"Loi Travail" : La motion des lycéens du lycée Le Corbusier

lundi 4 avril 2016

Les lycéens du Lycée Le Corbusier à Aubervilliers continuent son blocus entamé le vendredi 1 avril.
Pour exprimer leur mécontentement face au projet de la « Loi Travail », les élèves du Corbusier poursuivent leur manifestation le lundi 4 avril. Ces derniers dénoncent dans la loi El Khomri plusieurs mesures aberrantes, en voici quelques exemples :

- Par simple accord, on peut passer de 10h à 12h de travail maximum par jour  : Alors que la loi dispose aujourd’hui qu’on ne peut pas dépasser les 10 heures de travail par jour, le projet de loi permet de passer de 10h à 12h par jour grâce à un simple accord d’entreprise. L’accord de branche devient donc inutile.

- Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail : La loi El Khomri prévoit de nouveaux types d’accords permettant aux entreprises, même si elles n’ont pas de difficultés financières, de signer des accords pouvant prévoir des baisses de salaires et / ou une hausse du temps de travail, pour une durée de cinq ans maximum.

- Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques : Aujourd’hui, un licenciement pour motif économique n’est valable que dans des cas extrêmes. Avec la loi El Khomri, une baisse du chiffre d’affaire ou du montant des commandes pendant quelques mois suffira à le justifier. Conséquence : une facilité de licenciement.

- Une mesure peut être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats : Aujourd’hui, un accord d’entreprise n’est valable que s’il est signé par un ou plusieurs syndicats représentant au moins 30 % des votes exprimés aux élections et si les autres organisations pesant au moins 50 % ne s’y opposent pas. Avec la loi El Khomri, un référendum d’entreprise pourra valider un accord même si les syndicats représentant 70% des salarié-e-s s’y opposent.

- Il suffit d’un accord d’entreprise pour que les heures supplémentaires soient 5 fois moins majorées : Aujourd’hui, les heures supplémentaires sont rémunérées 25 % de plus pour les huit premières heures, 50 % au-delà. Désormais, la direction d’une entreprise pourra fixer, par accord, le taux de majoration à 10 %, même si sa branche professionnelle prévoit des majorations plus importantes.

Ces exemples de réformes parmi tant d’autres provoquent chez les lycéens du Corbusier des mouvements de contestation. Cette loi bouscule et inverse totalement la hiérarchie du code du travail pour lequel les travailleurs se sont battus depuis des années. Comprenez que pour les élèves de ce lycée, qui pour la plupart sont issus de milieux populaires, ce projet de loi suscite en eux un profond dégoût et un rejet total envers celui-ci. Nous vivons la discrimination territoriale et les injustices sociales au quotidien (par exemple, l’État investi plus dans un lycée parisien qu’un lycée de banlieue). En plus de devoir étudier dans des conditions précaires, nous refusons d’entrer sur un marché du travail qui nous précarisera encore plus. C’est pourquoi en tant que lycéens conscients de leur avenir, nous revendiquons le retrait de ce projet de loi.

1 Message

  • "Loi Travail" : La motion des lycéens du lycée Le Corbusier Le 4 avril 2016 à 22:23, par le concombre masqué

    Déclaration de Sofienne Karroumi, maire-adjoint chargé de l’enseignement :

    "Bien que je soutienne les manifestations des jeunes lycéens contre le projet de la loi El Khomri, je condamne avec la plus grande fermeté les actes de violence à l’égard du personnel des établissements touchés par les blocus.

    Je me suis entretenu avec les directions des lycées visés par ces agissements violents et je me rendrai demain au sein de ces établissements.

    J’appelle les jeunes à exprimer leur colère dans le calme et le respect."

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