10 ans après la mort de Zyed et Bouna :

Nous exigeons le respect

mercredi 28 octobre 2015

Communiqué de la Municipalité :

"Ville monde, cosmopolite, Aubervilliers s’est fait un devoir de combattre le racisme et toutes les formes de discriminations qui perpétuent des comportements et des exclusions liés à des préjugés.

Territoire pionnier de la prévention et de la lutte contre les discriminations, la Ville s’est dotée en 2006, d’une mission Droit des Femmes et lutte contre les discriminations pour mener des actions ciblées sur la commune en faveur de l’égalité des droits pour toutes et tous.

C’est dans ce cadre qu’elle apporte son soutien au collectif de la Marche des Femmes pour la Dignité qui organise, le 31 octobre prochain à Paris, une grande Marche de la Dignité.

Une marche pour dénoncer le racisme institutionnel dont sont victimes en France les habitants des quartiers populaires, notamment ceux issus de l’immigration.

Une marche pour poursuivre les revendications de celles et ceux qui s’étaient mobilisés en 1983 pour la dignité et contre le racisme.

Une marche pour exiger, comme l’avaient fait entendre les émeutiers de 2005, reconnaissance et respect.

« Comme il y a trente ans, comme il y a dix ans… » l’heure est de nouveau à la mobilisation, à l’action et à la revendication.

Marche de la Dignité et contre le racisme, samedi 31 octobre 2015 à 14h départ devant le métro Barbès-Rochechouart."

L’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité du 27 octobre :

Et puis, la mort de deux adolescents poursuivis par la police a mis le feu aux poudres des discriminations, des humiliations, des pauvretés. La révolte des banlieues en 2005 a renvoyé à la France ce qu’elle est en son cœur, non pas celui des quartiers chics qui regarde les faubourgs comme un péril, mais ce peuple jeune, bigarré, précarisé. La droite y a vu une menace, instaurant un état d’urgence – qui prévoyait le couvre-feu, les assignations à résidence, les perquisitions sans juge, les interdictions de séjour, le contrôle de la presse, la limitation des réunions ou la justice militaire – et redoublant sa campagne de stigmatisation des quartiers populaires. Le Parti socialiste a vu dans cette colère une mine qu’il a exploitée en 2012 pour finalement laisser les populations sur le carreau. Car, dix ans plus tard, tout s’est aggravé. La violence sociale et les injustices se sont accrues ; la précarité s’est étendue ; les chemins des changements se sont perdus. Tous les soirs aux journaux de 20 heures, les caricatures de la banlieue font peur… L’état des lieux est incontestable et insupportable.

Tandis que des dizaines de milliards d’euros ont été déversés vers les actionnaires du CAC 40, les quartiers populaires n’ont connu que l’emplâtre des politiques de rénovation urbaine. Pourtant que de grands mots avaient lancé notre premier ministre ! Et que reste-t-il de sa prétention à combattre ce qu’il avait hasardeusement dénoncé comme un «  apartheid  » ? Une opération de com, une de plus. Ou pire, une diversion. Les sifflets qui ont accueilli François Hollande il y a quelques jours à La Courneuve signalent un hors-jeu. Loin du prêchi-prêcha de l’austérité, ces quartiers exigent ce que réclame la France : des emplois, des formations, des logements, des services publics, une école de l’égalité, plus de liberté et de justice. Ce serait une révolution.