Inauguration de la place Robert Taillade dimanche 4 octobre 2015 : Discours de Pascal BEAUDET

jeudi 8 octobre 2015

Mesdames, Messieurs, les membres du Conseil municipal,
Mesdames, Messieurs de la famille de Robert,
Chère Nicole, cher François,
Chers camarades,
Mesdames, Messieurs,

Enfin !!!!! Enfin chère Nicole, cher François, voilà le premier mot que j’avais envie de vous dire. Enfin notre ville rend hommage à l’un de ses plus beaux enfants et je suis fier de tenir cet engagement qui me tenait particulièrement à cœur. La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui, rend hommage à un homme véritable, de ceux qu’Aubervilliers sait produire car elle est une ville résolument du peuple.

Merci donc à vous tous d’être présents : cette inauguration de la Place Robert Taillade que nous faisons aujourd’hui est essentielle pour que puisse perdurer l’action de cet homme remarquable que fut Robert.

C’est avec un grand plaisir et une grande émotion que nous avons voulu organiser cette cérémonie. D’autant plus qu’elle se fait à la demande expresse de ses amis du quartier, je salue Jean-Claude Hurel. Faire connaître le plus largement possible toute la dimension de cet homme est un acte pédagogique, un acte de partage, un acte de transmission mémorielle pour tous les Albertivillariens et quoi de plus symbolique que de se retrouver au cœur de son quartier, sur une place qui lui doit beaucoup, où sur les bancs doivent résonner de ses idées et paroles pour faire bouger le quartier et la ville mais aussi si près du collège symbole de l’avenir de notre ville.

Bref un beau lieu pour une belle personne.

J’aurais pu rappeler le militant, le responsable politique et syndical qu’il était et retracer son parcours avec son père mort en héros dans les Brigades Internationales contre Franco et élevé par sa seule mère avec ses 5 frères et sœurs, vous parler de son engagement syndical, de sa condition d’ouvrier ou de son engagement politique au sein du Parti Communiste et de son engagement en tant qu’élu de notre ville de 1959 à 1995, parler de ces liens si forts avec la Paroisse.

La vie de Robert est riche d’anecdotes, d’actions et d’engagements, je suis sûr que chacun ici présent en a une à raconter et que beaucoup connaissent parfaitement son engagement, mais je préfère vous dire ce qu’il incarne pour notre ville ce pour quoi nous avons tous voulu qu’une Place de notre ville porte son nom.

Aujourd’hui nous inaugurons une Place à son nom car Robert était un homme du peuple au service du peuple. D’autant plus que si cette place existe, c’est grâce à lui.

Car Robert c’était ça : Toujours prêt à servir, chacune de ses idées, chacun de ses actes étaient guidés par les valeurs profondément humaines que sont les valeurs communistes. Cet homme était animé par la volonté de voir se construire une société sur les bases de la paix, de la justice, de la démocratie, de la solidarité entre les hommes et entre les peuples, du respect de l’être humain et de son travail. Avec un rejet farouche de la moindre injustice ou inégalité.

On ne le dira jamais assez fort : lutter en permanence afin de combattre l’arbitraire et l’injustice, entrer en résistance contre les injustices, cela demande à celui, à celle qui y consent un don de soi mais lui apporte en retour une humanité profonde. Il a été de ceux-là ! Il a défendu tous les grands combats émancipateurs de son époque qui demeurent toujours d’une grande actualité aujourd’hui encore. Il s’est dépensé sans compter pour ce beau combat de la libération humaine, pour la justice sociale, la dignité et le bonheur. Depuis son quartier jusqu’à la planète, il aura été de tous les combats. Cet engagement reste pour nous aujourd’hui valeur d’exemple.

Nous ici, fidèles au courage et au parcours de Robert Taillade, contre les attaques et mises en causes de nos acquis, il nous faut lutter sans relâche pour la dignité humaine, pour le respect des droits fondamentaux de l’Homme, de la laïcité, le droit à vivre tout simplement. Ce sera le meilleur hommage à faire à Robert. Notre monde est loin d’avoir gagné les luttes pour un monde plus humain. Robert nous laisse l’exemple de sa vie, de son engagement de son idéal.

Nous tentons de nous en inspirer et d’y rester fidèles pour accorder la priorité à la satisfaction des besoins sociaux et faire prévaloir les droits humains fondamentaux.

C’est bien le sens de notre hommage d’aujourd’hui.

Honorer la mémoire de Robert Taillade, c’est aussi saluer l’engagement quotidien, souvent méconnu, parfois ingrat mais toujours essentiel qu’est l’engagement au service des autres de ceux qu’on appelle les élus locaux. Rarement mis en valeur, leur action pourtant indispensable pour le bien-vivre ensemble de nos concitoyens. Robert Taillade a été un de ceux-là.

Homme fidèle à ses engagements, à sa ville et à son quartier et ses habitant-e-s, c’est une figure emblématique de la ville et aujourd’hui, cette commémoration nous offre l’occasion de renouer avec cet espoir et cette fraternité dont nous avons tous besoin au quotidien et qui nous touchent au plus profond de ce que nous sommes en tant qu’être humain.

J’espère que cette place résonnera donc de mille discussions comme un cœur qui bat au centre de notre ville.

Mesdames, Messieurs,

Après avoir dévoilé cette plaque, nous irons trinquer tous ensemble et parler noblement de politique comme aimait si bien le faire Robert Taillade, le Maire du Montfort.

Enfin, vous dire à vous sa famille, ses amis et voisins, à vous ses camarades de combat combien j’ai apprécié cet homme à qui j’allais demander conseil quand j’étais jeune élu en 1995 à la vie des quartiers, ou plus tard comme maire quand il fallait aller parler à la population du quartier.

Et comme un hommage qui doit nous projeter vers l’avenir, je voudrais citer quelques vers du poème de Victor Hugo « Ceux qui vivent, sont ceux qui luttent ! » :

« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front.
C’est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres je les plains. »

Voilà ce qu’a été Robert, et qui restera dans nos cœurs.
Je vous remercie de votre attention.