de la France du monde du travail, du privé comme du public, travaillant dans tous les métiers, syndicalistes, citoyen-ne-s engagé-e-s dans leurs territoires, aux diverses origines, jeunes candidatures porteuses d’un renouveau politique ainsi que des femmes et des hommes d’expérience, forts de leur responsabilité d’élu-e local-e.

Avec eux, ce jeudi 11 mai à 19h, Pierre Laurent lancera notre campagne nationale lors d’un grand meeting au gymnase Japy, à Paris.

Soyons forts et unis dès demain pour poursuivre le combat contre l’extrême droite et faire reculer les idées de repli, pour engager dès maintenant la résistance et les projets alternatifs à la politique de casse sociale et d’aggravation de la crise et des inégalités que le nouveau Président compte mettre en œuvre.

Concrétisons ainsi la promesse d’une gauche nouvelle, née dans les urnes le 23 avril.

Paris le 7 mai 2017

17 Messages

  • Espoir ?

    Les états-majors du PCF et de France insoumise se sont rencontrés cinq fois depuis janvier pour parler des élections législatives. La fumée blanche n’est toujours pas apparue... On oscille : un jour, on se dit que ça a l’air de progresser, le jour suivant on entend les saillies des uns ou des autres, dans la presse ou sur les réseaux sociaux. Au total, on prie pour que les « grands chefs » trouvent un compromis, le plus large possible et le plus ouvert à des candidatures représentatives de la diversité de ceux qui ont voté Mélenchon ou qui pourraient rejoindre la dynamique. Le suspens prendra fin bientôt, les candidatures devant être déposées entre le 15 et le 19 mai. Un détail : pour être au second tour lors du scrutin législatif, il faut être parmi les deux candidats arrivés en tête ou obtenir au moins 12,5 % des suffrages des inscrits dans la circonscription. Qu’ils se le disent ! On se met à rêver à un accord qui répondrait enfin à l’attente de toutes celles et ceux qui aspirent à un demain meilleur. Et pour ce faire, il serait bien que certains responsables politiques n’oublient pas, sans ne rien céder sur l’essentiel, que "l’art de la politique, c’est l’art du compromis". Il serait aussi grand temps d’abolir les discussions secrètes d’appareils.

    Répondre à ce message

    • Deuxième tour de la présidentielle à Aubervilliers Le 9 mai à 15:34, par Plus crédible

      Plus de 16 millions d’électeurs n’ont pas voulu trancher, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Le 23 avril, le total des abstentionnistes, blancs et nuls s’était établi à 11,5 millions. Soit un bond de 4,5 millions en 15 jours. Les appels au front républicain c’est fini ça ne passe plus !
      Jamais un président de la République n’a été élu avec autant de bulletins de vote blancs et nuls glissés dans les urnes. Comme quoi les consignes de vote données par les partis politiques sont de moins en moins suivies.

      Répondre à ce message

  • Deuxième tour de la présidentielle à Aubervilliers Le 8 mai à 14:48, par kikid’auber

    Tout à fait ! Mais le pire ennemi du compromis,c’est l’égo. C’est ça aussi l’humain !

    Répondre à ce message

    • Ce n’est pas un problème d’égo. Dans la mesure où se sont toujours les appareils politiques qui, dans le "secret", sont à la manœuvre le résultat est connu d’avance : la machine à perdre est à nouveau en marche. On va retomber dans les mêmes travers qui ont conduit le Front de gauche à l’agonie. Comme d’habitude on va rester dans les combines et les vieilles tambouilles d’appareils et de fric. Pourquoi Pierre Laurent veut-il à tout prix imposer une nouvelle bannière commune ? La bannière commune elle existe, c’est la France insoumise. Elle vient de faire ses preuves en rassemblant près de 7 millions d’électeurs, pourquoi vouloir en changer ? Il faut stopper les stratagèmes qui consistent à appliquer un savant mélange politicien de logos et autres sigles multiples aux situations les plus tordues possibles avec des marchandages et des accords à géométrie variable. La France insoumise c’est efficace, chacun y a sa place sans perdre obligatoirement son identité. On continue un point c’est tout ! Ceux qui s’y refusent préférant la division en tournant le dos aux attentes populaires de rassemblement se compteront.

