Soutien à la manifestation organisée par les associations chinoises dimanche à Paris

vendredi 2 septembre 2016

(d’après un article de Mehdi Fikri publié dans l’Humanité le 2 septembre 2016)

Après Aubervilliers, les associations chinoises appellent à se rassembler dimanche dans la capitale, pour protester contre l’agression mortelle dont a été victime Zhang Chaolin, le 7 août. En cause : les préjugés racistes diffusés par les médias qui font des commerçants chinois des cibles de choix.

« Discrets », « silencieux » et « légalistes » : voilà les adjectifs – réducteurs voire racistes – dont la presse continue d’affubler les Asiatiques. Le discours du comité regroupant les associations chinoises est clair. Selon un jeune membre du comité, « le racisme dont nous faisons les frais est en partie rendu invisible par le faible nombre de dépôts de plainte. À cause de la barrière de la langue ou parce qu’ils n’ont pas de papiers, les Chinois agressés craignent souvent d’aller porter plainte. Pour autant, ce racisme n’est pas à mettre sur le même plan que celui dont font les frais les Arabes, les Noirs et les juifs en France. À l’inverse d’autres communautés, on ne sent pas de haine anti-Chinois ». Cela dit, le jeune homme met en avant le « racisme insidieux propagé dans les médias » contre les Chinois. : discrets, dociles, et les poches pleines de liquide… Le préjugé jouerait beaucoup dans la recrudescence des agressions visant la « communauté chinoise ou d’origine chinoise », pour lesquelles 105 plaintes auraient été déposées sur la seule ville d’Aubervilliers depuis le début de l’année, selon les autorités.

Il y a un an, un reportage de Zone interdite, sur M6, avait aussi fait grand bruit au sein de la communauté. « Il présentait les Chinois comme faisant du business au black et se baladant avec des sacs remplis de billets. Dans les semaines qui ont suivi la diffusion du reportage, nous avons vu une flambée des agressions à Vitry, La Courneuve et Ivry », raconte Rui Wang, de l’Association des jeunes chinois de France. Ou comment une représentation raciste diffusée à haut niveau trouve un écho dans la rue.

« Dans le cas de Zhang Chaolin, c’est avant tout une logique criminelle et crapuleuse, sur laquelle vient ensuite se greffer une logique raciste », explique le sociologue Marwan Mohamed, qui enquête actuellement sur le banditisme en banlieue. « Depuis quelques années, les jeunes ont du mal à se procurer du cash, raconte le sociologue. Les pratiques à l’ancienne, comme le braquage de fourgons, sont devenues de moins en moins fréquentes, car trop difficiles à exécuter. »

Ce sont donc les micro-agressions qui se multiplient. Le « braquo » du pauvre, pour quelques dizaines d’euros. Les commerçants y passent, mais aussi les autres criminels. « Il y a en ce moment une explosion du nombre de dealers qui se font braquer par d’autres jeunes, sur le terrain ou au retour de l’Espagne », poursuit Marwan Mohamed.

Les communistes d’Aubervilliers expriment toute leur solidarité aux ressortissants d’origine chinoise et soutiennent la manifestation de dimanche 4 septembre de République à Nation.