Pour la Paix et la Fraternité

dimanche 31 juillet 2016

Environ 150 personnes ont répondu à l’appel du collectif Auber-Fraternité en ce dimanche d’été.

Au-delà de l’hommage au père Hamel assassiné dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, les participants étaient réunis pour construire un dialogue de Paix.

C’est Claudine Pejoux qui a présenté la rencontre, suivie par des interventions des paroisses catholiques, du foyer protestant, de l’Association des Musulmans d’Aubervilliers et d’une des synagogues d’Aubervilliers.

Jack Ralite a conclu cette réunion par des paroles d’humanisme et de paix.

Le collectif Auber-Fraternité, à l’issue de cette assemblée, a donné rendez-vous samedi 17 septembre à 15h au foyer protestant pour mettre sur pied d’autres initiatives

Ci-dessous, l’intervention de Claudine Pejoux au nom du collectif Auber-Fraternité.

Longue litanie douloureuse depuis Charlie hebdo : Paris, Nice , ST Etienne du Rouvray mais aussi Bamako, Bagdad, Kaboul, Alep, Munich...
Chaque fois nous ressentons la douleur, la colère, l’incompréhension...

Nous ne pouvons en rester là, attendre,subir, sécuriser...

Dans ce lieu dédié à Missak Manouchian,mort en France pour avoir résisté à la barbarie nazie et qui
affirmait avant d’être fusillé son amour de la vie écrivant qu’il ne ressentait aucune haine pour le peuple allemand.

A Aubervilliers, ville monde, nous nous devions de nous rassembler croyants en Dieu ou croyants en l’homme pour affirmer la force de la fraternité et l’expression de la solidarité.
« Mon âme a besoin d ’un ciel pour que l’absolu la voie » dit le poète palestinien Mamoud Darwich.

Nous voulons travailler à construire la paix en luttant pour bâtir un monde plus juste, pour permettre à tous l’accès à la culture et à l’éducation.
« si tu crois que la paix est possible, alors la paix viendra » affirme Pierre Guilbert

Nous continuerons avec Auberfraternité à favoriser rencontre et dialogue, à agir pour vivre ensemble la fraternité dans notre ville.

Avant de vous inviter à une minute de silence puis à écouter les expressions de la diversité des sensibilités, je termine par les mots d’Andrée Chedid , écrivain et poète égyptienne :

J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie
Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits
Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries
Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir
J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur
J’adopte toute l’espérance
En son esprit frondeur.

Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

8 Messages

  • Pour la Paix et la Fraternité Le 2 août 2016 à 08:37, par le concombre masqué

    Une trtès intéressante contribution de Roland Gori, psychanaliste,dans l’Humanité du 27 juillet 2016 :

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  • Pour la Paix et la Fraternité Le 2 août 2016 à 17:43

    La compréhension, la solidarité, le recueillement n’ont pas toujours été présents durant cette rencontre qui se voulait un moment de fraternité. Dans les débats actuels la clarté fait parfois défaut ce qui occasionne des incompréhensions. Il faudrait affirmer plus clairement que la religion est une affaire privée au sens où elle est un choix personnel de chacun, et qu’elle ne doit pas être l’affaire de la puissance publique. L’État comme les politiques n’ont pas à s’ingérer dans les affaires internes d’une religion. Il faut dire aux citoyens de toutes confessions qu’ils doivent gérer les affaires internes à leur culte de manière autonome, indépendante et sans ingérence de l’État et réciproquement. Séparer le politique du religieux est une nécessité, ainsi chacun pourra mieux agir pour la paix dans un esprit de tolérance et de fraternité.

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    • Pour la Paix et la Fraternité Le 4 août 2016 à 17:15, par Facho tout rouge

      Que de beaux principes !!
      Que la République Française avait mis en application après un peu plus d’un siècle de lutte contre l’église catholique (de 1789 à 1905).
      Quant à faire plier l’Islam, où religion, civilisation, et système législatif s’imbriquent tant, je prédis quelques siècles de confrontation...

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      • Pour la Paix et la Fraternité Le 4 août 2016 à 17:52, par Pas trop rouge et pas du tout facho

        ... "Quelques siècles de confrontation"... Assurément oui, même si nous sommes "condamnés" à aller plus vite, sauf à tout y perdre. Raison supplémentaire pour ne pas perdre de temps à engager la confrontation des points de vue dans la clarté des choix de chacun pour tenter de rechercher un compromis sans jamais céder sur l’essentiel. Encore faudra t-il se mettre d’accord sur l’essentiel...