      Répondre à ce message

      • T’as raison Xavier ! il ne faut pas pas critiquer notre grand Jean Luc, il faut rechercher le nombre d’or , l’harmonie et entrer en transe en criant résistance.

        Répondre à ce message

        • C’est sûr que l’on ne risque pas de rentrer en transe à lire ton commentaire insignifiant qui ne permet nullement d’engager le moindre débat. J’imagine que tu vas continuer à écrire tes âneries stupides et moi à cesser de les lire pour m’éviter d’y répondre une seconde fois. Il n’empêche qu’il y a aujourd’hui des millions de gens qui espèrent que la gauche de changement saura se rassembler pour affronter les mauvais coups qui ne vont pas tarder à tomber.

          Répondre à ce message

      • Pour les élections législatives, selon les premières estimations, le mouvement"En Marche" serait le mieux placé pour être le premier groupe parlementaire de la future Assemblée nationale avec plus de 280 élus. La droite peut espérer environ 200 élus et le FN plus d’une vingtaine.
        Pour la gauche le scrutin s’annonce très périlleux. Le PS pourrait se retrouver avec moins de 50 élus. Quand au PC et France insoumise, en l’absence d’accord de rassemblement dès le premier tour, leur nombre de députés sera inférieur à 8. Un bien beau gâchis quand on songe aux plus de 7 millions de voix de JL Mélenchon. Ces 7 millions d’électeurs qui attendent beaucoup des suites de l’élection présidentielle risquent une fois de plus d’être déboussolés et de se réfugier dans l’abstention.

        Répondre à ce message

        • L’absence de rassemblement pc/France insoumise c’est du perdant perdant pour tout le monde et surtout pour le pc. Déjà aux présidentielles l’électorat de gauche a volontairement manifesté son rejet des deux candidats par un vote blanc ou nul. Entre les deux tours l’abstention est passée de 22,2% à 25,4% et les votes blancs ou nuls de 2,6% à 11,5%. Les électeurs n’attachent plus d’importance aux consignes de vote, ils font comme ils veulent sans se préoccuper des instructions données par les partis politiques. Ceux qui à gauche se réjouissent du score extraordinaire de Macron pour faire barrage à Le Pen n’ont rien compris, les électeurs ne veulent plus du front républicain. Continuer sur cette démarche de peur comme si le fascisme était à nos portes ne peut que faire encore progresser le FN.

          Répondre à ce message

          • Élection législative, sondage Kantar TNS - Selon cette étude réalisée les 4 et 5 mai 2017 pour LCI, Le Figaro et RTL, la simulation donne des intentions de vote. Le parti d’Emmanuel Macron est crédité de 24% des voix, l’alliance LR-UDI de 22% des suffrages, le FN de 21%. Derrière ces trois formations, la gauche apparaît éclatée : la France insoumise est créditée de 15% des suffrages, le PS de 9% des voix. Si des listes autonomes EELV sont en course, elles obtiendraient 3,5% des voix. Le parti de Nicolas Dupont-Aignan - qui a obtenu plus de 4,5% des suffrages à l’élection présidentielle - n’est crédité que de 2,5% des intentions de vote.

            Répondre à ce message

            • Après la présidentielle, les législatives.... Le 9 mai à 12:21, par Ensemble ou chacun pour soi ?

              Tous les sondages disent à peu près la même chose.
              Selon le sondage Ifop-Fiducial réalisé pour Paris Match, CNews et Sud-Radio, 22% des sondés se déclarent prêts à voter pour un candidat d’En Marche ! lors des prochaines législatives.
              On retrouve une France politiquement coupée en quatre : 20% des Français interrogés se déclarent prêts à voter pour un candidat des Républicains, 20% pour un candidat du Front national, 16% pour un candidat de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Le Parti socialiste paraît en grande difficulté : seuls 9% des sondés se disent prêts à voter pour un de ses candidats. A noter que les autres formations ne recueillent que des miettes -3% pour Europe Écologie Les Verts, 2,5% pour un candidat de l’UDI, 2% pour un candidat du Parti Communiste et 1% pour un candidat d’extrême-gauche - 3% se déclarent prêt à voter pour un autre candidat.
              L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1405 personnes inscrites sur les listes électorales. Les interviews ont été réalisées du 4 au 5 mai 2017.

