La Sécurité sociale : Projection du film "La Sociale" - soirée-débat mardi 13 décembre à 19h30

vendredi 9 décembre 2016

Le film "La Sociale", de Gilles Perret, relate l’histoire de la Sécurité sociale.

En racontant l’étonnante histoire de la Sécu, La Sociale rend justice à ses héros oubliés, mais aussi à une utopie toujours en marche, et dont bénéficient 65 millions de Français.

Projections au cinéma Le Studio :
- dimanche 11 décembre à 11h, précédée d’un petit déjeuner à 10h30.
- mardi 13 décembre à 19h30 suivie d’un débat.

réservations par mail à lestudio.billetterie@gmail.com ou par téléphone 0961216825.

un dossier très complet sur ce film en cliquant ici.
d’où sont extraits ces informations sur Ambroize Croizat :

« Mettre définitivement l’homme à l’abri du besoin, en finir avec la souffrance et les angoisses du lendemain ». Telle fut la devise d’Ambroise Croizat, ministre du Travail de 1945 à 1947, bâtisseur de la sécurité sociale et originaire de Notre Dame de
Briançon en Savoie où il naît le 28 janvier 1901. Son père, Antoine, manœuvre à ’entreprise naissante des « Carbures Métalliques » vit alors comme un fils d’usine.
12 heures par jour pour 8 sous de l’heure. A peine le prix du pain. L’enfant grandit entre les fours et ceux qui rêvent d’espoir et de solidarité.

C’est ainsi qu’Ambroise prendra le relais du père. Installé à Lyon dès 1914, il s’engage dans l’action syndicale. Animateur des grèves de la métallurgie alpine, il adhère au Parti Communiste Français en 1920 et devient en 1927 secrétaire général de la Confédération Générale du Travail. Elu député de Paris sous le Front Populaire en 1936, il forge les grands acquis de mai, entre autres les congés payés, la semaine de 40 heures et la loi sur les conventions collectives dont il est l’auteur.

En 1939, l’orage de la seconde guerre mondiale approche. Arrêté le 7 octobre pour ses opinions communistes, il est incarcéré à la prison de la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons françaises avant de connaître l’incarcération au bagne de Maison Carrée à Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la Confédération Générale du Travail clandestine à la commission consultative du Comité Français de Libération Nationale dirigé par le Général de Gaulle. Il y exerce la présidence de la Commission du Travail. Là, entre résistants, mûrissent les rêves du Conseil National de la Résistance et les inventions sociales de la Libération.

La sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme du CNR du 15 mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion par les intéressés et l’État ».

Les mots reprennent point par point l’article 21 de la déclaration des droits de l’homme de 1793 qui, pour la première fois au monde, ouvrait le droit au travail et à la santé pour tous.
À la tête d’une commission de parlementaires, de médecins, Ambroise dessine dès l’été 1943 les premières moutures de ce qui allait devenir la Sécurité sociale. C’est ce travail collectif, mûri par deux années de réflexion, avec l’aide des services de François Billoux, ministre de la santé et de Pierre Laroque, haut fonctionnaire spé-
cialiste des questions sociales, qui va aboutir à l’ordonnance d’octobre 1945, instituant la Sécurité sociale.

Un immense chantier commence le 13 novembre 1945 quand Ambroise Croizat est nommé au Ministère du Travail. 138 caisses de Sécurité sociale sont édifiées en six mois sous sa maîtrise d’œuvre et gérées par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés, « pour en terminer, selon les mots du ministre, avec l’indignité des vies et les souffrances de l’enfance ».