Samedi 7 novembre : deux films à ne pas manquer au cinéma Le Studio

mercredi 4 novembre 2015

Nous attirons votre attention sur la programmation du cinéma Le Studio samedi 7 novembre :

A 16h30 : "Juifs et Musulmans - Si loin, si proches" de Karim Miské
en partenariat avec le festival des Villes des musiques du monde.
La projection sera suivie d’un débat animé par Véronique Rieffel, ex-directrice de l’Institut des cultures d’islam.

Alors que les relations entre les juifs et les musulmans sont fréquemment évoquées sous le seul prisme du conflit israélo-palestinien, le documentariste Karim Miské invite à une prise de hauteur. Il nous raconte une histoire qui débute au VIIe siècle, dès l’apparition de l’islam, et 
comporte de nombreuses périodes fraternelles. Par exemple, qui se souvient encore qu’en 1027, le sultan Habous confie à un juif, Samuel ibn Nagrela, la fonction de vizir, alors que la loi islamique interdit la politique aux juifs ? Nul besoin de délivrer de quelconques prescriptions pour l’analyse, le travail de mise en perspective historique suffit. Aucun conflit n’est passé sous silence, pas plus le massacre des juifs de Grenade, en 1066, que les conversions forcées à l’islam sous les Almohades, au milieu du XIIe siècle. Mais, dans la mesure où elles sont tombées peu ou prou dans un oubli qui arrange les intégrismes de tout bord, les phases de paix et d’échange entre les deux religions ressortent particulièrement. Une série documentaire qui contribue efficacement à désamorcer toutes les formes de repli identitaire.
(d’après Humanité.fr)

A 18h30 : "C’est quoi ce travail ?" documentaire de Luc Joulé, Sébastien Jousse.

Les réalisateurs n’éludent pas la rudesse de l’usine. Immergés dans l’univers mental des salariés, ils saisissent le rapport intime à leur activité. Recueillant leur parole au calme. Superposant leur voix sur les images des corps en action. Les réalisateurs investissent les espaces intérieurs, cocons de tranquillité précaire. Inspirés par Italo Calvino, invitant à «  chercher et savoir reconnaître qui et quoi au milieu de l’enfer n’est pas l’enfer  », Luc Joulé et Sébastien Jousse montrent les étroites marges de manœuvre des ouvriers pour ne pas être engloutis par «  la prod’  ».

En milieu hostile, les stratagèmes de survie sont multiples. Les instants de liberté arrachés sur le temps de travail, une résistance. Comme ce conducteur d’installations qui écoute sa machine tapoter, puis met les voiles vers une terrasse accueillante.

Cultiver le beau pour tenir le choc

L’évasion est aussi possible sans bouger de son poste. Amateur d’art, un autre se dépêche de terminer sa tâche pour retrouver sa bulle, se remémorer une symphonie de Bruckner ou le Vang Gogh de Maurice Pialat. Cultiver le beau pour tenir le choc. Ou, à l’inverse, mettre son grain de sel dans les rouages. Accélérer la cadence pour se sentir vivant. Apposer sa patte dans la fabrication de sa pièce. Une implication essentielle pour ceux qui considèrent «  le travail comme une partie de soi  ».

Tous partagent la terreur du chômage. Les silhouettes des salariés du site PSA Aulnay, fermé en 2013, reclassés pour certains à Saint-Ouen, rappellent trop subrepticement cette crainte viscérale. La nécessité de pouvoir modeler son métier, qu’on soit ouvrier ou artiste, rapproche ces deux galaxies éloignées. La liberté du musicien croise les petits arrangements avec la cadence des employés quand ces derniers, surpris et amusés par le processus, sont invités à poser leur voix sur les mots de Nicolas Frize. Entre les murs de l’usine, le compositeur, les chanteurs amateurs et les salariés se retrouvent finalement pour la représentation d’une œuvre sonore originale et protéiforme. Mais les portes se referment vite. Sans connaître le ressenti du personnel sur cette expérience. Laissant la question disparaître dans le bruit des machines.
(d’après Humanité.fr)