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      • Pour la Paix et la Fraternité Le 5 août 2016 à 00:32, par laloi

        Ça signifie quoi faire plier "l’Islam" ? C’est une religion et à ma connaissance une religion n’a pas une telle propriété mécanique.

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  • Pour la Paix et la Fraternité Le 3 août 2016 à 10:32, par La voie à suivre

    La laïcité est la non-ingérence de la religion dans la vie publique et politique, mais c’est également le respect des cultes pratiqués chez soi ou dans son lieu de culte. Quand nous sortons de la mosquée, nous sommes des citoyens français, nous ne sommes pas vêtus du costume traditionnel d’autres pays. Nous sommes des musulmans de France. C’est un message qu’il faudrait répéter sans cesse aux fidèles comme au grand public. La laïcité respecte toutes les religions ainsi que l’athéisme, c’est la solution pour vivre ensemble, et non les uns à côté des autres.

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  • Fondation pour l’islam de France Le 3 août 2016 à 16:56, par La voie à ne pas suivre

    Jean-Pierre Chevènement (77 ans, Président du MRC, Sénateur, ancien Ministre, ancien Maire, ancien Député), c’est cet homme politique tout jeune et tout neuf qui serait pressenti par le gouvernement pour relancer la Fondation pour l’islam de France. Du point de vue non-ingérence, ça commence plutôt mal, ça fait un peu recasage politique ! Le mélange du politique et du religieux n’en fini pas. Le choix d’un politique est une mauvaise option. Pourquoi ne pas proposer un islamologue ou un chercheur universitaire qui soit bien au fait de l’islam sous tous ses aspects ?

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  • Pour la Paix et la Fraternité Le 7 août 2016 à 09:23, par Non à la canonisation du prêtre de Saint Etienne du Rouvray !

    Quelle belle mort ! On ne pouvait rêver mieux : pour ce prêtre, pour le catholicisme. A 84 ans, quel avenir pour notre prêtre de Saint-Étienne du Rouvray ? Finir dans sa paroisse avec deux paroissien-n-es, dans une maison de retraite pour ministres du culte, ou encore sénile ou alzheimerisé ?
    Non, Il a été fauché en pleine force de la sagesse offrant par son sacrifice un martyr à l’Eglise carholique et même à l’humanité. Lui qui a été baigné par le culte des martyrs qui a construit l’Eglise catholique, lui qui a sans doute dans ses sermons ensigné le martyr des saints, finit lui-même en vrai martyr. Il redonne à cette Église catholique un sens authentique du martyr, là où l’histoire du martyr des saints laisse place à la légende. On a tous en mémoire les récits qui entourent le sacrifice de ceux qui sont devenus des incontournables de l’Eglise. L’évêque Denis dont personne n’ignore que la force de la foi lui avait permis de parcourir plusieurs kilomètres avec la tête désolidarisée du reste du corps pour s’effondrer sur le site qui allait devenir une célèbre basilique en est l’illustration.
    Rien de cela dans le drame de Saint-Etienne du Rouvray qui reflète parfaitement la violence de notre société post XXeme siècle. Ce est un lien étonnant entre une institution archaïque fondée sur le culte des saints et qui refuse le mariage pour tous, l’avortement... et le présent des attentats.
    Cette authenticité dans le sacrifice prend encore plus de force quand on la replace dans le contexte du XXIeme siècle. Ce sacrifice est d’une rare modernité pour l’Eglise carholique. Mais l’acte qui le fonde s’apparente à un mixte de pratiques barbares, de pratiques sacrificielles de l’antiquité et du rituel de l’égorgement du mouton. Ne nous y trompons pas. Cet amalgame est intolérable et n’est pas fondé tant on sait la dégénérescence de pensée qui a affecté l’auteur de l’acte. Et pourtant c’est cette dégénérescence qui a permis à l’Eglise catholique de se retrouver dans la construction de son histoire avec la modernité précédemment évoquée.
    Alors quelles perspectives ? Canoniser ce prêtre ? Sous les applaudissements des représentants de toutes les obédiences religieuses et civiles ? C’est pourtant ce qui risque de se produire tant l’appareil du Vatican a besoin de héros.
    Ne serait il pas temps pour l’Eglise catholique, à l’instar de ses homologues protestantes et des instances de l’Islam de faire un pas vers l’autre par un dépoussiérage du culte des saints ?
    La véritable reconnaissance pour ce prêtre viendrait alors d’en bas, de ses paroissiens, de tous les anonymes émus par ce geste qui n’est en rien un sacrifice consenti. Ce serait là la véritable modernité, celle qui consiste à croire en l’homme.

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