              Sans rassemblement, France Insoumise, EELV, PCF, PS, la gauche est défaite.

              Répondre à ce message

  • Centralisme anti-démocratique Le 11 mai à 15:52, par Eric Plée

    Une fois qu’on s’est réjoui de la situation faite à Valls et une fois que les faux-cul de tout bord ont dit que le sort qui lui est réservé est humiliant, on ne peut que s’interroger sur la façon dont sont faites les investitures des candidats dans certains appareils politiques, notamment au sein de "En marche" et de "la France insoumise".

    Dès lors qu’elle sont attribuées par une commission nationale particulièrement opaque qui va jusqu’à faire des entretiens de recrutement comme le pratique "en marche", on doit s’interroger sur le rapport au local qu’aurait la ou le député si elle ou il était élu. En quoi serait-elle ou il représentatif de sa circonscroption et de ses spécificités pour enrichir la représentation nationale, autrement que par un programme présidentiel qui a toute sa pertinence dans le cadre d’une élection présidentielle mais qui est particulièrement appauvrissant pour des élus sensés être les porte-parole des habitants de leur circonscription.

    Dans ce cas, autant aller immédiatement dans le sens préconisé par Macron en réduisant à 288 le nombre de députés. Nous pourrions à Aubervilliers être rattachés par exemple à Saint Denis, Pierrfitte et Villetaneuse en plus de Pantin, faisant de notre député, non une ou un élu de proximité, mais un apparatchik passant sous les fourches caudines d’iun appareil dont le centralisme anti-démocratique serait le mode de fonctionnement.

    Est-ce qu’on a vraiment à y gagner sauf à renforcer Macron ?

    On est bien conscient de la nécessité d’une cohérence entre les choix exprimés à la présidentielle et les législatives pour mettre en œuvre le programme de la France insoumise. Mais cette cohérence ne saurait se construire qu’avec les initiatives qui ont vu jour localement. Comme le fonctionnement de la France Insoumise, à travers ses pratiques et par exemple sa consultation sur le second tour qui a conduit à l’expression de 240000 sympathisants, la désignation des candidat-e-s gagnerait à être travaillée avec et sur le terrain.

    Répondre à ce message

    • Centralisme anti-démocratique Le 12 mai à 09:14, par républicain

      Les couacs des investitures de Macron : à lire ce matin France info, on se dit qu’au delà des candidats en marche sortis d’une pochette surprise car ils n’avaient rien demandé, Macron est en train de se constituer un parlement de godillots. Avec son spoil système qui consiste à virer tous les chefs d’administration centrale pour en nommer qui seront à sa botte, on se dit qu’on s’achemine vers une présidentialisation encore plus marquée du régime.
      Vive la VIème République !

      Répondre à ce message

      • L’avenir est assuré Le 12 mai à 16:11, par Enfin une bonne nouvelle

        François Hollande devrait toucher environ 15.000 euros net de retraite mensuels après son départ de l’Élysée. Mais ce chiffre pourrait être nettement revu à la hausse si l’ex-président de la République décidait finalement de siéger au Conseil constitutionnel.
        5.184 euros mensuels au titre d’ancien chef de l’État, 6.208 euros pour ses mandats de député de la Corrèze et de député européen, 3.473 euros liés à ses missions auprès de la Cour des comptes, sans oublier les 235 euros qui englobent « tous les mandats locaux » exercés par François Hollande au cours de sa carrière politique. Quatre indemnités distinctes qui permettront donc à François Hollande d’empocher environ 15.000 euros de retraite mensuels.

        Répondre à ce message

    • Centralisme anti-démocratique Le 12 mai à 11:38

      A propos des 10 candidats communistes soutenus par la France Insoumise, Pierre Laurent a ironisé :
      “J’ai entendu Jean-Luc Mélenchon présenter ça comme un geste magnifique. Merci Monseigneur ! Il y a une place un peu plus importante que ça des communistes sur le terrain”.

      C’est sur qu’avec de tels commentaires on va renouer facilement le dialogue.

      Répondre à ce message

Répondre à cet article