Uber : imposons la requalification des contrats en contrat de travail salarié

mercredi 18 janvier 2017

« Uber : imposons, y compris par voie de justice, la requalification des contrats Uber en contrat de travail salarié »

Uber est devenu le premier employeur en Seine-Saint-Denis que beaucoup de jeunes voient comme une opportunité, en particulier des jeunes précaires en difficulté pour rentrer sur le marché du travail.

En 2015, 2.000 entreprises de transport de personnes ont été créées en Seine-Saint-Denis. Entreprises avec un statut plus précaire d’auto-entrepreneur qui travaillera jusqu’à pas d’heure pour tenter de tirer un maigre revenu. Chauffeur est un métier facile d’accès dans un secteur réputé ne pas discriminer et qui permet de sortir du standard des métiers non qualifiés.

Cette nouvelle précarisation de l’emploi au service de laquelle le système capitaliste utilise aujourd’hui "l’ubérisation" doit être compris comme un « lien de subordination » entre cette entreprise et ses chauffeurs puisque la plate-forme leur donne du travail à sa guise. Et les dirigeants d’Uber exercent leur métier à la manière des proxénètes en répartissant le travail, souvent à la tête du client, chacun étant noté sur ses performances, là aussi comme dans la prostitution à l’abattage. Pratique qui permet à Travis Kalanick, PDG d’Uber, d’avoir 5,5 milliards d’euros de fortune personnelle au compteur.

En fondant sa start-up en 2009, le jeune entrepreneur milliardaire, qui déteste « le communisme, le socialisme et la régulation » sait dans quelle classe il se situe. D’ailleurs, la société californienne qui se soucie peu de l’humain vient d’annoncer ses premiers essais de voiture sans conducteur à Pittsburgh, aux États-Unis. Lorsque la voiture autonome sera au point d’ici quelques années comme Uber la prépare, cette masse sera sur le carreau et beaucoup auront, en plus de perdre leur emploi, la difficulté de rembourser les dettes accumulées pour l’achat de leur outil de travail. Avec cette casse sociale prévisible, ce sera aux pouvoirs publics de payer sans qu’Uber n’ait à payer un centime. Un monde auquel aspire Emmanuel Macron.

Les chauffeurs ne sont pas dupes et nombreux se mobilisent. La fronde des chauffeurs se traduit par des manifestations depuis décembre dernier et commence à agacer l’entreprise californienne. Après avoir joué l’affrontement, celle-ci cherche désormais à arrondir les angles devant la révolte. Un exemple ? L’annonce de la création d’un fonds de solidarité de 2 millions d’euros (soit, à peu de chose près, le chiffre d’affaires réalisé par l’entreprise en un jour !), afin de venir en aide aux chauffeurs en difficulté. L’initiative passe mal auprès des chauffeurs où Uber a essayé d’acheter leur révolte en envoyant quelques dizaines d’euros. Mais les chauffeurs revendiquent simplement de gagner leur vie décemment et des droits.

Parmi les chauffeurs Uber, personne ne sait si le mouvement de colère initié en décembre se poursuivra ni sur quoi il débouchera. Mais tous font état du même ras-le-bol : la révolte. C’est ce qui se passe aujourd’hui.

70 heures par semaine et un revenu misérable

La société Uber pratique le délit de travail dissimulé en imposant à ses chauffeurs contractants les mêmes contraintes que les salariés sans assurer leur protection sociale légale. Uber surexploite ses chauffeurs en prélevant une rente de 25% sur leur travail tout en leur faisant supporter tous les risques : achat de la voiture, assurances, impôts… Ainsi voici le nouveau capitalisme vanté par messieurs Macron et Fillon, celui où les 1% qui ont de l’argent ne prennent aucun risque et où les 99% qui n’ont que leur travail pour vivre sont contraints, comme les chauffeurs Uber, de trimer plus de 70 heures pour un revenu de misère.

Le PCF soutient ces manifestations et demande au gouvernement d’arrêter sa complaisance coupable en faveur d’Uber et d’imposer, y compris par voie de justice, la requalification des contrats Uber en contrat de travail salarié. Ce mouvement est international, c’est pourquoi la puissance publique, de la commune à l’État, et l’Europe ; doit transformer l’activité parasitaire et illégale des plate-formes capitalistes par d’authentiques plate-formes coopératives pair-à-pair respectueuse des travailleurs.

LB