Claudine Mériaux : "Je suis partie...je vous aime"

jeudi 8 octobre 2015

Les obsèques de Claudine Mériaux ont réuni plusieurs centaines de personnes.

Plusieurs hommages ont été lus par la famille, les amis, Jack Ralite, ponctués de chansons de Jean Ferrat ( Tu aurais pu vivre encore un peu, Que serais-je sans toi, C’est beau la vie), Georges Moustaki (Le temps de vivre), "Gentils enfants d’Aubervilliers".

Gérard Del Monte a été le premier a rendre hommage à sa compagne. Il a lu avec un très grand courage le texte émouvant que Claudine a écrit peu de temps avant qu’elle nous quitte :

A chacune et à chacun,

Je suis partie, pourtant il me restait encore beaucoup de choses à voir et à faire avec vous. Tous nos rêves partagés ne sont pas aboutis, si ma route s’arrête, la vôtre va se poursuivre et vous allez pouvoir prolonger nos engagements communs.

Ne vous attachez pas à moi ni dans la tristesse, ni à travers les larmes.

Soyez heureux pour tous les moments que nous avons passés ensemble.

Je vous ai donné mon amour, je vous ai donné mon amitié, vous me les avez bien rendus. J’ai essayé de vous faire partager mes rêves et dans nos échanges vous m’avez apporté énormément de bonheur et de joie.

Le temps pour moi est venu de partir, même pour un court moment, que je vous demande de prolonger, essayez de ne pas avoir de peine.

Je viens de passer de longs mois dans l’obscurité, malgré ma grande envie de vivre, ces derniers jours, je ne prenais plus de plaisir à la vie.

Je suis aujourd’hui, parce que je l’ai voulu, délivrée plus rapidement que je ne l’ai souhaité de la souffrance qui m’accompagnait. Ne pensez pas que je désespère, au contraire je suis remplie d’optimisme et c’est ce qui explique mon choix. Je bascule simplement dans l’éternité pour continuer de mieux vous accompagner.

Durant toute ma maladie vous m’avez aidée à tout supporter, vous m’avez aidée à mener un combat inégal qui n’était pas perdu d’avance. Si j’ai trouvé la force de rester debout, c’est grâce à vous. La seule bataille qu’il ne m’était plus possible de gagner, même avec vous, était celle du temps.

Au moment où l’espoir de vie est devenu pour moi une manière de souffrir plus longtemps, j’ai choisi non pas de renoncer à la vie, mais de partir librement et sereinement vers un autre devenir.

La vie est dure, mais la vie est belle, profitez-en, prenez soin de vous, je vous aime.

Claudine
octobre 2015